À l’heure du Mali : « qui parle de l’Afrique ? »

Les terroristes, en attaquant constamment le Mali et la Confédération AES, veulent faire croire que Bamako ou toute autre ville de l’espace n’est pas fréquentable. Les quatre jours de la première édition du Forum panafricain des médias (FOPAME), tenus dans notre capitale, ont déconstruit cette image et montré aux participants étrangers, et à travers eux à leurs pays d’origine, que les Maliens sont debout, vivent et regardent l’avenir avec espoir.

Publié lundi 08 juin 2026 à 09:39
À l’heure du Mali : « qui parle de l’Afrique ? »

À Bamako, le FOPAME a vite convaincu de sa raison d’être et de son importance capitale dans un espace sahélien en bouillonnement géopolitique, dans un contexte africain et mondial. Sous le thème évocateur « Unir les voix, renforcer les liens entre les médias d’Afrique », organisateurs, journalistes, chercheurs et décideurs ont réfléchi aux moyens de bâtir un narratif propre au continent, pensé par l’Afrique et destiné d’abord à elle.



Les vieux paradigmes ont longtemps façonné les consciences africaines, relayés par les instruments des « anciens maîtres » : radio, agences de presse, puis télévision et réseaux sociaux. « L’Afrique bouillonne d’idées, de talents et d’initiatives qui changent le quotidien de millions de personnes. Pourtant, ces histoires restent souvent invisibles, éclipsées par des récits négatifs et réducteurs », relevait récemment un centre africain d’analyse financé par des organismes politico-médiatiques occidentaux.



Aujourd’hui, les hommes et femmes de presse — Dr Sidiki Nia Konaté, Bandiougou Dante, Salif Sanogo, Chahana Takiou, Sadou Yattara, Dado Camara, Kader Maïga, Cheick Moctar Traoré, Mariam Traoré, Mahamadou Talata Maïga, Nianian Alou Traoré, Moustaph Diawara — aux côtés des chercheurs et universitaires comme Dr Aboubacar Abdoulwahid Maiga et Dr Fatoumata Fofana, des médias publics et indépendants, des maisons africaines de presse, des organisations professionnelles et des créateurs de contenus, se donnent la main pour déconstruire les narratifs venus d’ailleurs et poser les jalons d’un récit endogène.



L’Afrique subit, l’Afrique se regarde et s’écoute trop souvent par la loupe et l’oreille d’autrui. En ce temps d’agressions terroristes permanentes, dit d’une guerre d’information féroce, le FOPAME a voulu sonner la fin de la récréation. Du haut de la tribune d’ouverture, le Premier ministre Abdoulaye Maïga, au nom du Président de la Transition, a posé une question qui résonne comme un gong : « Qui parle de l’Afrique ? »


Cette interrogation vaut sujet de dissertation philosophique, mais dans le contexte, elle signifie : qui parle de l’Afrique à l’Afrique et au reste du monde ? Le FOPAME s’est donné pour mission d’y répondre par ses leçons inaugurales, panels et keynotes, mais aussi en permettant aux participants étrangers de voir par eux-mêmes, plutôt que par le prisme des autres.



Le ministre de la Communication, Alhamdou Ag Lyene, l’a rappelé dans une interview accordée à un confrère sénégalais : ailleurs, le Mali est trop souvent perçu comme un mouroir ou un enfer façonné par les terroristes. Or le Mali, panafricaniste avant-gardiste, pays de la diatiguiya, est attaqué, certes, mais son charisme dans le concert des nations n’a pas une éraflure, encore moins une cicatrice. La présence du Chef du gouvernement au FOPAME a démontré que le combat de la souveraineté passe désormais par la maîtrise du récit africain, pour l’Afrique et par les Africains d’abord.

C’est le sens de l’Appel de Bamako, qui a sanctionné les travaux et pris en compte les recommandations des participants. Le doyen Hammadoun Touré, journaliste et ancien ministre de la Communication, qui aurait préféré une charte de Bamako à la place d’un appel, a rappelé que l’Agence panafricaine de presse (PANA), créée dans le contexte de la guerre froide, devait porter la voix des Africains, mais que les dirigeants n’avaient pas été au rendez-vous du défi.

Aujourd’hui, dans un multilatéralisme nouveau et face aux mutations tectoniques du continent, notamment dans son cœur sahélien avec la Confédération AES, les États doivent s’impliquer pleinement. Le soutien des plus hautes autorités du Mali à la tenue du FOPAME en est la preuve.

Pour une souveraineté informationnelle et numérique, les États doivent financer souverainement leurs médias et outils numériques, investir dans les ressources humaines et techniques. Journalistes, organes de presse, médias sociaux, créateurs de contenus, maisons de la presse : tous sont mus par la volonté d’informer sainement et durablement.

Une formation soutenue doit rapidement renforcer les capacités de storytelling africain. C’est la voie royale vers une souveraineté narrative pleine et assumée.

Alassane Souleymane

Lire aussi : Alliance des États du Sahel : Trois ans d’architecture de coopération sahélienne

Créée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, l’Alliance des États du Sahel (AES) s’est progressivement imposée comme un cadre de coopération politique, sécuritaire et économique entre les trois pays. Retour sur les principales étapes ayant conduit à sa mise en place et à son évolut.

Lire aussi : Semaine nationale de la réconciliation : La jeunesse au cœur du dialogue national

Patriotisme, cohésion nationale et valorisation des cultures étaient au rendez-vous.

Lire aussi : Renforcement de l'outil de défense : Le quartier général du bataillon autonome des forces spéciales inauguré

Le Bataillon autonome des forces spéciales et des centres d’aguerrissement (BAFS-CA) regroupe l'ensemble des entités spécialisées pour conduire des actions d'éclat destinées à reprendre durablement l'initiative stratégique et tactique. Le joyau architectural, inauguré hier, offre à son Ã.

Lire aussi : Sifi Ghrieb:«Cette visite constitue une nouvelle étape dans le long et glorieux parcours des relations historiques entre le Mali et l’Algérie»

Le Premier ministre de la République algérienne démocratique et populaire, Sifi Ghrieb, a effectué, hier, une visite de travail et d’amitié dans notre pays. Le Chef du gouvernement algérien est arrivé à l’aéroport international Président Modibo Keïta-Sénou aux environs de 9 heures. Ã.

Lire aussi : Visite du Premier ministre algérien à Bamako : Les enjeux de la normalisation de la coopération entre les deux pays

Le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, a effectué, hier, une visite de travail et d’amitié à Bamako. Ce déplacement intervient seulement trois semaines après la visite de son homologue malien à Alger. Cette succession de visites illustre le nouvel élan engagé entre nos deux pays aprè.

Lire aussi : Visite du Premier ministre algérien au Mali : Pour consolider la nouvelle dynamique de coopération

Trois semaines après la visite effectuée par le Général Abdoulaye Maïga à Alger, Bamako a accueilli, hier, le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb. Les échanges au cours de ces différentes visites de haut niveau traduisent, de manière concrète, la volonté politique ferme et la sagesse .

Les articles de l'auteur

À l'heure du Mali : Le secteur privé, résilient pour le Mali

Le vendredi 5 décembre 2025, lorsque le président de la Transition a décidé de décorer plusieurs opérateurs économiques pour leur contribution à la riposte contre la guerre économique imposée à notre pays, il ne s'agissait pas d'une simple marque de reconnaissance, mais bien du signe d'une victoire sur l'ennemi..

Par Alassane Souleymane


Publié jeudi 17 septembre 2026 à 17:32

À l'heure du Mali : Sur le parquet de Berlin, l'Empire du Mali fait vaciller le Royaume d'Espagne

Pour le football, le Mali attend encore de goûter au bonheur d'une qualification mondiale. Mais pour le basketball, le Mali compte déjà 3 participations chez les dames. Après 2010 et 2022, disputées en toute impuissance et pour la forme, voilà notre pays qui étrenne une 3è participation débutée en fanfare. Plutôt en séisme, au regard de la sensation mondiale qu'a produite la victoire samedi face à l'Espagne au Mondial 2026 à Berlin..

Par Alassane Souleymane


Publié dimanche 06 septembre 2026 à 20:02

À l’heure du Mali : Le Mali, au souvenir des chouhadas et moujahidines Algériens.

Trois dates, trois temps, trois actes. C’est ainsi qu’il faut lire le déplacement, ce lundi, du Premier ministre du Mali en terre algérienne, à l’invitation de son homologue et porteur de message du Président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, à son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune.

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 24 août 2026 à 07:59

À l’heure du Mali : le 13 août 2026, jour de grâce et de libération

La Transition politique enclenchée à partir du 24 mai 2021 a cette particularité d’avoir refondé notre pays autour d’un impératif partagé : prioriser la souveraineté nationale dans toute œuvre publique, portée par l’État et ses institutions. Cet impératif s’étend à chaque citoyen dont la fibre patriotique est chevillée au corps..

Par Alassane Souleymane


Publié vendredi 14 août 2026 à 09:34

À l’heure du Mali : 5 ans de transition, de refondation et de souveraineté

Qui mieux que le Chef du Gouvernement pour trouver les mots qui traduisent l’action publique inspirée par le Chef de l’État et portée par les ministres durant ces cinq années de Transition ? « Ces cinq ans de la Transition auront été ceux de la restauration de l’État et de la reconquête de notre souveraineté », a fortement résumé le Général de division, Abdoulaye Maïga..

Par Alassane Souleymane


Publié vendredi 07 août 2026 à 14:41

Finale du Mondial 2026 : La roja de yamal sur le toit du monde

Au MetLife Stadium de New York, le chronomètre affiche 90+7, ce dimanche soir de grande finale, au Mondial 2026. Le temps réglementaire de la finale Espagne–Argentine est terminé, nous sommes dans les arrêts de jeu..

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 20 juillet 2026 à 10:10

Au Rebond : Messi-Yamal, l'héritage et le futur, en une finale

Si vous êtes un amoureux du ballon rond, et que vous êtes témoin ce dimanche de la finale de la Coupe du monde, dites-vous que le Dieu du football vous a béni. Il vous aura gratifié d'un pèlerinage virtuel à la Mecque du football. Et cette Mecque, ce sera un stade de New York presqu'inconnu du monde du football, se trouvant sur les terres d'un gigantesque pays, les USA, encore une nation modeste de ce qu'on appelle là-bas le soccer..

Par Alassane Souleymane


Publié vendredi 17 juillet 2026 à 16:49

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner