Musée de la Monnaie de la BCEAO : Une immersion entre mémoire et avenir

Dakar. Il est 14 heures lorsque les portes du Musée de la Monnaie de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) s’ouvrent devant notre groupe de journalistes. Dans le vaste hall d’accueil, le silence des lieux contraste avec l’effervescence de l’avenue Abdoulaye Fadiga, au cœur du quartier du Plateau.

Publié vendredi 24 juillet 2026 à 11:45
Musée de la Monnaie de la BCEAO : Une immersion entre mémoire et avenir

Quelques instants plus tard, un homme au sourire accueillant s’avance vers nous. Il s’agit de Djissah Marius Gérard Semevo Atohounton, conservateur du Musée. Avec une simplicité désarmante et une parfaite maîtrise de son sujet, il nous invite à un voyage à travers le temps. 


Plus qu’une visite guidée, c’est une véritable plongée dans l’histoire économique de l’Union qui commence. Au fil des salles, les vitrines racontent une histoire que beaucoup utilisent chaque jour sans réellement la connaître : celle de la monnaie. Ici, chaque pièce, chaque billet, chaque document témoigne d’une époque, d’un choix économique ou d’un tournant historique.

Inauguré en mai 2002 au siège de la BCEAO à Dakar, le Musée de la Monnaie n’a pas seulement vocation à exposer des objets anciens. Il a été conçu comme un espace de mémoire, de transmission et de pédagogie. Son ambition est claire : préserver l’héritage monétaire de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) tout en permettant aux visiteurs de comprendre les mutations de son système financier.

Très vite, le conservateur captive son auditoire. Avec une pointe d’humour, il déconstruit les idées reçues sur le franc CFA, explique les différentes réformes monétaires et retrace l’évolution des billets et des pièces depuis les premières émissions jusqu’aux coupures actuellement en circulation. Chaque anecdote donne vie à des objets qui, derrière leur apparente banalité, racontent l’histoire des peuples de l’Union. Les regards s’attardent devant les vitrines consacrées aux anciens billets aujourd’hui démonétisés.

Certaines coupures réveillent des souvenirs chez les visiteurs les plus âgés ; d’autres intriguent les plus jeunes qui découvrent des monnaies qu’ils n’ont jamais connues. Les couleurs, les portraits, les symboles et les éléments de sécurité témoignent des évolutions technologiques mais aussi des transformations économiques de la région.

 

RÉCONCILIE ÉCONOMIE, HISTOIRE ET CULTURE- Plus loin, les pièces métalliques sont présentées comme de véritables œuvres d’art. Gravures minutieuses, emblèmes nationaux, références à l’agriculture, à la faune ou encore au patrimoine culturel : chaque détail reflète une partie de l’identité des États membres de l’Union.

Mais le Musée ne se limite pas à contempler le passé. Son parcours invite également le visiteur à réfléchir aux défis de demain : modernisation des moyens de paiement, sécurité fiduciaire, innovations technologiques et place de la monnaie dans une économie de plus en plus numérique. Cette ouverture sur l’avenir donne tout son sens à la mission que résume le conservateur en quelques mots : «restituer le passé, affirmer le présent et se projeter sur l’avenir.» Le bâtiment lui-même participe à cette mise en scène. La salle d’exposition impressionne par son élégance.

Les collections sont présentées dans un décor sobre et raffiné où la lumière met en valeur chaque objet. Par endroits, de grands tapis confectionnés dans des pays membres de l’Union habillent le sol. Un choix esthétique qui rappelle que la Banque centrale entend aussi valoriser le patrimoine culturel commun de l’espace UEMOA.

Au fil de la visite, une évidence s’impose : le Musée de la Monnaie n’est pas réservé aux spécialistes de la finance. Il s’adresse aussi bien aux élèves, aux étudiants, aux chercheurs qu’au grand public. En transformant une matière souvent jugée technique en un récit vivant et accessible, il réconcilie économie, histoire et culture.

Lorsque la visite s’achève, chacun quitte les lieux avec un regard nouveau sur ces pièces et ces billets qui passent chaque jour de main en main. Derrière chaque franc CFA se cache une histoire, celle de millions de citoyens, d’institutions et de décennies de construction économique commune. 

À Dakar, le Musée de la Monnaie apparaît ainsi comme bien plus qu’un espace d’exposition. Il est la mémoire vivante de l’Union, une vitrine de son évolution économique et un lieu où le passé éclaire les défis de demain. Une escale incontournable pour comprendre que la monnaie n’est pas seulement un moyen de paiement, mais aussi un patrimoine, un symbole d’intégration et un témoin privilégié de l’histoire ouest-africaine. 

Mariam A. TRAORÉ

Lire aussi : Approvisionnement en hydrocarbures : La situation maîtrisée à bamako, les efforts se poursuivent pour les régions

La trentième réunion du Cadre de concertation entre le gouvernement et les acteurs du secteur pétrolier s'est tenue hier à la Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM). Cette rencontre a permis d'évaluer la situation de l'approvisionnement en hydrocarbures durant le mois écoulé et .

Lire aussi : Approvisionnement en hydrocarbures : La situation maîtrisée à bamako, les efforts se poursuivent pour les régions

La trentième réunion du Cadre de concertation entre le gouvernement et les acteurs du secteur pétrolier s'est tenue hier à la Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM). Cette rencontre a permis d'évaluer la situation de l'approvisionnement en hydrocarbures durant le mois écoulé et .

Lire aussi : Le maïs et l'arachide frais : Le coût et la saveur de la rareté

À Wolofobougou, le petit tronçon de route surnommé « Bougouni Place » ne dort presque jamais en cette période d'hivernage. Chaque aube y marque le début d'un ballet incessant où se croisent camions, grossistes, détaillants, manutentionnaires et consommateurs. Cette année, l'arachide fraîc.

Lire aussi : Cheptel malien : Une richesse encore sous-exploitée

Avec l'un des plus importants cheptels d'Afrique de l'Ouest, le Mali dispose d'un atout majeur pour son développement économique. Pourtant, malgré ce potentiel, une grande partie de cette richesse est encore exportée à l'état brut, privant le pays d'une importante valeur ajoutée..

Lire aussi : Élevage, pêche et aquaculture : Ces piliers de la souveraineté alimentaire

Plus de 30 millions d'hectares de pâturages, un cheptel parmi les plus importants d'Afrique de l'Ouest, un vaste réseau hydrographique irrigué par les fleuves Niger et Sénégal : le Mali dispose d'atouts naturels considérables pour faire de l'élevage, de la pêche et de l'aquaculture de puissa.

Lire aussi : Kangaba : Sensibilisation sur le code minier et les bonnes pratiques de l’orpaillage

Il s’agissait de partager les informations clés du code minier, de sensibiliser les acteurs sur les enjeux de la gouvernance minière locale et de vulgariser les bonnes pratiques de l’orpaillage et le bien-fondé de la création de Damanko.

Les articles de l'auteur

Le maïs et l'arachide frais : Le coût et la saveur de la rareté

À Wolofobougou, le petit tronçon de route surnommé « Bougouni Place » ne dort presque jamais en cette période d'hivernage. Chaque aube y marque le début d'un ballet incessant où se croisent camions, grossistes, détaillants, manutentionnaires et consommateurs. Cette année, l'arachide fraîche règne sans partage, tandis que le maïs frais, encore peu abondant, entretient une flambée des prix qui fait grincer les dents.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié jeudi 06 août 2026 à 12:07

Cheptel malien : Une richesse encore sous-exploitée

Avec l'un des plus importants cheptels d'Afrique de l'Ouest, le Mali dispose d'un atout majeur pour son développement économique. Pourtant, malgré ce potentiel, une grande partie de cette richesse est encore exportée à l'état brut, privant le pays d'une importante valeur ajoutée..

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié jeudi 06 août 2026 à 09:47

Élevage, pêche et aquaculture : Ces piliers de la souveraineté alimentaire

Plus de 30 millions d'hectares de pâturages, un cheptel parmi les plus importants d'Afrique de l'Ouest, un vaste réseau hydrographique irrigué par les fleuves Niger et Sénégal : le Mali dispose d'atouts naturels considérables pour faire de l'élevage, de la pêche et de l'aquaculture de puissants moteurs de développement. Pourtant, ces sous-secteurs stratégiques peinent encore à révéler tout leur potentiel.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié jeudi 06 août 2026 à 09:45

Les vrais héros de nos vacances

Pendant les vacances, ils ne portent ni uniforme, ni costume, ni médaille. Ils ne font pas la Une des réseaux sociaux. Pourtant, ils accomplissent chaque jour un acte de bravoure silencieux..

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié mercredi 05 août 2026 à 13:21

Petits métiers des vacances : Ces enfants qui refusent l’oisiveté

À Banconi Farada, Harouna, Issa, Oumar et Ali mettent leurs vacances à profit pour exercer de petits métiers. Entre nécessité économique, préparation de la rentrée et volonté d’échapper aux mauvaises fréquentations, ces enfants découvrent très tôt la valeur du travail et de l’argent gagné à la sueur de leur front.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié mercredi 05 août 2026 à 13:18

Mines : 109,142 milliards de fcfa pour bâtir le mali de demain

Les ressources ainsi mobilisées sont exclusivement destinées à la réalisation d'infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport, trois secteurs considérés comme essentiels à la transformation structurelle de l'économie.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié mercredi 05 août 2026 à 13:07

Subvention des intrants agricoles : Les producteurs au cœur du dispositif

En maintenant à 15.000 Fcfa le sac de 50 kg d’engrais subventionné, l’État veut donner aux producteurs les moyens de mieux préparer la campagne agricole 2026..

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié jeudi 30 juillet 2026 à 09:26

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner