L'événement a été marqué par la remise officielle des actes du colloque international, tenu en avril 2025 sur le thème «La protection des données à caractère personnel : acquis, défis et opportunités pour l'Afrique», ainsi que par la rentrée solennelle de la deuxième promotion du Master en droit numérique, suivie d'une masterclasse consacrée à la protection des données personnelles.
Présidant la cérémonie, le représentant du ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Pr Djibril Sow, a salué un partenariat qu'il considère comme un modèle de coopération entre le monde universitaire et une institution de régulation. À ses côtés, figuraient notamment le représentant du ministre de la Communication, de l'Économie numérique et de la Modernisation de l'administration, Mohamed Ag Albachar, le président de l'APDP, le Pr Mamoudou Samassékou, et le recteur par intérim de l'UKB, le Pr Paul Traoré.
Dans son intervention, le président de l'APDP a rappelé que le colloque international de 2025 n'avait pas seulement une vocation académique. Il constituait avant tout un cadre de réflexion sur les profondes mutations provoquées par la révolution numérique. Selon le Pr Mamoudou Samassékou, l'explosion des technologies numériques et la circulation massive des données font désormais de la protection des données personnelles un enjeu stratégique qui touche à la dignité humaine, aux libertés fondamentales et à la souveraineté des États.
Pour lui, dans un contexte où chaque activité génère une trace numérique et où les décisions administratives, économiques ou sociales reposent de plus en plus sur des traitements automatisés, la maîtrise du droit du numérique devient incontournable. C'est précisément pour répondre à ce besoin qu'a été créé le Master en droit numérique, fruit du partenariat entre l'APDP et l'UKB.
Au-delà d'une simple offre de formation, ce programme vise à préparer des spécialistes capables d'accompagner les administrations publiques, les juridictions, les autorités de régulation, les entreprises technologiques ainsi que l'ensemble des acteurs de l'écosystème numérique. « Former des juristes du numérique aujourd'hui, c'est préparer les décideurs de demain et renforcer la souveraineté numérique du Mali », a insisté le président de l'APDP.
Le représentant du ministre de l'Enseignement supérieur a, quant à lui, mis l'accent sur l'adéquation entre les formations universitaires et les besoins du marché de l'emploi. Selon le Pr Djibril Sow, le développement de filières innovantes comme le Master en droit numérique répond aux mutations de la société et favorise l'employabilité des jeunes diplômés. Il a assuré que le gouvernement entend poursuivre son accompagnement de toutes les initiatives visant à renforcer les compétences nationales.
Même constat du côté du représentant du ministre de la Communication, de l'Économie numérique et de la Modernisation de l'administration. Mohamed Ag Albachar a estimé que la transformation numérique de l'Afrique ouvre d'importantes perspectives en matière d'innovation, de modernisation de l'administration et d'inclusion économique. Toutefois, cette évolution exige également un environnement de confiance garantissant la protection de la vie privée, la sécurité des données et le respect des droits des citoyens.
Il a salué le rôle joué par l'APDP dans la sensibilisation, la formation et l'accompagnement des acteurs publics et privés, avant de rappeler que les défis liés à l'Intelligence artificielle, à la cybercriminalité, aux plateformes numériques et aux flux transfrontaliers de données rendent indispensable la formation de spécialistes du droit du numérique.
S'adressant aux étudiants de cette deuxième promotion, Mohamed Ag Albachar les a invités à mesurer l'importance de leur future mission. Ils seront appelés à accompagner les grandes mutations technologiques du pays et à contribuer à bâtir un numérique plus sûr, plus responsable et créateur de valeur.
À travers cette double cérémonie, l'APDP confirme sa volonté de faire de la protection des données personnelles un levier de modernisation de l'administration et de consolidation de la souveraineté numérique du Mali. En investissant dans la formation des compétences nationales, l'institution entend préparer le pays aux défis d'un environnement numérique en constante évolution.
Fatoumata KAMISSOKO
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