Services du Trésor : Dans la dynamique de la mobilisation des recettes publiques

Au cœur des débats de la 3è édition de la Rencontre annuelle des services du Trésor (RAST), la digitalisation, présentée comme un levier majeur pour accroître les recettes, sécuriser les opérations financières et moderniser l’administration publique

Publié vendredi 19 juin 2026 à 09:02
Services du Trésor : Dans la dynamique de la mobilisation des recettes publiques

En 2025, les paiements effectués au titre de la dette intérieure ont atteint 1587,1 milliards de Fcfa


La transformation numérique s’impose désormais comme l’un des principaux moteurs de la mobilisation des ressources publiques au Mali. C’est le message fort qui se dégage de la 3è édition de la Rencontre annuelle des services du Trésor (RAST), ouverte ce jeudi 18 juin à Bamako par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. 


Réunis dans un hôtel de la place, les principaux acteurs des finances publiques, du secteur bancaire, du monde économique et des partenaires institutionnels réfléchissent pendant deux jours aux moyens de renforcer la trésorerie de l’État et d’améliorer la gestion des finances publiques. La cérémonie s’est déroulée en présence du Directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique, Siaka Samaké, ainsi que de nombreux invités de marque.

Placée sous le thème «Gestion efficace de la trésorerie : levier stratégique de la gestion des finances publiques», cette édition met en lumière un enjeu devenu crucial : mobiliser davantage de ressources internes dans un contexte marqué par la diminution des appuis budgétaires extérieurs.

Dans son allocution de bienvenue, Siaka Samaké a rappelé que la RAST est devenue un cadre privilégié de dialogue entre les services du Trésor, les administrations financières, les acteurs économiques et les citoyens. Selon lui, l’amélioration de la performance financière de l’État passe nécessairement par une gestion plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers les résultats.

Au-delà de sa fonction comptable, la trésorerie publique constitue aujourd’hui l’un des piliers de la stabilité financière de l’État. Elle garantit le paiement régulier des dépenses publiques, le financement des investissements et le respect des engagements financiers du pays. « Véritable moteur de la performance budgétaire », elle joue également un rôle déterminant dans le soutien à l’activité économique. Les résultats enregistrés ces dernières années illustrent l’impact des réformes engagées. Grâce aux efforts de modernisation et de digitalisation des procédures financières, le Trésor a considérablement amélioré sa capacité de gestion. En 2025, les paiements effectués au titre de la dette intérieure ont atteint 1.587,1 milliards de Fcfa. Cette dynamique a permis de réduire le stock des instances de paiement de 503,4 milliards de Fcfa à fin 2024 à 308,9 milliards à fin décembre 2025.

La tendance se confirme en 2026. À ce jour, ce stock est ramené à 231,5 milliards de Fcfa contre 475,6 milliards à la même période l’année précédente. Parmi ces montants, figurent notamment 14,3 milliards de Fcfa dus aux opérateurs économiques, traduisant la volonté des autorités d’accélérer le règlement des créances et de soutenir le secteur privé.

C’est dans cette dynamique que la RAST 2026 consacre son panel de haut niveau à « l’Apport de la digitalisation dans la mobilisation des ressources publiques ». L’objectif est de démontrer comment les technologies numériques contribuent à améliorer la collecte, la sécurisation et le recouvrement des recettes de l’État.

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le ministre d’État Alousséni Sanou s’est félicité des performances macroéconomiques enregistrées par le Mali en 2025. Il a rappelé que le pays a respecté les trois principaux critères de convergence de l’UEMOA, avec un déficit budgétaire limité à 1,6 % du PIB, une inflation de 2,3 % et un taux d’endettement de 41,8 %, largement inférieur au plafond communautaire. Pour le ministre, la modernisation des outils de gestion publique est aujourd’hui une nécessité. Il a particulièrement mis en avant la digitalisation des moyens de paiement ainsi que la création de l’Agence comptable centrale des dépôts (ACCD), deux réformes destinées à renforcer la traçabilité des opérations financières, sécuriser les transactions et optimiser la gestion de la trésorerie publique.

Le panel de haut niveau réunira les directeurs généraux des Impôts, des Douanes, des Domaines et du Cadastre ainsi que du Trésor. Chacun présentera les avancées réalisées dans son secteur : téléprocédures fiscales, dématérialisation du dédouanement, digitalisation du foncier, sécurisation des titres de propriété et développement des solutions électroniques de paiement.

Au-delà du partage d’expériences, les échanges devront permettre d’identifier les défis persistants, de renforcer les synergies entre administrations financières et de formuler des recommandations concrètes pour accélérer la transformation numérique de l’État. À travers cette troisième édition de la RAST, le Trésor public affiche une ambition claire : faire de la digitalisation un puissant levier de mobilisation des ressources, d’amélioration des services publics et de performance financière. Un chantier stratégique pour un Mali résolument engagé dans la modernisation de sa gouvernance économique et le renforcement de ses capacités de financement du développement.

Mariam A. TRAORÉ

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