Photo de famille des participants à la rencontre
Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bouréma Kansaye, a lancé, samedi dernier à la Facultés des sciences administratives et politiques (Fsap), les travaux du Forum universitaire sur le thème intitulé : «Le phénomène terroriste au Sahel : regards croisés des sciences sociales». On notait la présence de plusieurs invités dont son collègue chargé de la Justice, Mamoudou Kassogué.
Ce forum est une initiative de l’Université Kurukanfuga de Bamako (UKB), en partenariat avec l’Association malienne de droit pénal (AMADP). Plusieurs panels étaient au menu. Les thématiques portaient notamment sur «Le terrorisme et la désinformation numérique», «Les mécanismes traditionnels de résolution des conflits», «le terrorisme et l'Intelligence artificielle (IA)» et «L'économie de l'insécurité au Sahel».
Le thème retenu est d’une importance capitale en cette période où notre pays mène une lutte sans merci contre le terrorisme. Selon le ministre chargé de l’Enseignement supérieur, cette journée scientifique analyse le terrorisme dans une approche transdisciplinaire. Bouréma Kansaye a fait savoir que ce phénomène est une question grave et complexe à laquelle font face les pays de la Confédération du Sahel (AES) de manière spécifique et le Sahel et l ‘Afrique de manière générale. Il dira que le terrorisme est un problème global, mais en lien avec la criminalité transnationale. Et de poursuivre que beaucoup de terroristes portent les oripeaux de l’impérialisme, du colonialisme et du néocolonialisme.
«C’est pour cela, il faut avoir une analyse profonde qui est politique qui permettra véritablement d’orienter notamment les politiques à caractère pénal de lutte, mais aussi les politiques de prévention», a-t-il souligné. Le chef du département en charge de l’Enseignement supérieur a insisté que le développement de l’Afrique n’est pas à l’agenda de ces puissances qui veulent «nous maintenir dans la dépendance, la soumission et la pauvreté». Bouréma Kansaye a aussi prévenu que c’est une lutte qui finira par avoir sa solution qui ne peut venir que de l’intérieur.
Pour sa part, le ministre chargé de la Justice a indiqué que c’est un thème d’actualité. Mamoudou Kassogué a regretté que le terrorisme met en mal le tissu social, la cohésion, la paix et l’unité dans notre pays et dans la sous-région. En outre, il a affirmé que le terrorisme s’appuie sur une idéologie financée par des bailleurs. Il a défini le terrorisme comme étant très complexe et visant à nous empêcher de nous développer.
Le ministre Kassogué a également assuré que notre pays continuera à se battre avec force contre ce phénomène. Il a souligné le rôle fondamental de la justice dans ce combat, notamment l’incarcération des personnes reconnues coupables, leur insertion sociale, leur détention dans les lieux sécurisés.
Pour sa part, Mme Coulibaly Mariam Maïga, membre de l’AMADP, a expliqué que la discussion autour de ces thèmes doit nous permettre de penser sécurité. L’ancienne ministre chargée de la Promotion de la Femme a précisé que cette journée marque le lancement des activités de l’AMADP créée en 2023. Elle a pour objectif de chercher à comprendre et d’analyser les dynamiques contemporaines de l’insécurité et du terrorisme au Sahel. La juriste a expliqué que le terrorisme prend sa source dans l’insécurité. Elle fera aussi savoir que la discussion sur ce sujet de brûlante actualité est remarquable et doit permettre des échanges fructueux pouvant aboutir à des solutions pérennes à la crise et des recommandations.
Parlant du thème, l’ancienne ministre a souligné qu’une réflexion transversale et approfondie doit être menée à travers des disciplines différentes et avec des expertises avérées. «Aux côtés de l’État, il doit avoir d’autres acteurs sociaux, y compris l’université. Nous devons tous nous mobiliser pour trouver des solutions pérennes à cette crise», a lancé Mme Coulibaly Mariam Maïga.
Aïssata El Moctar TRAORÉ
Rédaction Lessor
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