Mossa Ag Attaher, ministre chargé des Maliens établis à l’extérieur
Le Cadre de concertation avec les Maliens établis à l’extérieur (CCMEX) est constitué de deux organes principaux : un comité de pilotage et un comité technique. Le premier, décisionnel, est présidé par le ministre chargé des Maliens établis à l’Extérieur et comprend le Haut conseil des Maliens établis à l’extérieur (HCME) et des associations des plus représentatives de nos compatriotes établis à l’extérieur. Il se réunit une fois par an en session ordinaire. Il peut également se réunir en cas de besoin en session extraordinaire. Le comité technique quant à lui, est l’organe d’exécution des résolutions et recommandations du comité de pilotage du CCMEX. Il comprend des représentants de certains départements et de certaines organisations spécialisées.
Estimés à plusieurs millions de personnes, nos compatriotes établis à l’extérieur sont organisés en associations pour se porter secours mutuellement et promouvoir la solidarité et l’entraide en leur sein. La pluralité des associations des Maliens établis à l’extérieur et évoluant parfois dans différents domaines constitue un défi quant à leur gestion. Face à cette situation le CCMEX se donne comme missions de mutualiser les moyens dans la gestion des Maliens établis à l’étranger, d’identifier leurs préoccupations majeures et de proposer des solutions communes. Mais aussi de participer à leur dénombrement et d’améliorer leur participation au processus de développement national. Le Cadre entend permettre surtout l’instauration d’un climat de confiance entre les acteurs dans la gouvernance migratoire.
Mamadou Lamine Bane est chargé des affaires sociales et des questions migratoires au secrétariat exécutif du Haut conseil des Maliens établis à l’extérieur (HCME). Il salue la mise en place de ce cadre qui va, selon lui, être un instrument de réflexion et de propositions. Il assure du soutien du HCME pour le bon fonctionnement du CCMEX. À l’entendre, le Cadre analysera les questions migratoires et diagnostiquera les causes profondes des mouvements migratoires, puis proposera des activités préventives contre le phénomène. Il proposera des alternatives à la migration irrégulière, cause de nombreuses pertes de vies humaines, des disparitions et des exactions sur les migrants.
«Ce sont les propositions et les informations mises à la disposition des décideurs qui leur permettront de prendre des décisions idoines en terme de prévention de la migration irrégulière», fait remarquer M. Bane. Et d’ajouter qu’il va aussi valoriser l’apport des Maliens établis à l’extérieur comme les transferts financiers, de compétences, la mise en relation avec les investisseurs, l’orientation des investissements des Maliens de l’extérieur vers le secteur productif. Dans sa lettre de cadrage adressée au gouvernement lors du Conseil des ministres du 27 novembre 2024, le Général d’armée Assimi Goïta, Président de la Transition, à instruit au point N°7 «le renforcement de la protection des Maliens établis à l’extérieur et de créer des conditions favorables à leur pleine implication dans la vie nationale ». Au ministère en charge des Maliens établis à l’Extérieur, cette instruction sert à la fois de boussole et d’objectif prioritaire à atteindre au profit de la diaspora malienne, véritable actrice du développement national.
En effet des estimations du département en charge des Maliens établis à l’Extérieur, il apparait qu’en 2022, les contributions financières de nos compatriotes établis à l’étranger ont dépassé 793 milliards de Fcfa. Ce qui représente une importante manne financière pour les ménages et les projets de développement local, mais aussi un soutien inestimable pour l’économie du pays. Toutes choses qui feront dire le 1er février 2025 au ministre chargé des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, que leurs contributions dépassent largement l’aide publique au développement accordée au Mali.
C’était lors d’une rencontre virtuelle qui a concerné des Maliens vivant dans une quinzaine de pays. Rencontre à l’issue de laquelle de nombreuses propositions et suggestions ont été faites dont la mise en place de ce cadre de concertation avec le gouvernement. Promesse faite et donc tenue. Toute chose qui traduit la volonté des autorités nationales à faire de la diaspora l’un des piliers de notre développement économique, social et culturel. Une diaspora dont le renforcement du rôle est inscrit dans la Constitution du 22 juillet 2023 : «le rôle de la diaspora malienne au sein des instances de décision sera renforcé à travers une représentation élargie au sein de l’Assemblée nationale, du Sénat et du Conseil économique, social, environnemental et culturel». Quoi donc de plus idoine que la création de ce cadre.
Souleymane SIDIBE
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