Phase II du projet SHEP : Pour améliorer les revenus de 2500 producteurs maraîchers

La Direction nationale de l’Agriculture (DNA) a accueilli, hier, la deuxième session du Comité de coordination du Projet pour la promotion de l’agriculture orientée vers le marché (SHEP Phase II). Une rencontre décisive qui a permis aux acteurs de faire le point sur les acquis de la première session, d’évaluer l’état d’avancement des activités et de tracer les perspectives pour accélérer la transformation de l’agriculture familiale au Mali.

Publié vendredi 17 juillet 2026 à 14:35
Phase II du projet SHEP : Pour améliorer les revenus de 2500 producteurs maraîchers

Remise des matériels aux bénéficiaires du projet

 

Présidée par le Directeur national de l’Agriculture, Souleymane Yacouba, en présence de plusieurs responsables des services agricoles régionaux, cette session avait plusieurs objectifs : examiner la mise en œuvre des recommandations formulées lors de la précédente rencontre, analyser le rapport d’activités, valider les programmations budgétaires et dégager de nouvelles orientations pour renforcer l’impact du projet sur le terrain.

Soutenu par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), le projet SHEP ambitionne de changer profondément la manière de pratiquer l’agriculture chez les petits exploitants. Il s’agit de faire évoluer les producteurs d’une agriculture essentiellement tournée vers l’autoconsommation vers une approche plus entrepreneuriale : « cultiver pour vendre». Une philosophie qui place le marché au cœur des décisions agricoles et qui vise particulièrement les filières horticoles. À l’ouverture des travaux, le directeur national de l’Agriculture a rappelé l’importance stratégique de ce cadre de concertation, institué par la Décision n°2025-482 MA-SG du 31 décembre 2025. Cette instance se réunit semestriellement pour assurer le suivi, l’évaluation et la validation des actions du projet. Selon Souleymane Yacouba, la réussite de cette deuxième phase repose avant tout sur le renforcement des capacités des acteurs, notamment les vulgarisateurs agricoles et les producteurs. C’est pourquoi la DNA a engagé plusieurs sessions de formation sur l’approche SHEP, aussi bien au niveau national que régional. Ces formations concernent également les agents des nouvelles zones d’intervention et portent sur les outils modernes de suivi, notamment l’application numérique KoboToolbox.


Au-delà du renforcement des compétences, le projet entend mettre davantage les producteurs au cœur des mécanismes de commercialisation. L’objectif est de favoriser des partenariats durables avec les acteurs du marché, d’améliorer la gestion des données agricoles et de créer les conditions d’une meilleure autonomie économique des exploitants. Pour Abdoulaye Sow, chargé de projets principal de la JICA Sénégal et responsable des projets au Mali, cette deuxième phase marque une étape importante dans l’expansion de l’approche SHEP. «Elle permettra d’étendre l’approche aux régions de Bougouni, Dioïla, Kita, Koutiala et San, tout en renforçant les capacités des acteurs à travers des formations, notamment sur l’utilisation de KoboToolbox», a-t-il expliqué. La JICA a également réaffirmé son engagement à accompagner le Mali dans cette ambition de modernisation agricole.

La phase II du projet SHEP vise à améliorer les revenus de 2500 producteurs maraîchers. Elle prévoit également de consolider les acquis dans les anciennes zones d’intervention, d’intégrer les modules SHEP dans les Centres d’apprentissage agricole et les universités agricoles, mais aussi de renforcer la digitalisation du dispositif.

Les bénéficiaires directs comprennent notamment 20 formateurs des Centres d’apprentissage agricole (CAA) de Samé, Dioro, M’Pèssoba et Samanko, ainsi que 30 cadres et agents des Directions régionales de l’Agriculture des cinq nouvelles régions concernées. Pour accompagner cette montée en puissance, d’importants moyens matériels sont prévus : un véhicule pick-up pour le CAA de Kayes, dix motos destinées aux vulgarisateurs dans les nouvelles zones d’intervention, treize ordinateurs, 75 tablettes pour les agents de terrain et sept bornes Wi-Fi portatives. À travers SHEP Phase II, l’enjeu dépasse donc la simple augmentation de la production. Il s’agit de donner aux petits exploitants les outils nécessaires pour mieux valoriser leurs récoltes, accéder aux marchés et faire de l’agriculture un véritable levier de création de revenus et de développement rural.

Aïchata Sissoko

Rédaction Lessor

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