MICROFINANCE : Un secteur à consolider

À sa 25e assemblée générale, l’APSFD-Mali a dressé le bilan d’un secteur en progression et appelé à accélérer sa transformation

Publié le 21 septembre 2026 à 08:52

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MICROFINANCE : Un secteur à consolider

Les participants ont posé les bases d’une nouvelle étape pour la microfinance malienne

 

Plus de 1,63 million de clients, 184,4 milliards de Fcfa de dépôts et 209,9 milliards de Fcfa de crédits : la microfinance malienne pèse désormais dans le financement de l’économie. Mais pour consolider cette dynamique, les acteurs du secteur misent sur la réforme du cadre réglementaire, la digitalisation, le renforcement de la gouvernance et la mobilisation de nouvelles ressources.

C’est le principal enseignement de la 25e Assemblée générale ordinaire de l’Association professionnelle des Systèmes financiers décentralisés du Mali (APSFD-Mali), tenue hier à Bamako. La cérémonie d’ouverture a enregistré la présence du président de l’APSFD-Mali, Tidiane Amadou Tall, du représentant du ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Souahibou Diaby, ainsi que des représentants des départements ministériels, de la BCEAO, des banques partenaires, des SFD et de l’ensemble des acteurs de la microfinance.

Au-delà du renouvellement des instances, cette rencontre a permis de faire le bilan des actions conduites au cours de l’exercice 2025, d’examiner les difficultés du secteur et de dégager les perspectives susceptibles de renforcer sa contribution au développement économique et social du Mali.

Dans son intervention, Souahibou Diaby a salué la mobilisation des responsables et membres de l’APSFD-Mali ainsi que les efforts consentis pour consolider et développer le secteur. Pour lui, cette assemblée constitue un moment important dans la vie de l’organisation, mais aussi une occasion de réfléchir à l’avenir d’un secteur dont le poids dans l’économie nationale ne cesse de s’affirmer.

Les chiffres présentés au cours des assises illustrent cette évolution. Au 31 décembre 2025, le Mali comptait 116 SFD agréés pour 1.639.052 membres et clients, soit 42 563 nouveaux adhérents et une progression de 2,7 %. L’encours des dépôts s’est établi à 184,4 milliards de Fcfa, en hausse de 11,7 %, tandis que les crédits ont atteint 209,9 milliards de Fcfa, en progression de 2,4 %. Dans le même temps, les créances en souffrance ont reculé de 13,7 %, pour s’établir à 13,2 milliards de Fcfa.

Pour le représentant du ministre de l’Économie et des Finances, ces données ne sont pas de simples indicateurs comptables. Elles traduisent également la confiance accordée par les Maliens aux institutions de microfinance et leur rôle dans le financement des activités économiques.

« Derrière ces chiffres, il faut surtout voir les millions de décisions économiques prises par nos populations : le financement d’une activité agricole, l’acquisition d’un équipement, le développement d’un petit commerce, la création d’une entreprise, la scolarisation d’un enfant ou encore la réalisation d’un projet familial », a souligné Souahibou Diaby.

Cette réalité explique, selon lui, la place accordée par l’État aux SFD dans les politiques d’inclusion financière et de financement de l’économie. La microfinance intervient en effet auprès de nombreuses populations qui rencontrent encore des difficultés d’accès aux circuits classiques de financement. Elle ne doit donc pas être considérée uniquement comme une activité financière. Elle constitue également, a relevé M. Diaby, un instrument de développement économique, de lutte contre la vulnérabilité et de promotion de l’entrepreneuriat.


L’ambition affichée par les pouvoirs publics est ainsi de faire en sorte que la croissance du secteur s’accompagne d’une amélioration continue de la qualité des services proposés aux populations. Mais cette ambition reste liée à plusieurs défis, notamment la solidité financière et la pérennité des SFD, la mobilisation des ressources, la digitalisation et la gouvernance. Sur la digitalisation, le représentant du ministre a appelé les SFD à accélérer leur transformation numérique, tout en accordant une attention particulière à la cybersécurité, à la protection des données des clients et à la maîtrise des risques opérationnels.


Ces préoccupations rejoignent celles exprimées par le président de l’APSFD-Mali, Tidiane Amadou Tall. Il a notamment plaidé pour l’adoption au Mali de la nouvelle loi portant réglementation de la microfinance, adoptée au niveau communautaire en décembre 2023. Il a également appelé à accélérer la transformation institutionnelle du MEREF-SFD, afin de renforcer sa capacité de refinancement du secteur.

L’APSFD-Mali souhaite par ailleurs voir progresser la domiciliation des salaires, pensions et allocations des fonctionnaires auprès des SFD, ainsi que le développement de partenariats entre institutions de microfinance, banques, compagnies d’assurance et investisseurs.

La connexion des SFD à la Plateforme interopérable du Système de paiement instantané de la BCEAO, lancée en septembre 2025, constitue également un chantier important pour la profession. Dans un contexte où la circulation et la détention de cash comportent des risques accrus, l’accélération de la digitalisation apparaît comme une nécessité.

À l’échelle de l’Uemoa, le secteur a servi plus de 20,4 millions de clients à fin 2025. Au Mali, les acteurs veulent désormais transformer les progrès enregistrés en une dynamique durable, fondée sur des institutions solides, une meilleure gouvernance et des services davantage adaptés aux besoins des populations.

La 25e assemblée générale aura ainsi permis de poser les bases d’une nouvelle étape pour la microfinance malienne. L’enjeu est désormais de faire de cette proximité avec les populations un véritable levier de financement durable de leurs activités et, au-delà, de l’économie nationale.

Mariam A. TRAORÉ
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