
L’Essor : Nous sommes à Tanger à la 16è édition du forum Medays qui se focalise sur les souverainetés, les résiliences et l’équilibre du monde. Quel est votre point de vue sur cette thématique ?
Martin Ziguélé : Aujourd’hui dans le monde entier, chaque pays tient à réaffirmer sa souveraineté et à résister par rapport aux chocs économiques, politiques, sécuritaires et sociaux, c’est donc une nouvelle donne. L’élection de Donald Trump aux États-Unis est la traduction la plus récente. Il y a donc ce besoin aussi bien de souveraineté que de résilience et de transformation de son destin par soi-même. C’est la première leçon que nous pouvons retenir de la thématique principale de ce forum, c’est d’inviter les pays africains à vraiment passer à l’âge adulte, à se prendre en charge et à se compter d’abord sur soi-même et puis à s’organiser dans une certaine solidarité pour résister à tous les chocs.
L’Essor : Quelle est la place de l’Afrique dans ce débat ? Est-ce que l’Afrique a une voix par rapport à la marche du monde, par rapport à une telle analyse entre résiliences et souverainetés ? Quelle est la part de l’Afrique ?
Martin Ziguélé : L’Afrique, c’est 1,4 milliard d’habitants sur les 8 milliards que nous sommes sur terre. Donc, l’Afrique a sa place dans ce débat. L’Afrique, c’est 40% des ressources naturelles dans le monde. Donc, elle a sa place, que ça soit sur le plan humain, sur le plan économique et sur le plan politique. Mais le problème de l’Afrique, c’est à la fois d’assumer sa souveraineté et de s’organiser dans une solidarité pour défendre ses propres intérêts. Car, l’enjeu mondial devient de plus en plus difficile.
L’Essor : Qu’est-ce qui peut nourrir une telle thématique : souveraineté, résilience et équilibre mondial ? Est-ce la montée du populisme ? Est-ce que ce sont les conflits persistants ?
Martin Ziguélé : Non, ce n’est pas la montée du populisme. C’est une prise de conscience à un certain moment où le développement dans nos pays africains ne se fera pas par d’autres pays extérieurs ou d’autres institutions financières. Cette prise de conscience est, aujourd’hui, réelle surtout du côté de la jeunesse et aussi d’une frange de nos dirigeants.
Chacun comprend que pour qu’il y ait du changement, il faut compter sur soi-même. C’est une très bonne chose que cette thématique soit aujourd’hui au centre de débat pour permettre à chacun de comprendre que nous sommes obligés de revenir à l’adage qui est à la base de toute activité humaine : «il faut d’abord compter sur soi-même».
L’Essor : Est-ce que les conflits persistants sur le continent, les déséquilibres macroéconomiques peuvent permettre à l’Afrique d’apporter sa part dans cet équilibre mondial ?
Martin Ziguélé : Ça fait 65 ans que nous sommes indépendants. Dans les autres continents, en Europe notamment, ils ont connu plusieurs siècles de guerres. Je ne souhaite pas plusieurs siècles de guerres en Afrique mais je pense que nous avons le temps de mieux nous organiser pour faire face aux défis sécuritaires, et surtout collectivement.
L’Essor : L’Afrique est devant le défi de la stabilité politique. Il y a des foyers de tension que ça soit en Afrique centrale, en Afrique de l’Ouest, un peu partout, en tant qu’homme d’État, homme politique, leader, décideur, acteur, comment vous percevez justement l’évolution du continent de par son passé et aujourd’hui pour se projeter dans l’avenir ?
Martin Ziguélé : Oui, je ne suis pas naïf mais je ne suis pas pessimiste. Je sais que l’Afrique affronte des difficultés. Comme je vous ai dit, il faut se regarder mais il faut voir aussi les autres, quelle trajectoire ils ont connue sur le plan de la construction politique, sur le plan de la construction des États. Comme je disais, ils ont eu plusieurs siècles à faire ce travail de construction nationale avec des guerres dévastatrices qu’on appelait des guerres mondiales qui, en fait, étaient des guerres européennes, occidentales. Et tout en souhaitant que l’Afrique n’ait pas à faire ce chemin là. Je disais que nous n’avons que 65 ans d’indépendance et nous devons tirer des leçons de ce qui est arrivé aux autres et mieux nous organiser en étant forts, individuellement et collectivement. C’est la voix de l’unité qui est le salut de l’Afrique.
Propos recueillis par
Alassane Souleymane
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