À l’échelle mondiale, près de 2 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à une eau potable. Au Mali, plus de 27 % de la population reste privée de cette ressource naturelle, avec une répartition inégale entre les zones rurales et urbaines. Derrière ces chiffres, se cachent des vies humaines en danger. Face à cette situation, le Mali, à l’instar des autres pays, a célébré, hier, la Journée mondiale de l’eau, sous le thème : «L’eau, source d’égalité». La cérémonie a eu lieu au Centre international de conférences de Bamako (CICB), sous la présidence du Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga.
Instituée par l’Assemblée générale des Nations unies, cette journée constitue un moment de réflexion sur l’importance de l’eau et de l’assainissement, notamment dans la promotion de l’égalité des sexes. Au-delà, elle rappelle que l’eau n’est pas seulement une ressource naturelle, mais une source indispensable à la vie, la santé publique, la sécurité alimentaire et le développement socio-économique. Pour cette 34è édition, un accent particulier a été mis sur son rôle dans la vie des femmes et des filles, notamment dans leurs usages quotidiens.
Pour le ministre de l’Énergie et de l’Eau, l’accès à l’eau potable est un droit fondamental consacré par la Constitution malienne. Faire de l’eau une source d’égalité, a-t-il expliqué, revient à transformer les rapports de participation aux décisions. Dans un contexte marqué par une forte croissance démographique, il a insisté sur la nécessité d’une gestion concertée, inclusive et durable des ressources en eau, afin de prévenir les tensions et de garantir un accès équitable à tous les usages. «C’est dans cette dynamique que le Chef de l’État a placé la souveraineté hydrique au cœur des priorités nationales, notamment la réalisation de centaines de systèmes d’adduction d’eau à travers le pays», a indiqué Pr Tiémoko Traoré. Annonçant que le taux d’accès à l’eau potable devrait atteindre 75,4 % en 2026.
Le ministre a aussi révélé que des projets structurants sont en cours dans le cadre de l'approvisionnement de nos villes en eau potable. Parmi ces projets figurent l’extension du réseau d’eau potable dans plusieurs villes comme Bamako, Kayes, Tombouctou et Gao, ainsi que des études pour de nouveaux projets dans 22 centres secondaires. Des mesures d’urgence sont également envisagées, notamment la réalisation de plus de 4.000 nouveaux points d’eau modernes et la réhabilitation de plus de 700 ouvrages existants dans le périmètre hors concession. Ces actions s’inscrivent dans la mise en œuvre de la Politique nationale de l’eau à l’horizon 2035.
Le Premier ministre, a, pour sa part, rappelé que la satisfaction des besoins fondamentaux des populations demeure une priorité du gouvernement. Il a évoqué plusieurs initiatives en cours dans le cadre du Programme d’action gouvernementale 2025-2026. Il s’agit spécifiquement du raccordement de nouveaux forages, la construction de stations de traitement d’eau et l’extension des réseaux de distribution et des branchements sociaux. Le Général de division Abdoulaye Maïga a également annoncé l’élaboration d’une nouvelle Politique nationale de l’eau sur dix ans, axée sur la gestion intégrée des ressources et l’amélioration de l’accès pour tous.
«L’eau est une ressource vitale mais limitée. Il est donc essentiel de renforcer la synergie d’actions entre tous les acteurs pour une gestion intégrée», a-t-il insisté, appelant les populations à s’impliquer davantage, dans la lutte contre le gaspillage et les conflits autour de l’accès aux ressources naturelles. La représentante des Organisations de la société civile, Selly Ouane, considère cette célébration comme une opportunité d’évaluer les progrès et de mettre en lumière les défis persistants. Selon elle, garantir l’accès à l’eau potable pour tous d’ici 2030 reste un objectif crucial.
Elle s’est également réjouie de la signature, en mars 2026, du Pacte de durabilité 2026-2035 des services d’eau, d’hygiène et d’assainissement au Mali. Elle a toutefois plaidé pour une augmentation du budget national consacré à l’assainissement à hauteur de 5%, convaincue qu’une bonne gestion de l’eau favorise le développement économique et la cohésion sociale.
Corinna Fricke, ambassadrice de la République fédérale d’Allemagne au Mali, a réaffirmé l’engagement des partenaires techniques et financiers du secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène, à accompagner le Mali dans l’atteinte de l’Objectif de développement durable n°6, relatif à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.
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