Grand témoin du panel, le vice-président du Patronat du Mali, Sidi Danioko, a souligné le décalage entre le nombre de jeunes arrivant chaque année sur le marché du travail et les capacités de recrutement du secteur public. Il a estimé que 200 000 à 300 000 jeunes intègrent annuellement le marché du travail, contre 20 000 à 30 000 recrutements dans la fonction publique. Il a également relevé le poids du secteur informel, qui représente, selon lui, près de 80 % de l’activité et des emplois, plaidant pour des formations davantage orientées vers les besoins des entreprises, notamment dans le numérique, l’intelligence artificielle et la robotique.
Le directeur pédagogique du Centre des métiers, Madi Yassa Goundiam, a insisté sur la qualité des formateurs, estimant que la maîtrise d’une discipline doit s’accompagner de capacités de transmission et d’un engagement dans la communauté éducative. L’expert en éducation pour le développement durable et modérateur du panel, Adama Ouane, a, pour sa part, défendu une approche globale de l’apprentissage, associant école, culture et valeurs. Il a notamment cité la formation duale et la validation des acquis de l’expérience, tout en déplorant le cloisonnement des réformes éducatives.
La contribution du ministère de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle à travers le Conseiller Technique Amadou BAMBA, relève, pour 2024, un taux d’emploi informel de 95,9 % et une sous-utilisation composite de la main-d’œuvre de 16,8 %. Elle souligne également le décalage entre les formations et les besoins des entreprises, ainsi que les insuffisances du financement et du suivi de l’insertion professionnelle.
Le document recommande notamment la mise en place d’un observatoire du devenir et de l’insertion des diplômés , l’extension de la formation en alternance et l’intégration de parcours entrepreneuriaux dans les dispositifs de formation. Le panel réunissait également le Pr Alpha Seydou Yaro, directeur général du Centre national de recherche scientifique et technologique, un conseiller technique du ministère et Souleymane Coulibaly, fondateur de Fanga School à Ségou.
Le Forum se tient du 5 au 7 novembre autour de la refondation du système éducatif malien en lien avec les valeurs culturelles et les besoins de développement socio-économique du pays et de la sous-région.
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