La délégation a reçu un accueil chaleureux de la polulation
Après Fana et Koutiala, le Président directeur général (PDG) de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), Dr Kouloumégué Dembélé, a poursuivi, lundi dernier, sa tournée dans la Région de Kita. Cette étape, organisée dans le cadre du lancement de la campagne d’égrenage et de commercialisation du coton-graine 2026-2027, a été consacrée aux échanges avec les principaux partenaires de la filière : producteurs, transporteurs, huiliers, sociétés de gardiennage, tâcherons et fournisseurs.
La délégation comprenait, notamment le président de la Commission du développement rural, de l’environnement, de l’assainissement et de l’eau du Conseil national de Transition (CNT), l’honorable Mohamed Albachar Touré, son rapporteur, Aboubacary Daffé, des directeurs centraux de la CMDT ainsi que des représentants de la Confédération des sociétés coopératives des producteurs de coton (C-SCPC).
Après des visites de courtoisie aux autorités administratives et coutumières, le PDG a rencontré les partenaires de la compagnie dans les locaux de la direction régionale de la CMDT, en présence de son directeur, Ousmane Sanogo. Les échanges ont porté sur les difficultés qui affectent les différents maillons de la filière et les solutions susceptibles d’améliorer leurs conditions de travail.
Pour Dr Kouloumégué Dembélé, cette démarche vise à renforcer la proximité avec les acteurs de terrain, à leur présenter les réalités actuelles de la filière et, surtout, à recueillir leurs préoccupations. Si la situation des différentes régions fait l’objet d’un suivi régulier depuis Bamako, les rencontres directes permettent, selon lui, de mieux cerner les difficultés et d’apprécier les propositions formulées par les partenaires.
Le patron de la CMDT a, notamment, évoqué les tensions financières auxquelles sont confrontées les sociétés cotonnières, dans un contexte marqué par les effets néfastes du changement climatique et les fluctuations des cours du coton sur le marché international. À ces contraintes, s’ajoutent les difficultés de paiement des producteurs et de certaines sociétés partenaires, les problèmes d’approvisionnement en intrants agricoles, les attaques des ravageurs du cotonnier ainsi que les difficultés liées au transport.
Face à cette situation, le PDG a insisté sur la nécessité d’une concertation permanente. «Nous avons pris bonne note des préoccupations exprimées. Nous allons les analyser. Il y a effectivement eu des pistes de solutions proposées par certains acteurs. Nous allons également les analyser, afin de retenir les solutions les plus appropriées pour l’ensemble des acteurs de la filière», a-t-il assuré.
Il a également rappelé le rôle stratégique de la Région de Kita dans la production cotonnière et la nécessité de soutenir davantage ses producteurs. Prenant la parole, le président de la Fédération régionale des sociétés coopératives des producteurs de coton de Kita, Modibo Camara, a souligné l’importance du coton dans les revenus des exploitants.
Il a toutefois déploré l’insuffisance des intrants agricoles et les pertes de production occasionnées par les attaques des ravageurs. Pour améliorer la situation, il a préconisé la mise à disposition des intrants dès l’achat du coton-graine, ainsi qu’un renforcement de l’accompagnement technique et financier des producteurs.
Les autres partenaires ont également exposé leurs difficultés. Les transporteurs ont notamment dénoncé les retards de paiement qui compromettent l’entretien et la réparation de leurs véhicules, avec des conséquences sur la collecte et l’acheminement du coton-graine vers les usines d’égrenage. Les huiliers ont, quant à eux, alerté sur l’insuffisance des graines de coton, une matière première essentielle au fonctionnement de leurs unités de transformation. Ils ont plaidé pour un meilleur accès à cette ressource, dont la valorisation permet aussi de produire des tourteaux destinés à l’alimentation animale.
Au-delà de l’écoute, cette rencontre aura permis de mettre sur la table les difficultés qui fragilisent les différents maillons de la chaîne cotonnière à Kita. Reste désormais à traduire les préoccupations et les propositions recueillies en mesures concrètes. Car, la performance de la filière ne dépend pas uniquement des rendements dans les champs, mais aussi de la capacité de tous ses acteurs à travailler dans des conditions favorables, de la production à la transformation, en passant par le transport et la commercialisation.
Moustapha Toure
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