Une vue de la salle lors de la rencontre
La rencontre a enregistré la présence du directeur national du développement social, Ibrahima Abba Sangaré, et plusieurs acteurs engagés dans la promotion des droits des personnes handicapées. La rencontre s’est tenue sous le thème : «Vers l’institutionnalisation du handicap, les politiques publiques, la gouvernance urbaine et les investissements territoriaux pour un développement inclusif et résilient». Les échanges étaient modérés par le représentant de la Femaph, Modibo Diarra, , celui du représentant de la Feloph, Cheick Oumar Cissé, le représentant du Réseau des jeunes handicapés, Mamadou Thiam, et enfin le représentant du ministère de l’Éducation nationale, Dr Barthélemy Sangala.
L’événement s’inscrit dans le cadre d’un programme pilote mis en œuvre à Mopti sur les villes inclusives et résilientes, au sein du Partenariat pour la résilience au Sahel. Ce programme bénéficie de l’appui de la Coopération allemande GIZ et de l’Unicef.
Pour le directeur national du développement social, la prévention demeure un élément essentiel dans la lutte contre certaines formes de handicap, notamment à travers la vaccination des enfants et le suivi des femmes enceintes. Toutefois, Ibrahima Abba Sangaré estime que le changement doit également être social. «C’est notre comportement qui crée le handicap. Le handicap n’est pas une fatalité», a-t-il affirmé, appelant à dépasser la compassion pour favoriser les droits, l’autonomie et la participation des personnes handicapées à la vie sociale.
Notre pays, dira-t-il, dispose depuis plusieurs décennies d’un dispositif institutionnel dédié. «La Direction nationale du développement social (DNDS), créée en février 2000, comprend notamment une unité chargée du handicap. En 2018, une loi a consacré l’appellation ‘’personnes vivant avec un handicap’’, dans le prolongement de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées en 2006», a-t-il précisé.
Par ailleurs, le directeur national du développement social a rappelé que plusieurs personnes handicapées ont occupé de hautes responsabilités au Mali. Il cite aussi la création en 1962 d’un centre d’éducation pour personnes handicapées physiques par le président Modibo Keïta, dans un contexte de lutte contre la poliomyélite.
Pour sa part, Dr Barthélemy Sangala a souligné trois principes; à savoir la non-discrimination, l’accessibilité et la conception universelle. Il a plaidé également pour la reconnaissance officielle de la langue des signes aux côtés des treize langues nationales du Mali.
Quant au vice-président de la Femaph, il a souligné que l’État accompagne les personnes handicapées depuis les premières années de l’indépendance. Mais l’action publique doit aller de pair avec une évolution des mentalités au sein des familles et des communautés où peut commencer l’exclusion, a-t-il précisé.
Mamadou Thiam plaidera pour que la formation des enseignants à l’accueil des enfants en situation de handicap soit renforcée dès la formation initiale.
Nahawa SANGARE
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