La mosquée de Sankoré 2 a été construite vers le XIV siècle par une dame maure
L’Association
des ressortissants pour le développement du Cercle de Tombouctou (ARDCT) a
organisé le week-end dernier, les activités marquant le 600è anniversaire de la
mosquée de Sankoré. La cérémonie était présidée par le chef de cabinet du
ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme,
Salia Mallé. Il avait à ses côtés le directeur national du patrimoine, Moulaye
Coulibaly et plusieurs invités.
L’évènement
avait au menu plusieurs activités dont des conférences, le crépissage de la
mosquée et une remise de matériels de sonorisation. Le président de l’ARDCT,
Mahmoud Arby, a indiqué que la mosquée de Sankoré est une forteresse de la foi,
une citadelle du savoir et l’un des plus puissants symboles du génie
intellectuel africain. Depuis six siècles, a-t-il fait savoir, la récitation du
Saint Coran, les enseignements des jurisconsultes, les commentaires des
exégètes, les débats des savants et les pas d’innombrables étudiants venus de
différents horizons pour chercher la connaissance animent l’enceinte de cette
mosquée. C’est précisément dans cet esprit que l’ARDCT a souhaité donner à
cette commémoration une dimension à la fois spirituelle, scientifique,
culturelle et opérationnelle. Le président de l’association a remercié les
familles Baba Chirfi, Amir Sékou Baber, ainsi que la Fondation Bally, pour
leurs contributions, leur disponibilité et leur générosité. Il a aussi remercié
les partenaires, notamment l’UNESCO, AMSODE et ORCA, pour leur accompagnement,
leur engagement en faveur de la préservation de la mosquée Sankoré.
Le chef de
cabinet du ministre chargé de la Culture, Salia Mallé, dira que la mosquée de
Sankoré est l’un des trois anciens centres de formation universitaires, qui a
formé des générations d’intellectuels musulmans et d’éminents érudits.
«Sankoré, lieu de dévotion et de foi en Allah, mais aussi temple de l’érudition
et miroir de la grande effervescence intellectuelle que Tombouctou a connus
pendant la période médiévale.
Elle a
abrité la célèbre Université de Sankoré, qui comptait plus de 25.000 étudiants
venant de tous les horizons, une fierté pour le Mali et toute l’Afrique au Sud
du Sahara», a-t-il déclaré. Il a aussi rappelé que la mosquée de Sankoré est un
élément constitutif du bien culturel «Tombouctou», inscrit sur la Liste du
patrimoine mondial depuis 1988 et classée dans le patrimoine culturel national
par Décret n°92-245/P-RM du 18 décembre 1992 pour ses valeurs historiques,
architecturales, socioculturelles et spirituelles. Aujourd’hui, les effets néfastes de la crise
sont préjudiciables à l’authenticité et à l’intégrité de tous les bâtiments
classés de Tombouctou. C’est pourquoi,
l’inscription de la mosquée de Sankoré sur la liste du patrimoine
mondial en péril témoigne de la vulnérabilité du site, particulièrement exposé
au phénomène d’ensablement, à l’érosion hydrique et d’autres intempéries. Salia Mallé
a également révélé que la
célébration des 600 ans de la Mosquée de Sankoré s’inscrit dans le cadre de
l’année 2026-2027, décrétée par le Président de la Transition, le Général
d’armée Assimi Goïta, l’Année de l’éducation et de la culture au Mali. Cette
célébration est donc un cadre idéal pour désentraver et valoriser notre
histoire millénaire, mutualiser les efforts, créer une synergie d’actions et
une gestion concertée en vue d’assurer une conservation durable et une gestion
efficace des biens du patrimoine culturel.
Il faut
souligner que la mosquée de Sankoré 2 été construite vers le XIV siècle par une
dame Maure venant de la Mauritanie qui a voulu garder l’anonymat. Son nom
Fatoumatou a été révélé récemment. Pour la célébration de ses 600 ans, une
forte délégation de l’ARDCT a effectué le déplacement à Tombouctou.
Moulaye SAYAH /AMAP - Tombouctou
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