Les grottes sont constituées de plusieurs blocs entreposés les uns à côté des autres
Les grottes de Missirikoro, rocher imposant d’environ 80 mètres de hauteur, constituent l’un des importants sites historiques et culturels de la Région de Sikasso. Situé dans la Commune rurale de Missirikoro, ce site est fréquenté de nos jours par de nombreux Maliens et des ressortissants des pays voisins comme le Burkina Faso, la Côte-d’Ivoire et les touristes européens. Les grottes de Missirikoro constituent un trésor culturel inestimable où cohabitent plusieurs croyances, notamment les animistes et les musulmans. Elles sont constituées de plusieurs blocs entreposés les uns à côté des autres et situées à une douzaine de kilomètres au sud-ouest de la ville de Sikasso.
Dans le passé, les rois de Sikasso n’entreprenaient jamais une expédition guerrière sans consulter, au préalable, les génies de ces grottes. Unanimement, tout le monde était d’accord que les grottes abritaient des génies. À l’intérieur de ces grottes, il y a une partie à droite qui est considérée comme la mosquée. C’est là que les marabouts organisent les retraites spirituelles ou «Kaloua». Ils y séjournent, parfois, pendant des mois, selon leurs besoins. Encore en profondeur se trouvent des traces de serpents (pythons) qui habitaient le lieu dans le passé. Ces pythons mystiques sortaient très rarement. C’était vraiment les chanceux qui avaient l’opportunité de les rencontrer.
C’est là également que les génies offraient de la nourriture aux visiteurs. Le totem serait de ne pas chercher à connaître celui qui a déposé ou ramassé les tasses après le repas. Toujours à l’intérieur, il y a également des traces de pas humains. Elles sont supposées être le signe du passage des premiers présentateurs des grottes de Missirikoro. En bas de la mosquée des musulmans, se trouve le lieu de culte des animistes. Un peu plus haut, existe un vestibule qui servait de réfectoire pour les populations en temps de guerre. Il y a, enfin, le sommet des grottes qu’on ne peut atteindre que par échelles superposées. Au-dessus des grottes, le visiteur a une vue panoramique de la ville de Sikasso.
ASPECT MYSTIQUE- Pour le directeur régional de la culture de Sikasso, Souleymane Sanogo, peu importe la façon par laquelle le site a été formé, il faut reconnaître que c’est un lieu mystérieux. «Quand vous entrez dans ces grottes, on voit plusieurs compartiments. Arrivez à un certain niveau, quand vous regardez en haut, là où le soleil pénètre, vous allez apercevoir la carte géographique de l’Afrique. Mais ce n’est pas ce que vous verrez étant à l’extérieur et au sommet des grottes (80m)», explique-t-il. Par ailleurs, les habitants du village de Missirikoro font le guide pour les touristes.
Ils les aident à visiter le site gratuitement et de façon volontaire. Le lieu reçoit beaucoup de visiteurs, notamment des délégations des pays frontaliers comme le Burkina Faso, des journalistes maliens, le groupe City tour 2025, entre autres. Sur le plan national, c’est un espace de rencontre de toutes les confessions religieuses et de toutes les ethnies du Mali. «Depuis la nuit des temps, les grottes de Missirikoro sont toujours envahies par les visiteurs. Certains viennent pour des actes d’adoration. À l’approche des examens, de nombreux candidats consultent le site. Tout comme les jeunes chômeurs qui sont à la quête d’emploi, les femmes à la recherche de mari ou d’enfant. Ici, les animaux sont immolés et consommés sur place», explique Souleymane Sanogo.
Les grottes de Missirikoro demeurent un trésor culturel et touristique à protéger et sauvegarder, tant sa renommée dépasse nos frontières. Sa sauvegarde, protection et valorisation incombent à tout le monde, car ce site touristique incarne la cohésion sociale et le vivre-ensemble. Selon le directeur régional de la culture, beaucoup de sites touristiques de la région doivent être inscrits au patrimoine culturel compte tenu de leur valeur. Pour le cas des grottes de Missirikoro, les habitants du village valorisent déjà le site.
Le ministère chargé de la Culture, à travers sa direction régionale, est en train d’œuvrer indirectement pour préserver et sauvegarder ce site. Le travail d’inventaire des grottes a déjà été réalisé par la direction régionale de la culture. Pour l’heure, elle est à pied d’œuvre pour proposer l’inscription du site au niveau du patrimoine national.
Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso
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