L’insuffisance d’équipements de labour a occasionné de gros retards sur les travaux champêtres
Le Cercle de Tenenkou, zone agro pastorale par excellence, est entré de plein pied dans la campagne agricole 2026. Ici la majeure partie de la population active vit de l’agriculture. La ville de Tenenkou d’ailleurs tire son nom de cette activité. Après la fondation de la ville en 1818 par Bory Hamsala Cissé, la récolte avait été si abondante cette année-là qu’on ramassait du riz un peu partout sur le site de création de la ville d’où l’appellation en peulh Tènè ( ramassons) négou ( riz). Ce qui donnera plus tard Tenenkou.
Dans cette zone agricole, la couleur de l’année dépend en grande partie du ciel, tout simplement de l’hivernage. Et pour cette campagne agricole 2026, pour l’instant le ciel n’est pas assez clément pour les agriculteurs du cercle. Les pluies recueillies cette année sont en deçà de celles de l’année dernière à la même période.
Le riz n’a pas germé à certains endroits. Selon le chef sous-secteur de l’agriculture de Tenenkou, Allassane Kamanta, 307 mm de pluies sont tombés cette année contre 334 mm l’année dernière à cette même période. À cela, il faut également noter la mauvaise répartition de ces pluies d’où l’existence de poches de sécheresse dans plusieurs endroits du cercle, notamment dans la zone exondée où le mil est la principale culture des paysans.
Dans certains endroits de cette zone exondée, le riz cultivé en submersion libre n’a pas germé d’où les inquiétudes des paysans. Concernant la zone inondée du cercle, celle qu’on appelle le Bourgou, la situation n’est guère aussi reluisante. Les poches de sécheresse sont signalées un peu partout.
Selon le technicien, la situation est inquiétante mais pas alarmante, elle peut évoluer très rapidement en fonction de la météo et du climat. Autres inquiétudes des paysans, la présence des oiseaux granivores qui obligent les paysans à mettre les semences sous terre avant de démarrer le labour.
D’habitude dès que les premières pluies tombent, les oiseaux disparaissent du ciel dans la localité, mais cette fois-ci tel n’est pas le cas. Ce qui oblige les paysans à changer de stratégie. Dans le casier rizicole de Tenenkou avec ses 1.980 ha exploités par 1.000 exploitants, selon le chef du casier rizicole Amadou Coulibaly, la campagne agricole a démarré tardivement.
Plusieurs difficultés demeurent à ce niveau. Il s’agit de l’insuffisance d’équipements de labour. On estime à 7, le nombre de tracteurs à Tenenkou, un chiffre jugé insignifiant pour les superficies agricoles disponibles dans la zone.
S’agissant des charrues qui constituent les équipements de labour les plus utilisés dans le cercle, force est de constater que les bœufs de labour essentiels à leur usage ne sont toujours pas au point au moment des travaux champêtres, occasionnant un démarrage poussif de ces activités agricoles. Il faut aussi rappeler que le coût d’exploitation de ces équipements augmente d’année en année. Cette année, le prix de labour d’un ha avec un tracteur oscille entre 70.000 et 75.000 Fcfa. Pour une charrue, il est entre 50.000 et 60.000 Fcfa. Il y’ a moins de 10 ans, il était à 25.000 Fcfa.
Concernant la crue, elle est également en retard comparativement à l’année dernière. À cette période, normalement l’eau devrait être dans les ouvrages, mais ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Si la situation n’évolue pas, le remplissage du casier rizicole de Tenenkou qui, d’habitude se déroule entre les 5 et 10 septembre, risque d’être fortement impacté.
Par ailleurs, en ce qui concerne la disponibilité des intrants, le chef du casier rizicole tient à rassurer que toutes les dispositions sont prises pour satisfaire les demandes des paysans. En attendant des lendemains meilleurs, les paysans du cercle ont désormais les yeux rivés vers le ciel en espérant une météo plus clémente pour la poursuite des activités agricoles dans la plus grande quiétude et dans l’espoir de remplir les greniers en janvier prochain.
Rédaction Lessor
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