Deux jours d’assises sur les bords du Niger, à Bamako, lors de la 2è session du Collège des Chefs d’État, ont suffi pour accélérer l’implantation de la Confédération, à la fois dans les consciences et dans la réalité visible du quotidien. Bamako a pris le relais de Niamey, tout comme Ibrahim Traoré succède à Assimi Goïta. À Niamey, la Confédération est née. À Bamako, elle s’élance. Sous le mandat du général d’armée Assimi Goïta, la Confédération a pris des couleurs ; avec le nouveau président, le capitaine Ibrahim Traoré, elle s’apprête à ouvrir les grands chantiers de construction, nul doute à ce sujet.
La ferveur qui a accompagné l’accueil des deux Chefs d’État, le séjour des délégations burkinabè et nigériennes, les inaugurations et les travaux au CICB ont fini de convaincre de la réalité du projet confédéral et des aspirations qu’il porte. La Charte du Liptako-Gourma a été la rampe de lancement qui nous a fait passer du vœu à l’action.
Bamako 2025 a marqué le temps du bilan pour la présidence du Général d’armée Assimi Goïta : dix-sept mois de travail, de réflexion et d’actions pour donner corps à la feuille de route fixée par le Collège des Chefs d’État. Depuis la validation de cet instrument, les axes Bamako–Niamey–Ouaga ont connu un ballet frénétique d’initiatives tous azimuts. Tous les secteurs ont été touchés pour incarner les trois piliers : Défense, Diplomatie et Développement.
La présidence du Général Goïta a consisté à inscrire le projet confédéral dans les consciences et le subconscient des populations sahéliennes, des masses africaines et du concert des nations. Les couleurs n’ont pas seulement été vives : elles sont désormais indélébiles. Son travail a permis à la Confédération de se doter de symboles — drapeau, hymne, devise, logo — et de moyens pour les rendre visibles : télévision, radio, passeport. La communication et la circulation des personnes et des biens ont ainsi pris une place prépondérante.
Les pinceaux du Général ont fixé les couleurs dans les esprits ; place désormais aux outils du Capitaine Ibrahim Traoré, qui prend la présidence tournante. Le nouveau président confédéral est attendu comme un véritable chef de chantier, avec les projets annoncés dans le pilier Développement. En attendant la déclinaison de la feuille de route de l’an II, l’on peut prédire que les choses iront vite, à la vitesse de l’AES elle-même, comme elle le démontre depuis le 16 septembre 2023. L’inauguration du siège de la Télévision AES et de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES) à Bamako symbolise ce passage de témoin.
Les populations confédérales oscillent entre enthousiasme et empressement face aux projets d’autoroute entre Bamako, Ouagadougou et Niamey, de compagnie aérienne, d’interconnexion électrique, d’agropoles et bien d’autres encore annoncés dans la feuille de route de l’an I.
Le nouveau président confédéral sera également attendu sur le pilier Défense, avec la poursuite de la lutte contre le terrorisme.
L’annonce par ses soins d’un «hiver noir» sahélien que préparent les ennemis, après le printemps arabe, incite la Confédération à prendre toutes les dispositions nécessaires pour renforcer la défense du territoire et des populations. Sur ce point, le président sortant a montré la voie avec la remise de l’étendard au commandant de la Force unifiée, au président entrant d’agir en commandant en chef. Les populations sahéliennes, à ce titre, sont moralement prêtes à se défendre.
Comme l’a affirmé le président Abdourahamane Tiani : «L’impérialisme ne désarme pas». Nous devons donc apporter la riposte à la guerre hybride qu’il nous impose, toujours avec le même objectif : la prédation tous azimuts. La session de Bamako a démontré la capacité des autorités confédérales à rester dans la dynamique d’amélioration des instruments juridiques, avec les différents protocoles additionnels signés par les Chefs d’État. Cela augure d’une gouvernance solide, en vue de réaliser les grands projets programmés au bénéfice des populations du Sahel confédéré.
Alassane Souleymane
Qu’est-ce qu’une confédération, sinon «une ligue de nations ou d’États indépendants qui, tout en gardant leur autonomie, se réunissent pour former un gouvernement commun? » Les juristes peuvent en discuter les nuances, mais cette définition suffit à saisir la communauté de destin que.
Les trois piliers sont : Défense-sécurité, Diplomatie et Développement. La délégation malienne est conduite par le ministre d’État, ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Général de corps d’armée Sadio Camara.
Les hauts fonctionnaires chargés des trois piliers de la Confédération des Etats du Sahel sont réunis depuis le mardi 24 février 2026 dans la capitale burkinabè..
Les hauts fonctionnaires chargés des trois piliers de la Confédération des Etats du Sahel sont réunis depuis le mardi 24 février 2026 dans la capitale burkinabè..
Depuis la conférence des Chefs d’État en décembre 2025 à Bamako, la présidence de la jeune organisation est assurée par le Burkina Faso à travers le Capitaine Ibrahim Traoré.
Professeur titulaire des universités, expert en gestion financière et dirigeant public de premier plan, le Professeur Bayala incarne une génération de cadres africains alliant excellence académique, expérience opérationnelle et vision institutionnelle.