Le siège de la direction générale de Mali-Météo
Pour nous édifier
davantage, nous avons approché Bakari Mangané, chef du bureau prévisions et
alertes météorologiques de l’Agence nationale de la météorologie (Mali-Météo).
Le scientifique nous explique que ces vents qui soufflent à l’horizontal,
traversent les côtes libyennes (anticyclone de Libye) et parcourent le grand
Sahara, en soulevant du sable de toutes dimensions (gros et fins), qui restent
suspendus dans l’atmosphère pendant de longs moments. D’autres particules fines
qui s’ajoutent aux grains de sable sont transportées par ces vents (harmattan)
jusqu’au sud du continent en passant par notre pays. Auparavant, on observait
cette situation en saison froide, entre décembre et février.
Mais aujourd’hui, c’est de
plus en plus fréquent pendant cette période pré-hivernale, constate le
spécialiste. Ceci aggrave le phénomène avec des cellules orageuses qui drainent
beaucoup de poussières en suspension dans l’air, du «tout venant», c’est-à-dire
des particules végétales et organiques qui s’étendent sur beaucoup de localités
de notre pays. La particularité de Bamako réside dans le fait que la ville est
entourée de collines et se trouve dans une sorte de cuvette qui favorise la
suspension pendant longtemps de la brume de poussière, car elle n’est pas
dégagée par le vent, explique le scientifique de Mali-Météo.
Au Mali, il y a 4 grandes zones de poussière que sont les régions de Gao, Ménaka, Taoudéni et Tombouctou. Mais aujourd’hui, les régions du Sud comme Sikasso et celle du Nord-ouest comme Kayes sont de plus en concernées, à cause d’autres pratiques endogènes (relevant des activités humaines) comme le brûlis anarchique des déchets, les fumées dégagées par les unités industrielles et les engins roulants (véhicules, engins à deux roues motorisés et assimilées, etc.) Dans les zones où opère la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), l’égrainage du coton est aussi une activité qui dégage beaucoup de poussière. À cela s’ajoute l’orpaillage bien qu’il se pratique dans des zones boisées, il produit de la boue ou du banco qui est source de poussière sous l’action du vent.
SOUVENT PARALYSÉ- Ceci
impacte très négativement le secteur économique dont le transport aérien qui se
trouve très souvent paralysé à cause du phénomène. Il réduit la visibilité et
empêche le décollage et l’atterrissage des aéronefs. Pour le transport
terrestre, il gène beaucoup la mobilité des usagers dans les villes. Au plan
sanitaire, Bakari Mangané met l’accent sur la présence des maladies climato
sensibles comme les maladies respiratoires. Aucune tranche d’âge parmi la
population n’est épargnée, dit-il. La période est aussi très propice à la
prolifération de virus et bactéries comme le méningocoque (vecteur de la
méningite). C’est pourquoi, Mali-Météo dans ses activités, est très regardante
sur le phénomène et le surveille de très près, rassure notre interlocuteur.
À cet effet, l’Agence a mis à disposition une carte de vigilance météorologique de poussière en suspension. Elle montre le degré de concentration et de dangerosité de la poussière, en fonction des zones. La couleur rouge indique le premier niveau (500 mètres à 2 km de visibilité réduite). Le violet correspond au deuxième niveau (visibilité réduite entre 2 km et 4 km). Lorsqu’on atteint 5 à 6 km de visibilité, la couleur jaune apparaît. On parle alors de visibilité moyenne ou assez bonne. Au-delà de 10 km, où elle est estimée bonne, la couleur est verte.
Pour prévenir les risques sanitaires, il est conseillé aux usagers, surtout des engins à deux roues, de porter le masque. En cas de symptômes de maladies respiratoires ou climato sensible, il faut se référer à un médecin.
Cheick Amadou DIA
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