Le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a lancé, hier à l’Institut de pédagogie universitaire (IPU), les travaux du Colloque international sur le thème : «Sociétés et cultures africaines à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle (IA)». C’était en présence de plusieurs membres du gouvernement dont le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bouréma Kansaye.
Plus de 80 chercheurs et experts sont venus de 13 pays pour animer cette rencontre organisée par l’IPU et le Programme thématique de recherche langues, sociétés, cultures et civilisations (PTR-LSCC). Ce colloque se tient en marge du deuxième Congrès international du PTR-LSCC. Les travaux qui ont débuté lundi dernier, prendront fin le 25 avril prochain. Ce congrès, initié depuis 2022 par le Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames), constitue une rencontre tournante sur des thématiques jugées prioritaires dans les institutions d’enseignement supérieur de son espace pour le développement du continent africain.
Le présent colloque interroge les transformations profondes que vivent nos sociétés à l’ère du numérique et de l’IA. Pour la coordonnatrice du PTR-LSCC et présidente du comité scientifique de la 2è édition de ces assises, les Programmes thématiques de recherche (PTR) du Cames sont des initiatives structurantes qui ouvrent des cadres scientifiques panafricains visant à favoriser la recherche collaborative entre chercheurs et institutions de l’espace Cames. Pr Lezou Koffi Danielle a poursuivi que les PTR ont pour vocation de fédérer les compétences scientifiques autour de problématiques communes, d’encourager la production de savoirs endogènes et contextualisés.
S’y ajoutent, selon elle, la promotion de la mutualisation des ressources humaines et matérielles, la valorisation des résultats de la recherche à l’échelle continentale et le renforcement de la visibilité et l’impact de la recherche africaine dans le monde. Et la coordonnatrice du PTR-LSCC de préciser que ce colloque contribuera à la réflexion sur l’avenir de nos langues nationales dans les environnements numériques, la manière dont nos cultures dialoguent-elles avec les algorithmes.
Le Chef du gouvernement, le Général de division Abdoulaye Maïga prononçant son allocution d’ouverture
Les conférenciers aborderont également les risques de dépendance ou de reproduction des inégalités avec l’IA et le numérique. «Ensemble, faisons du numérique et de l’IA des leviers d’une renaissance intellectuelle, culturelle et citoyenne», a-t-elle souhaité. L’universitaire ivoirienne a rendu hommage au Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, pour son engagement constant en faveur de la recherche scientifique et de la coopération universitaire en Afrique.
Dans son intervention, le Premier ministre a souligné que ce rendez-vous scientifique est un signe fort de notre engagement collectif à penser l’Afrique dans sa complexité, sa diversité et sa souveraineté intellectuelle, technologique et culturelle. Le Général de division Abdoulaye Maïga rappellera que le Chef de l’État accorde une importance capitale à la souveraineté numérique de notre continent, mais aussi à la valorisation de notre savoir, de nos identités culturelles et à l’édification d’un système éducatif qui prépare les générations futures à penser, créer et innover.
En témoignent la mise en place du comité de pilotage de la digitalisation de l’administration et la création du Centre d’intelligence artificielle et de robotique. «Le Mali, en accueillant cette rencontre, affirme son attachement indéfectible à l’idée d’une Afrique solidaire, créative et débout dans le concert des nations», a insisté le Chef du gouvernement. Et de marteler que dans un monde de plus en plus gouverné par les données, l’algorithme et la vitesse, il est impératif que l’Afrique soit une actrice pleinement investie pour sa propre transformation.
Parlant des défis en Afrique, le Général de division Abdoulaye Maïga a énuméré la fracture numérique cruciale qui touche à des enjeux du développement, d’inclusion, d’éducation et même de souveraineté technologique. Y compris la problématique des coûts de la data et des appareils et l’hébergement des données localement, ainsi que l’intégration des femmes, des personnes âgées et des populations rurales dans le numérique. Le Premier ministre a espéré que les experts aideront à trouver des solutions à ces défis.
Mohamed DIAWARA
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