À l’artisanat de Bamako, Adama Koné officie comme fabricant de bogolan et guide touristique. Son aventure commence entre 1995 et 1996 à Mopti. «C'est l'entourage de mes amis qui m'a poussé. Ils collaboraient avec les touristes et j'ai appris le métier sur le tas», confie-t-il. Pour lui, l’art n'a pas de prix, mais un coût que seul l'acheteur peut confirmer.
Grâce au bogolan, Adama a construit sa vie: une maison, un foyer avec une femme et des enfants. Pourtant, il constate un changement. Si avant, la collaboration entre guides et artisans était fluide, le secteur souffre aujourd'hui d'une forme d'opportunisme. «Il y a plus de mille personnes dans cette cour, mais ceux qui fabriquent réellement se comptent sur les doigts de la main», déplore-t-il. Son espoir ? Que les Maliens s'approprient davantage leur culture, à l'image des journées culturelles désormais encouragées par le ministère de l'Éducation nationale.
Au Laboratoire des arts et collaboratif (LAC) de Lassa, Solo N’Diaye perpétue la technique traditionnelle. Il rappelle avec passion l’origine légendaire de ce tissu: «Un chasseur avait trempé son tissu dans une décoction d'arbre «Galama», ce qui donna une couleur jaune. Plus tard, un autre chasseur, transportant un animal taché de boue de rivière, découvrit que cette boue, une fois lavée, laissait une trace noire indélébile.» Le noir et le jaune sont ainsi devenus les couleurs fondamentales du bogolan.
Solo N’Diaye explique le processus complexe: le support (un tissu 100 % coton, le galon), la teinture (bouillir les feuilles de Galama et y tremper le tissu), le séchage (une exposition prolongée au soleil pour fixer la base), le dessin (l'application de la boue fermentée pour créer les motifs). Chaque signe a une signification précise: le ciel, l'amour, l'âme. Des villes comme Kolokani ou Ségou possèdent leurs propres motifs codifiés dans des recueils. Si Solo N’Diaye a connu des sommets de vente (jusqu'à un million de Fcfa par jour à l'époque du "bogolan basin"), il dénonce aujourd'hui la contrefaçon industrielle, notamment le pagne «Java» qui copie les motifs artisanaux à bas prix.
La survie du bogolan dépend aussi de ceux qui le façonnent et le vendent. Soumaïla Samaké, tailleur depuis plus de 10 ans, a hérité ce métier de son grand-père. Malgré la difficulté de coudre ce tissu épais à la machine, il y trouve son indépendance. «Ce métier permet de ne pas être dépendant et d'éviter bien des problèmes sociaux», conseille-t-il aux jeunes qu'il forme dans son atelier. Au bout de la chaîne, Amadou Guindo, grossiste depuis 3 ans, fait face aux réalités du marché.
Depuis l'incendie du marché de Médine, trouver des clients est devenu un défi. Les prix pour les grossistes varient entre 7.500 et 10.000 Fcfa le boubou, qu'il revend ensuite autour de 12.500 Fcfa. Il note également une saisonnalité marquée. En effet, le « bogolan ne s'achète pas à tout moment. Après le Ramadan, les ventes ralentissent».
Le cri du cœur de ces artisans est unanime: pour que le bogolan survive, il doit être aimé par les Maliens eux-mêmes. Solo N’Diaye et ses confrères appellent les autorités à intégrer l'apprentissage du bogolan dans les programmes scolaires, afin que la jeunesse malienne porte avec fierté ce qui lui appartient.
Aminata Chérif
HAÏDARA
La mort viient d'arracher à notre affection le réalisateur "Da Monzon la conquête de Samagnana", Sidy Fassara Diabaté. La nouvelle de son décès est tombée comme un couperet dans la nuit de lundi à mardi. Il avait fait valoir ses droits à la retraire en 2012 après de bons loyaux services re.
En prélude à la cérémonie de lancement officiel de la Biennale africaine de la photographie prévue ce jeudi 14 mai à la Maison africaine de la photographie à Bamako, la Commissaire Générale de la 15e édition des Rencontres de Bamako Biennale africaine de la photographie, Mme Armelle Dakouo.
L’orchestre régional Sidi Yassa de Kayes a connu des gloires au Mali et à l’extérieur dans les années 60 et 70 avant de tomber dans la léthargie. Compte tenu de son rôle capital dans la valorisation de la musique du terroir, ce groupe a besoin d’un nouveau souffle.
Après l’annulation de l’édition de 2025, le quartier de Koulouninko et ses voisins se sont retrouvés, samedi dernier sur la place publique, pour célébrer la 17è édition de la fête traditionnelle des masques et marionnettes de Koulouninko. L’événement a enregistré la présence des .
Suite aux événements du 25 avril dernier, considérés comme l’une des pages les plus sombres de l’histoire récente de notre pays, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a rencontré, hier au Centre international de conférences.
Après une période de convalescence dans un pays étranger, la star de la musique malienne et africaine, Salif Keïta, est de retour sur scène depuis le 10 avril..