Désormais,
à Madina Kouroulamini, un village situé dans la Région de Bougouni, trône Sinè
Diawara du haut de ses 87 ans. Son statut de doyen d’âge de la circonscription
lui confère la chefferie traditionnelle. Il a été solennellement intronisé au
cours d’une cérémonie qui a mobilisé, hier, des représentants des villages
voisins et les ressortissants de la localité, venus majoritairement de Bamako
et d’autres villes.
Les
festivités ont débuté vers 7 heures par une séance de lecture du Saint Coran.
Environ une heure après, l’héritier du trône, vêtu d’un basin bleu ciel et
accompagné de ses conseillers et de son épouse, a fait son apparition en
public.
El Hadj
Broulaye Diawara, un ressortissant du village, a expliqué que des
applaudissements nourris de la foule et des cris en hommage à l’octogénaire ont
réchauffé l’ambiance dans la cour du nouveau chef de village. Puis, s’en est
suivi l’hymne national avant que le doyen du village prenne place dans un
fauteuil installé sous un chapiteau dressé pour la circonstance. Place alors au
processus d’intronisation de Sinè Diawara qui succède à Yacouba Diawara, décédé
en novembre dernier.
La
cérémonie a été marquée par une série d’interventions dont celles des petits
enfants et de l’Association Kô-Makan qui regroupe plusieurs villages habités
par les Diawara. Le président de cette association, Seydou Diawara, ancien
député du Cercle de Bougouni, a félicité le chef du village et invité les
habitants à œuvrer pour la paix à l’intérieur du village et avec les voisins de
la Commune de Kouroulamini. Il a formulé des bénédictions pour le triomphe de
la cause nationale sur l’obscurantisme des terroristes.
Madina
Kouroulamini a été créé en 1954. C’est le village d’origine de la célèbre
musicienne Fatoumata Diawara, communément appelée «Sia». La localité jouit
d’une belle réputation dans la Région de Bougouni, grâce à la Rencontre
annuelle des Diawara, organisée par l’Association Kô-Makan.
Faut-il rappeler que depuis quelques années, les autorités de la Transition ont mis en place des mécanismes visant à valoriser les légitimités traditionnelles. Désormais, ces chefs traditionnels ont la reconnaissance de la nation et arborent, tous ou presque, fièrement une médaille. Le drapeau national flotte aussi devant chaque chefferie.
Mohamed DIAWARA
Ces coiffures sont créées en fonction de la culture locale, de l’identité ethnique, des événements, des envies.
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