Dr Ahmadou Touré
À l’époque rappelle t-il, le Mali était un État fragilisé, par une situation sécuritaire fortement dégradée et une perte de contrôle de plusieurs portions du territoire national. Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), conduit par cinq colonels, engage alors le pays dans une nouvelle phase politique. Après les événements de mai 2021, le Colonel Assimi Goïta, jusque-là vice-président de la Transition, prend la tête de l’État. Son investiture intervient le 7 juin 2021. C’est le début de la phase dite de « rectification » de la Transition.
Pour Dr Ahmadou Touré, cette nouvelle étape donne une orientation plus claire au processus de refondation. « Le Mali a réaffirmé sa dignité sur la scène internationale », estime le spécialiste, qui considère que la gouvernance publique a progressivement été recentrée sur les intérêts nationaux.
Les Assises nationales de la refondation, organisées en décembre 2021, constituent, selon lui, l’un des principaux jalons de cette nouvelle orientation. Elles ont permis de recueillir les préoccupations et propositions des différentes composantes de la société malienne et de dégager des recommandations destinées à réformer en profondeur l’État. Ce mouvement a été suivi par l’adoption d’une nouvelle Constitution en juin 2023.
Le nouveau texte constitutionnel constitue, aux yeux de Dr Touré, une étape importante dans le processus de refondation, notamment à travers l’affirmation de la souveraineté nationale, la reconnaissance des langues nationales et la réorganisation des institutions.
Sur le plan administratif et judiciaire, il relève la digitalisation progressive des services publics, le renforcement des mécanismes de contrôle des finances publiques et les réformes issues des États généraux de la justice. Autant d'initiatives qui doivent, selon lui, permettre à l’administration de retrouver davantage d’efficacité et d’autorité. Il se félicité du sens de redevabilité dont a fait montre le gouvernement en présentant les réalisations des cinq années de gouvernance du président de la Transition aux populations.
MONTEE EN PUISSANCE DES FAMa
« L’un des résultats les plus spectaculaires de ces années reste la transformation des Forces armées maliennes », soutient Dr Ahmadou Touré. Selon lui, les efforts consacrés au secteur de la défense ont permis de renforcer les capacités opérationnelles des Forces armées maliennes (FAMa), avec notamment l’acquisition de moyens aériens, de drones, de blindés et d’autres équipements. L’augmentation des effectifs et la construction de nouvelles infrastructures militaires participent également à cette montée en puissance.
Le spécialiste souligne aussi le rôle accru du Génie militaire, désormais appelé à intervenir non seulement dans les opérations de sécurité, mais également dans certaines missions de reconstruction.
Cette montée en puissance ne signifie toutefois pas la fin des menaces. Les six années écoulées ont été marquées par plusieurs attaques contre des positions militaires et des tentatives de déstabilisation. Elles ont notamment visé Kati, Bamako et plusieurs autres localités. Le 25 avril 2026, le pays a ainsi subi des attaques complexes et coordonnées à Kati, Bamako, Mopti, Gao et Kidal. Le général de corps d’armée Sadio Camara, alors ministre de la Défense, a trouvé la mort lors de ces attaques. Quelques mois plus tard, le 4 juillet, plusieurs positions des FAMa ont de nouveau été simultanément ciblées à Aguel-Hoc, Anéfis, Gao, Sévaré et Kéniéroba. Ces attaques ont été fort heureusement repoussées et la situation est restée sous contrôle sur les positions concernées.
L’autre axe majeur mis en avant par Dr Ahmadou Touré concerne la maîtrise des ressources naturelles. Le Code minier adopté en 2023 a notamment renforcé la participation de l’État dans les projets miniers et accru les exigences en matière de contenu local.
Les autorités ont parallèlement engagé des audits et renforcé le contrôle des ressources minières. Pour le spécialiste, la construction d’une raffinerie d’or nationale constitue également un symbole de cette volonté de conserver davantage de valeur ajoutée sur le territoire national. Le lithium et d’autres ressources constituent désormais de nouveaux secteurs d’intérêt dans cette politique de maîtrise des ressources.
Sur le plan international, les six années de Transition ont également été marquées par une profonde recomposition des alliances. Le Mali s’est progressivement éloigné de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et a renforcé son rapprochement avec le Burkina Faso et le Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Parallèlement, Bamako a développé ou renforcé des coopérations avec plusieurs autres partenaires, notamment la Russie, la Chine et la Turquie. Pour Dr Touré, cette diversification traduit la volonté de disposer d'une plus grande autonomie de décision et de privilégier des partenariats fondés sur les intérêts nationaux.
UNE TRANSITION JALONNEE D’EPREUVES
Au-delà des acquis, la trajectoire de la Transition a également été marquée par des crises successives. Le Directeur de l’école de journalisme de Bamako en rappele quelques unes. Sur le reseau social facebook, Dr Aboubacar Abdouwahidou Maïga rappelle que le 24 mai 2021, l’arrestation du président de la Transition Bah N’Daw et du Premier ministre Moctar Ouane provoque une nouvelle rupture institutionnelle et ouvre la voie à la prise de responsabilité par Assimi Goïta et ses frères d’arme.
Le 20 juillet 2021, le président de la Transition est victime d’une tentative d’agression à l’arme blanche dans la Grande Mosquée de Bamako. En mai 2022, les autorités annoncent avoir déjoué une tentative de coup d’État. La même année, l’interpellation de 49 militaires ivoiriens à l’aéroport de Bamako provoque une importante crise diplomatique entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Les militaires seront finalement graciés par le président de la Transition en janvier 2023.
Le 22 juillet 2022, Kati est à nouveau frappée par une attaque complexe contre une installation militaire. Le 17 septembre 2024, Bamako est la cible d’attaques coordonnées visant l’école de gendarmerie de Faladié et la zone aéroportuaire. En août 2025, une nouvelle affaire de tentative de coup d’État secoue l’armée. S’en est suivie l’arrestation de plusieurs officiers maliens et l’agent de la DGSE françaises gracié il y’a quelques jours. À ces crises politiques et sécuritaires s’ajoute, depuis 2025, la pression exercée sur certains axes routiers stratégiques et les difficultés d’approvisionnement qui en découlent.
Pour Dr Ahmadou Touré, ces épreuves ne remettent pas en cause la trajectoire générale engagée depuis 2020. Il estime au contraire qu’elles montrent l’importance de consolider les acquis. « Les institutions se stabilisent, les FAMa poursuivent leur montée en puissance, l’AES approfondit son intégration et les réformes de gouvernance publique continuent de produire leurs effets », affirme-t-il. À ses yeux, malgré les difficultés, le Mali a reconstruit plusieurs leviers d’action de l’État, renforcé son appareil de défense et adopté une diplomatie davantage orientée vers la diversification des partenariats.
Mais le véritable enjeu des prochaines années sera de transformer ces acquis institutionnels et sécuritaires en résultats durables pour les populations car le bilan de six années de Transition ne saurait se limiter aux seules questions de souveraineté, de défense ou de diplomatie.
Bembablin DOUMBIA
En tournée dans la sous région, l’émissaire du secrétaire général des Nations unies, Mme Sahle-Work Zewde, a été reçue, hier au Palais de Koulouba, en audience par le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta..
Montesquieu qualifiait le droit de grâce de « plus bel attribut de la souveraineté » (De l’esprit des lois, p. 153). Dans l’affaire Vézilier, cet attribut devient aussi un levier: celui qui permet de faire dialoguer justice pénale, souveraineté et diplomatie..
L’AES apparaît comme l’expression d’un panafricanisme sous-régional renouvelé, dans lequel l’affirmation de la souveraineté et la recherche d’autonomie stratégique se conjuguent avec des impératifs immédiats de sécurité, de défense collective et de repositionnement géopolitique.
La cérémonie d’ouverture de l’atelier de formation en partenariat public-privé (PPP) et d’appropriation des textes standards de PPP au Mali s’est tenue lundi 17 août 2026, à l’intention des cadres du cabinet du Premier ministre et des services rattachés..
Ce retour n'est pas le fruit d'une négociation directe avec l'ennemi, mais le résultat d'une stratégie militaire offensive, d’une campagne intense de pression et de harcèlement sur le terrain ayant rendu la rétention des otages intenable pour les groupes terroristes, affirme le Général de d.
Une semaine après son ouverture, le procès de Mohamed Youssouf Bathily alias Ras Bath et de sa coaccusée Rokiatou Doumbia dite Rose Poivron s'est achevé ce lundi 17 août devant la chambre criminelle de la Cour d’Appel de Bamako..