Les discussions ont porté sur le rôle des médias dans la correction des stéréotypes, la promotion d’une compréhension objective de la civilisation islamique, ainsi que sur la lutte contre les discours de haine et les idées reçues sur l’islam. Ce travail peut se faire à travers, le service public de l’information, la "voix officielle" et crédible du pays a missions de collecter l’information sur tout le territoire, la traiter avec rigueur en tenant compte du contexte national et de la diffuser au plan national et à l’international.
Conçus comme tels, sous l’angle du concept de "récit national", les médias deviennent un élément clé du Soft Power par l’information. Parce qu’un pays, c’est plus qu’une carte. C’est une histoire, des valeurs, une culture. Et le Soft Power est destiné à influencer le monde sans la force. Par la culture, l’économie, l’image. Les médias deviennent dès lors les « scénaristes » du récit national et de l’image du pays.
Parlant de ce travail de promotion de la culture islamique et de son image, Claus Strunz, journaliste allemand, Directeur général et Directeur de l’information d’Euronews depuis octobre 2024, estime que « des initiatives ont été lancées à de nombreux niveaux. » « Nous suivrons ces évolutions de près - et avec esprit critique- pour nous assurer qu’elles sont prises au sérieux et dans la durée. Et cela nous amène au rôle des médias.
Dans ce « projet phare », comme dans toute grande transformation, les médias ont un rôle essentiel à jouer. « Nous devons : raconter et montrer ce qui se passe réellement, lutter contre la désinformation et bâtir la confiance, créer des plateformes d’échange d’opinions et d’idées, transmettre la culture et l’histoire, pour comprendre le présent et façonner l’avenir, rapprocher les peuples, stimuler l’innovation. » énumère-t-il. « C’est ce que nous essayons de faire chaque jour chez Euronews », indique-t-il.
Pour magnifier ce travail de promotion de la civilisation islamique en cours, il a poursuivi que le pays est « devenu un phare qui montre la voie vers un avenir réussi, non seulement pour l’Ouzbékistan, mais pour toute la région et ses partenaires internationaux », « Alors que d’autres régions du monde luttent contre l’obscurité - même dans mon pays, l’Allemagne, la lumière commence à pâlir - l’Ouzbékistan brille plus intensément qu’il ne l’a fait depuis des siècles.
Pour lui, « c’est la récompense d’un travail acharné et d’un engagement sans faille, portés par la fierté et la passion. C’est une réussite d’importance historique. Et on la ressent non seulement ici, à l’intérieur du Centre des civilisations islamiques, mais aussi dehors, dans les rues de Tachkent. » On pourrait dire que la formule du succès est la même à l’intérieur comme à l’extérieur :« Façonner l’avenir en gardant le passé dans son cœur. » C’est une grande opportunité et aussi une grande responsabilité.
On peut mesurer le chemin parcouru, en se rappelant que, dans les années 1980, au siècle dernier, l’Asie centrale n’existait pas vraiment pour les médias. « Bien sûr, elle figurait probablement sur toutes les cartes. Mais entre la Russie et la Chine, il semblait y avoir des milliers de kilomètres d’espace indéfini. Aucun enseignant, aucun professeur d’université, aucun présentateur du journal télévisé, aucun journal n’y prêtait vraiment attention - sauf en cas de catastrophe naturelle ou d’accident d’avion- Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan - ils ne jouaient aucun rôle dans le débat public. »
« Les bons journalistes ne mentent jamais ! De temps en temps, la télévision diffusait un reportage sur la Route de la Soie. Mais ces reportages s’intéressaient bien plus au passé qu’au présent - et encore moins à l’avenir. Ils ressemblaient à ceci : « Vivez la Route de la Soie, - hier et aujourd’hui - dans les bazars : le bruissement de la soie, le parfum des épices, l’intensité des couleurs, le scintillement de l’or, de l’argent et des pierres précieuses, le son de langues inconnues et le goût d’une fascinante variété de mets exotiques. »
Dans nos esprits et dans nos cœurs, Tachkent, Samarcande et Boukhara peuvent devenir des centres du monde numérique. « Et elles sont déjà en chemin. » « Les partenariats peuvent remplacer les dépendances. Et l’Ouzbékistan, de par sa taille, sa population jeune, sa position géographique et ses relations avec tous ses voisins, a un rôle clé à jouer », pense M. Strunz.
Moussa DIARRA
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