L’Essor: Quel est le nombre des femmes au niveau du CNT ?
Mme Diarra Racky Talla : Le Conseil national de Transition (CNT), conformément aux dispositions de la Charte de la Transition est l'organe législatif de la Transition. à ce titre, ses membres exercent toutes les attributions dévolues à l’Assemblée nationale. En outre, la Charte octroie aux membres du CNT un rôle d’orientation du gouvernement. Le CNT, conformément à la Charte de la Transition, est composé de 147 membres dont 42 femmes.
Actuellement, cet effectif est incomplet pour plusieurs raisons dont notamment des décès. Je voudrais au nom du président du CNT rendre un hommage particulier à tous les membres arrachés à notre affection. Commémoration de la journée internationale de la femme oblige, nos pensées pieuses vont à l’endroit des honorables Nana Aïcha Cissé et Guikiné Hatouma Gakou, toutes deux femmes leaders très engagées appartenant au monde associatif qui n’ont ménagé aucun effort pour la réussite de la Transition.
L’Essor : Y a-t-il des propositions de loi faites par des femmes parlementaires ? Si Oui, quels peuvent être leur impact dans le processus de refondation ?
Mme Diarra Racky Talla : Effectivement, cela relève du travail parlementaire normal. Il n’y a ni discrimination ni restriction en ce qui concerne l’exercice des prérogatives des membres du CNT. Les honorables membres femmes du CNT comme les hommes sont déterminés à accomplir leurs missions avec les mêmes droits. Aussi le CNT a eu à examiner en commission et à délibérer en séance plénière, des propositions de loi et des questions orales émanant d’honorables membres femmes.
En outre, elles ont adressé de nombreuses questions écrites aux membres du gouvernement. Les sujets abordés relevaient de divers domaines dont la santé, la prise en charge des couches vulnérables, la décentralisation, le foncier, l’éducation, la gouvernance, la paix et la cohésion nationale, l’emploi des jeunes, la justice, etc. à l'issue des débats, des recommandations sont formulées et leur exécution fait l’objet de suivi et évaluation par les commissions et le bureau du CNT. Les impacts sont nombreux et se résument à informer correctement les populations sur leurs préoccupations, à la formulation de projets de texte par le gouvernement, à faire prendre les dispositions utiles pour le règlement d’une situation ou la mise en œuvre de décisions ou de projets.
En outre, les honorables membres femmes de par la diversité de leurs attaches professionnelles ou sociales contribuent activement à la mise en œuvre du processus de refondation qui est inclusif et participatif. C’est ainsi que ès qualité, elles ont participé activement à toutes les assises et toutes les activités relatives à la construction de l’édifice national, que ce soit les concertations nationales, les Assises nationales de la refondation, tous les foras relatives aux questions de paix, de réconciliation, de droits humains et de liberté individuelle, de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, de gestion des réfugiés, aux personnes vivant avec un handicap…
Elles ont même parfois dirigé des activités nationales comme les états généraux de la femme, de la famille, contribué à l’élaboration des politiques nationales et à l'examen de projets de loi sensibles au genre telles que la loi électorale, le Code domanial et foncier, le Code minier et la loi relative au contenu local, le Code pénal et le Code de procédure pénale pour la prise en compte des préoccupations et des droits de la femme. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive. Elles participent aux enquêtes parlementaires, aux visites de sites et aux missions parlementaires à l’intérieur et à l’extérieur du Mali.
En outre, les honorables femmes du CNT mènent des activités extra-parlementaires à travers un instrument mis en place dénommé Réseau des femmes parlementaires du Mali (Refep). Ce réseau mène des activités de formation des femmes sur beaucoup de sujets relatifs à la protection et aux droits des femmes.
L’Essor: Quelle appréciation faites-vous de l’application de la loi 052 depuis le début du processus de refondation ?
Mme Diarra Racky Talla : Beaucoup a été fait dans le cadre de l’application de la loi 052 et des efforts continuent d’être faits en ce qui concerne l’esprit et la lettre de ce texte, à savoir les nominations dans l’administration et les élections. Cette loi mérite d’être revue après plus d’une décennie de mise en œuvre pour l’adapter aux différentes évolutions contextuelles mais aussi pour une application plus efficiente.
Je voudrais rendre un hommage particulier au président du CNT qui n’a ménagé aucun effort pour l’application des dispositions de cette loi dans les organes de l’Organe législatif. Aussi, quoique l’on dise, les nombreux efforts du gouvernement ainsi que l’accompagnement en termes de formation accrue des femmes dont les résultats sont appréciables au regard des résultats des nombreux concours organisés, sont à saluer hautement. Cela nous conforte énormément et l’on peut dire que l’espoir est permis à moyen et long terme avec des stratégies mises en place par les plus hautes autorités.
Propos recueillis par
Bembablin DOUMBIA
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