Le
Consortium collecte les déchets et les mets à la disposition d’une entreprise
pour le recyclage
Cette
année, l’Organisation panafricaine des femmes (l’OPF) a retenu le
thème: «Action des femmes pour un assainissement sûr, des communautés en
paix et de meilleures conditions de vie». Celle de l’Union africaine
s’intitule: «Assurer la disponibilité durable de l’eau et des systèmes
d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’agenda 2063». Quant à
notre pays, il célèbre, aujourd’hui à Koulikoro, l’évènement sous le
thème : «L’accès universel à l’eau et à l’assainissement pour chaque
femme, une priorité pour la vision 2063 du Mali».
En effet,
l’accès à l’assainissement pour les femmes représente un grand défi. Mais,
malgré la situation, certaines ont pu se positionner dans le domaine et luttent
pour maintenir le flambeau allumé. Le sens du devoir les appelle à l’action
contre l’insalubrité qui est l’un de leurs combats quotidiens depuis belle
lurette. Le GIE N’Gnia service environnement opère dans l’assainissement depuis
2010 à Djicoroni Para en Commune IV du District de Bamako. Son promoteur Mme
Kéita Nani dite Bana rappelle comment l’idée de créer son entreprise est
née. «Chaque GIE couvrait un quartier.
Au fur et à mesure que le quartier grandissait, j’ai vu la nécessité de créer
le mien afin de rendre nos quartiers plus propres. J’ai créé mon GIE», se
souvient-elle. Au sein de son équipe, il y a six femmes. En plus du ramassage
des ordures dans les familles, la patronne du GIE N’Gnia service environnement
organise des journées de salubrité. Elle informe et sensibilise la population
de porte en porte sur les méfaits et la bonne gestion des ordures.
Dans cet
élan, des difficultés jalonnent son quotidien. Mme Kéita Nani dite Bana cite la
fermeture des dépôts de transit d’ordures les obligeant à parcourir en
charrette plus de quarante kilomètres. Il faut donc louer un véhicule. La
championne de la préservation de l’environnement déplore également l’absence de
collaboration entre les autorités communales et les GIE ainsi que la
présence dans l’activité de collecte et d’évacuation des ordures des
intervenants de tous les horizons sans véritable encadrement. «C’est
catastrophique», s’insurge-t-elle, avant de dénoncer le refus des banques à
octroyer des prêts au GIE de leur genre pour l’achat d’équipements de transport
des ordures (tracteur, camion). «Malgré cette situation, on se débrouille,
parce que nous faisons partie de la population», assure-t-elle.
MOYENS
LOGISTIQUES LIMITÉS- En Communes V et VI, des associations de femmes, au total
16, regroupées au sein du Consortium siguida yiriwa (Cosy Mali) œuvrent sans
relâche dans la lutte contre l’insalubrité grandissante à Bamako. Créé en 2022,
son engagement lui a permis de décrocher de nombreuses distinctions. Sa
coordonnatrice, Mme Sy Kadiatou Tangara énumère leurs opérations
d’assainissement des rues dans les deux communes d’intervention. Il s’agit
notamment de l’échangeur et du marché de Yirimadio, le rond-point dénommé
«Banankabougou terminus». En outre, le Consortium lutte contre la pollution
plastique, collecte les déchets et les mets à la disposition d’une entreprise
pour le recyclage en tables bancs, dalles et autres matériels utiles. «On a
collecté les déchets plastiques lors de la Journée du 8 mars et dans la zone
aéroportuaire», précise le leader d’association.
Par
ailleurs, Cosy Mali est actif dans les activités de sensibilisation des femmes
sur les dangers d’utilisation des sachets plastiques comme récipients recevant
les condiments, les commerçants sur l’importance d’utiliser les papiers. «Nous
avons confectionné des paniers qu’on a installés dans les écoles et les
mairies», informe la présidente du Consortium. Parlant des défis, Mme Sy
Kadiatou Tangara cite le faible moyen logistique pour accéder à davantage
d’endroits simultanément et constamment pour modifier le comportement de nos
compatriotes. Elle sollicite l’accompagnement des autorités pour mettre
l’application immédiate des sanctions contre l’utilisation, la
commercialisation, la production des sachets plastiques au Mali. Celle qui est
la 2è secrétaire à l’environnement et au changement climatique à la
Coordination des associations et ONG féminines du Mali (Cafo) invite ses
compatriotes à s’impliquer en faveur de l’assainissement surtout les
commerçants qui occupent des magasins au bord des voies bitumées. Selon elle,
la plupart de ceux-ci refusent de s’abonner aux GIE pour le ramassage fréquent
de leurs ordures.
Au niveau
de la Cafo, Mme Sy Kadiatou Tangara informe que des initiatives dans le domaine
de l’assainissement ont vu le jour sous la présidence de Mme Kouyaté Goundo
Sissoko. Parmi lesquelles, le projet «Cafo carré» en français «la rue de la
Cafo». Il a été initié en marge des activités de l’édition 2026 de la Quinzaine
de l’environnement. Le projet consiste à dédier dédiée une rue à la Cafo que
les femmes vont assainir régulièrement. Cependant, faut-il rappeler que des
organisations féminines ont joué un rôle clé dans l’assainissement dans notre
pays. L’une d’elles se nomme la Coopérative des femmes pour l’éducation, la
santé familiale et l’assainissement (Cofesfa), créée le 10 mars 1989 par
16 jeunes Femmes diplômées de l’enseignement supérieur.
VILLE
VILLAGE- Selon sa présidente Mme Konaté Aminata Diarra, la Cofesfa est la toute
première structure féminine qui a opéré depuis 1990 dans le domaine
de l’assainissement au Mali. La présidente de la Cofesfa appelle à la
mobilisation des femmes et des jeunes qui, selon elle, demeurent les véritables
forces actives de changements. «Ils assument plus de responsabilités dans le
respect des normes d’hygiène au sein des ménages qui sont les plus grands
producteurs des déchets solides et liquides. «Nous devons nous adapter aux
bonnes règles de gestion de ces déchets et faire en sorte que nos villes ne
soient des villes villages», conseille Mme Konaté Aminata Diarra.
Rappelons
que la célébration de la journée panafricaine se tient chaque année en
reconnaissance de la contribution remarquable des femmes à la lutte de
libération de l’Afrique et de leurs rôles dans la promotion des droits des
femmes ainsi que dans le développement économique, social et politique du
continent. Elle est une initiative de l’OPF créée au congrès de Dakar en 1974.
Auparavant, elle s’appelait «La Conférence des femmes africaines» qui fut la
première organisation féminine continentale qui a vu le jour le 31 juillet 1962
à Dar–Es Salam, au Tanganyika, (actuel Tanzanie).
Mohamed DIAWARA & Amsatou Oumou TRAORE
Mohamed DIAWARA
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