Nos sources rapportent que le jour des faits, comme dans ses habitudes, le petit avait quitté le domicile familial, sis à Missala, pour se rendre dans son établissement scolaire à l’autre bout du même quartier. Ce jour-là, il se doutait de tout sauf que, quelques heures plus tard, il aurait affaire à des kidnappeurs. «Le malheur survient très souvent à un moment où on s’y attend le moins», dit-on.
Ainsi, ce jour-là, lorsqu’il a pris la route de l’école, tout se déroule normalement sans inquiétude. Mais à un moment donné, une Sotrama s’immobilisa non loin de lui. De ce véhicule de transport en commun, surgirent trois individus de sexe masculin. Ils abordèrent le garçon à qui ils donnèrent l’impression de s’être perdus de leur destination finale. Sans y voir de problème, F.S qui n’a rien vu de mal en cela, leur indiqua de bonne foi le chemin à prendre pour arriver à leur destination.
Le début d’un calvaire- Comme ces inconnus avaient autre chose en tête, ils ont feint l’ignorance. Ils demandèrent au garçon qu’ils préfèrent qu’il monte dans leur minibus pour qu’ils fassent chemin ensemble. Dans un premier temps, le garçon se fit méfiant de monter dans le véhicule de ces individus qu’il venait de rencontrer juste au bord de la route. Mais ses futurs ravisseurs insistent. Le garçon qui avait tenté de résister a fini par céder. Puis les heures qui ont suivi furent indescriptibles pour lui, car c’était le début du calvaire pour lui.
Le jeune homme était très rassuré car il pouvait imaginer tout sauf qu’il allait être victime d’un mauvais plan en plein jour dans le quartier où il réside depuis des années avec ses parents. D’un pas hésitant, il s’approcha du véhicule puis tout d’un coup, il perdit connaissance. Ses ravisseurs l’avaient fait inhaler une substance gazeuse. Il était désormais entre les mains de ses ravisseurs qui pouvaient faire de lui ce qu’ils voulaient.
C’est ainsi qu’à son réveil, le pauvre F.S. s’est retrouvé allongé sur un sol très humide dans la pénombre d’un endroit qui ressemble à l’intérieur d’une grotte. Lorsqu’il a entièrement retrouvé ses esprits, il a fait un constat qui le fit sursauter. Trois autres jeunes garçons, quasiment de même âge que lui, étaient assis sur le sol humide, les poignets liés. « J’ai cru que j’allais mourir ce jour-là », confia-t-il, à nos sources.
Complètement esseulé dans un coin de cette grotte, le petit n’avait pas le moindre contact direct avec ses ravisseurs. Ces derniers se manifestaient à lui juste par la lumière d’une lampe-torche.
Les choses sont allées ainsi jusqu’à la tombée de la nuit où la situation a basculé dans le bon sens pour lui. Un calme de cimetière commençait à régner sur les lieux. Les bruits de pas se faisaient rares. C’était une aubaine pour le jeune otage. Celui-ci tentera sa chance. Il profita de ce moment d’accalmie pour mettre toutes ses forces à contribution, et se libérer de la corde avec laquelle ses ravisseurs avaient solidement ligoté ses deux poignets.
Sur place, il murit un plan. Il se mit à plat ventre pour ramper comme un serpent. Il tomba par hasard sur ce qui ressemble à une porte de sortie. Elle était presque couverte par des branchages de feuilles d’arbre à travers lesquels il pouvait entrevoir une faible lumière. C’était une chance inouïe pour lui. Sans se poser de questions, il en sortit pour prendre ses deux pieds au cou et s’enfuir dans le noir. Pieds nus, le garçonnet a couru sans savoir vraiment quelle direction il prenait. Aidé uniquement par son instinct de survie, il courut plusieurs dizaines de mètres avant de tomber par hasard sur le domicile d’un couple qui l’a accueilli d’abord avant de chercher à comprendre ce qui n’allait pas chez lui.
Expérience traumatisante- Vu l’état physique dans lequel le désormais jeune ex-otage se trouvait, ses hôtes ont immédiatement compris que quelque chose n’allait pas chez ce visiteur intrus. Monsieur et madame tentèrent de le calmer et l’aidèrent à retrouver ses esprits.
Après des échanges entre eux, le couple entra en contacte avec ses parents. Pendant ce temps, ces derniers se démenaient partout, et rémuaient ciel et terre pour avoir de ses nouvelles, sans succès. Connaissant l’emploi de temps de leur fils, ils savaient qu’il était très en retard, et s’inquiétaient.
Entre temps, le petit avait retrouvé ses esprits. D’une voix tremblante, il appela son père : « Papa, viens me chercher », lâche-t-il au téléphone, la gorge nouée. Dans la foulée, c’est toute la famille qui se mobilisa pour le secourir et le sortir du pétrin.
Visiblement traumatisé par cette expérience, l’ex-otage n’a pu donner avec précision la moindre information sur ses ravisseurs, encore moins sur le lieu où ces derniers l’avaient gardé durant plusieurs heures. Tout ce qu’il a pu expliquer, c’est qu’ils l’avaient séquestré dans une grotte dans les environs de Kalaban-Coro.
La suite des faits ne dit pas si les parents du jeune otage ont alerté la police pour voir clair dans cette histoire. Et jusqu’à ce jour, les faits sont restés comme tels. Quant aux ravisseurs du jeune homme, nul ne connaît leur motivation. Leur jeune victime se remet doucement du traumatisme qu’ils lui ont causé après des heures de captivité.
Mahawa DEMBÉLÉ
Le Service régional de la Police judiciaire (SRPJ) du djôrô, avec le concours de la Division des investigations criminelles (DIC) de la Direction de la police judiciaire (DPJ), le commissariat central de Police (CCP) de la ville de Bogandé et la Direction du matériel et du budget (DMB) de la di.
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