Entretien avec le Directeur de la Maison du Hadj, Dr Abdoul Fatah Cissé : «On ne parle plus d’arriérés ou d’impayés des Agences de voyage»

Ce mois de février est une phase essentielle pour les organisateurs du Hadj. Le directeur général de la Maison du Hadj, Dr Abdoul Fatah Cissé, aborde, dans les lignes qui suivent, les enjeux de la période, les efforts consentis par les autorités pour l’amélioration de l’organisation du pèlerinage

Publié mardi 04 février 2025 à 07:27
Entretien avec le Directeur de la Maison du Hadj, Dr Abdoul Fatah Cissé : «On ne parle plus d’arriérés ou d’impayés des Agences de voyage»

L’Essor : Le 14 février prochain est la date butoir de la signature des contrats entre les agences de voyage et le ministère saoudien en charge du Hadj. Quel est l’état des lieux du déroulement des activités ?

Abdoul Fatah Cissé : On est bousculé par le temps. Le Hadj est en train d’être anticipé en termes d’organisation. Mais, il reste beaucoup de choses à faire; surtout au niveau du secteur privé. Nous sensibilisons les pèlerins à s’inscrire vite pour donner aux agences les ressources nécessaires en vue de faire le contrat avec le ministère saoudien du Hadj au plus tard le 14 février. Aujourd’hui, rien n’est fait au niveau de ces agences, ce n’est pas parce qu’il y a un déficit d’informations.

C’est le problème majeur que nous rencontrons avec les agences de voyage. Celles-ci n’arrivent pas à finaliser les contrats afin d’inscrire leurs pèlerins sur la plateforme saoudienne «Nusuk». Toute agence qui n’a pu faire le contrat avant ce délai ne peut pas participer au Hadj. Cette situation peut pénaliser le Mali, parce que la majorité des pèlerins ont recours aux agences de voyage. Nous insistons auprès des organisateurs du Hadj de travailler avec le chronogramme et fait comprendre aux pèlerins que le Hadj se prépare avant le mois de Ramadan.

Depuis 8 mois, il a été annoncé que les agences de voyage devraient faire le contrat de leurs pèlerins pour pouvoir les amener en Arabie saoudite. Les autorités de ce pays ont annoncé la date butoir du 14 février 2025 depuis le mois de juin dernier.

 Nos autorités ont été informées en septembre dernier, à travers le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale par une lettre officielle. La campagne officielle a été lancée le 17 septembre 2024 par le ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, Mahamadou Koné, en présence de tous les acteurs. Elle prend fin le 10 avril 2025.

 

L’Essor : Quels sont les efforts consentis par notre pays dans le cadre de l’amélioration de l’organisation du pèlerinage ?

Abdoul Fatah Cissé : Grâce aux autorités de la Transition, la Maison du Hadj est réglementée à 100%, il y a 3 ans à travers l’adoption de la loi portant sur sa création, les décrets relatifs aux modalités de son fonctionnement et à la réglementation de l’organisation du Hadj ainsi que le cahier des charges pour les agences de voyage privées. Y compris les arrêtés de création des commissions de suivi-évaluation de ces agences.

À ce titre, on a organisé le Hadj, ces trois dernières années, sans problème majeur. Aucun organisateur du Hadj au Mali n’a été sanctionné par les autorités saoudiennes. Avec l’appui du gouvernement de Transition, on a pu pallier les difficultés liées à l’organisation du Hadj en Arabie saoudite.

Dans le cadre du Hadj, on ne parle plus d’arriérés ou d’impayés au Mali et en Arabie saoudite et les pèlerins sont bien formés. Ces arriérés étaient enregistrés par des agences de voyage à cause d’un système dans lequel, elles amenaient les pèlerins en Arabie saoudite avant de pouvoir payer les frais de sservices des prestataires saoudiens.

On a adopté un système de prépaiement qui ne permet pas d’avoir des arriérés. Tout ce qu’on devrait payer dans le cadre du Hadj, a été réglé à l’avance (prépayé). Ce qui a valu ces dernières années beaucoup de respect et de considération à notre pays dans l’organisation du Hadj.

Cette confiance s’est traduite par une audience que le serviteur des deux Mosquées saintes, le Roi Salman Ben Abdelaziz Al Saoud et le Prince héritier et Premier ministre, Mohammed Ben Salman ont bien voulu nous accorder. Nous avons reçu des prix et des médailles récompensant la bonne organisation du Hadj au Mali. C’était la première fois dans l’histoire de la Maison du Hadj.

Cet exploit est le résultat des efforts des autorités de la Transition. Comme le Hadj se modernise, pour la campagne de 2025, on a commencé à former nos pèlerins par petits groupes depuis le mois de septembre dernier, pour qu’ils puissent connaître le Hadj, avant d’aller en Arabie saoudite. On leur apprend les conduites à tenir, la signification du Hadj, les devoirs du pèlerin.

À la Maison du Hadj, il y a, entre autres, des formalités administratives et des visites médicales, la programmation des vols. Toutes ces étapes sont des efforts visant à améliorer le cadre de l’organisation du Hadj. On va toujours les évaluer afin de les améliorer davantage. Après une évaluation, on a constaté que depuis 2022, nous gardons une bonne longueur d’avance sur plusieurs pays voisins de la sous-région, en termes de logement, de restauration et d’organisation du voyage aller et retour.

La Maison du Hadj a généré des ressources pour l’État, grâce à la réglementation de toutes les agences de voyage qui organisent le Hadj. Elles étaient au nombre de 500 l’année dernière. Chacune de ces agences paie des impôts estimés à environ 2 millions de Fcfa.

Le nombre d’agences était très élevé, c’est la raison pour laquelle nous avons décidé de mettre fin au désordre. On a mis en place une plateforme numérique d’enregistrement des pèlerins dans lesquels les agences de voyage inscrivent directement les candidats au pèlerinage. 

 

L’Essor : Quel est le quota attribué à notre pays cette année et sur quelle base ce quota a été fixé ?

Abdoul Fatah Cissé : Le quota s’élève à 13.323 pèlerins sur lequel seulement 2.000 sont à la charge de la Maison du Hadj et 11.323 autres pèlerins relèvent de la filière privée. Le coût de la filière gouvernementale s’élève à 4.166.425 Fcfa contre 4.675.000 pour la filière privée tous frais compris.

C’est comme ça que le quota est traditionnellement réparti afin de donner la possibilité au secteur privé d’évoluer dans le système d’organisation du Hadj et de créer des emplois. Le quota est attribué au pays en fonction du nombre d’habitants. Sur chaque million, on donne 1.000 candidatures. À ce jour, 30% des pèlerins de la filière privée se sont inscrits sur notre plateforme d’enregistrement contre plus de 50% pour la filière gouvernementale.

Le quota attribué au Mali suffit largement par rapport au nombre de candidats pour le pèlerinage. Dans cette plateforme, les agences de voyage inscrivent directement les candidats au pèlerinage. Elle a permis de mettre fin aux nombreux dysfonctionnements liés notamment à la participation de certaines agences au Hadj juste pour bénéficier du quota et le vendre à d’autres agences.

 

L’Essor : Quel est le processus avec l’Arabie saoudite par rapport à la fixation du coût du Hadj ?

Abdoul Fatah Cissé : Après une mission en Arabie saoudite, les autorités saoudiennes nous annoncent les charges liées au transport des bus, au visa et à l’assurance. L’année passée, un pèlerin a subi une intervention chirurgicale à la suite d’un problème cardiaque. Les frais, estimés à 10 millions de Fcfa, ont été pris en charge par les autorités saoudiennes. Il y a aussi les manutentions dans les aéroports, la restauration et l’hébergement. Après avoir eu les coûts de ces charges, on ajoute celles du Mali portant sur les formations, les formalités administratives et les pagnes que portent les pèlerins, ainsi que le transport aérien.

Réalisé par

Mohamed DIAWARA

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