Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par l'annonce de la relecture de la convention collective par la Maison de la Presse, il y a quelques semaines.
Platant le décor, le premier responsable de l'UJRM a souligné que la rencontre répond à une préoccupation profonde de l’avenir de la profession des journalistes et des conditions dans lesquelles ils exercent leur métier. « Il s'agit également de la place que 《 nous voulons accorder au travail journalistique dans notre pays » a-t-il indiqué.
Boubacar Kanouté a rappelé qu'en 2025, dans le cadre de l’élaboration de leur rapport sur les conditions de vie et de travail des journalistes, son organisation a constaté que beaucoup de journalistes employés ignorent l'existence ou ne connaissent pas suffisamment la convention collective de la presse. Alors que le document a été adopté en 2009. « Ce manque de connaissance concerne un texte qui touche directement aux droits, aux obligations et aux conditions de travail des professionnels des médias » a-t-il fait savoir. Soulignant qu’il était de la responsabilité de l’UJRM de créer un espace permettant aux journalistes reporters de comprendre ce document, d’en mesurer la portée et de réfléchir à ses insuffisances au regard des réalités actuelles de leur profession.
« La Convention collective ne doit pas rester un document rangé dans les tiroirs des rédactions. Elle doit être connue, comprise et appliquée » a-t-il indiqué. Et de souligner que le document doit constituer un véritable cadre de référence pour les relations entre employeurs et travailleurs des médias. Cependant, a-t-il relativisé, le monde de la presse a profondément évolué depuis 2009. Le président de l'UJRM a aussi fait savoir que les réalités économiques des entreprises de presse, les nouveaux métiers, le numérique, les conditions de travail, les exigences professionnelles et les attentes des journalistes ont changé. « Une relecture de ce texte est donc devenue une nécessité », a déclaré Boubacar Kanouté. Avant de saluer l'initiative de sa révision et encourager la poursuite du travail. « Nous estimons que le renouveau de notre presse passe également par des textes adaptés aux réalités de notre époque », s'est-il exprimé. Toutefois, il a regretté le fait que la commission chargée de cette relecture n'a pas commencé ses travaux jusqu'à maintenant. Il a ensuite précisé que les patrons de la presse ne sont pas les enemies des journalistes. Cela est d’autant plus vrai que les deux parties ont intérêt à ce que l'entreprise de presse fonctionne, a relevé le premier responsable de l'UJRM.
Dans son exposé, le principal conférencier Sékou Issa Diarra a souligné que la convention collective actuelle est également à l'avantage des patrons de la presse, car obligéant les journalistes à être loyaux et redevables envers eux. Il a ensuite déclaré que le document définit les droits et devoirs de chaque partie en la matière et prévoit un salaire minimum pour le journaliste qui ne peut être en déça du Salaire minimum interproféssionnel garanti (Smig) de notre pays. Lequel est fixé à 40 000 FCFA depuis janvier 2016. Pour l'expert consultant en ressources humaines et décentralisation, de 2009 à nos jours, le coût de la vie a changé. « La relecture de la convention collective doit revaloriser la base salariale », estime Sékou Issa Diarra. Il a toutefois assuré que cette relecture ne peut remettre en cause les avantages déjà acquis pour les journalistes. Il a également insisté sur les protections sociales des hommes de médias, car « un journaliste sans protection sociale, encourt des risques sociaux ».
Bembablin DOUMBIA
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