Communication gouvernementale : Les charges de communication des ministères se consultent

Initiée par le Cigma, cette rencontre avait pour objectif d’harmoniser le discours public, de renforcer la crédibilité de la parole de l’État et de faire face aux offensives médiatiques visant le Mali

Publié lundi 10 novembre 2025 à 07:45
Communication gouvernementale : Les charges de communication des ministères se consultent

Le ministre Alhamdou Ag Ilyène et le directeur du Cigma, Ibrahima Traoré (d), initiateur de la rencontre

 

Dans un monde où les conflits ne se limitent plus aux champs de bataille, mais se jouent aussi sur les réseaux sociaux et dans les médias, la maîtrise du récit national devient un enjeu de souveraineté. C’est fort de cette conviction que le ministre chargé de la Communication, Alhamdou Ag Ilyène, a présidé, vendredi dernier au Mémorial Modibo Keïta, la réunion des chargés de communication des départements ministériels. C’était en présence du coordonnateur de la cellule de communication de la Présidence, le Colonel Baba Cissé, du directeur du Centre d’information gouvernementale du Mali (Cigma), Ibrahima Traoré, du directeur général de l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap), Alassane Souleymane, ainsi que de plusieurs autres responsables de la communication publique.

Initiée par le Cigma, cette rencontre, la deuxième du genre, avait pour objectif d’harmoniser le discours public, de renforcer la crédibilité de la parole de l’État et de faire face aux offensives médiatiques visant le Mali.

Dans son intervention, le ministre chargé de la communication a souligné que la communication gouvernementale devait désormais s’articuler autour de quatre axes essentiels. «L’unicité du message gouvernemental, la réactivité et l’anticipation, la valorisation des actions du gouvernement, ainsi que la professionnalisation et la discipline», a déclaré Alhamdou Ag Ilyène. Selon lui, le monde est aujourd’hui engagé dans une véritable «guerre communicationnelle», parallèle aux combats armés. Il a souligné que cette bataille se joue désormais sur les réseaux sociaux et dans les médias, où chaque camp cherche à imposer son récit afin d’influencer l’opinion publique nationale et internationale. «Aujourd’hui, les attaques ne sont pas que militaires, elles sont médiatiques, numériques et psychologiques», a-t-il déclaré. Face à cette situation, le ministre Ag Ilyène a insisté sur la nécessité pour le Mali de parler d’une seule voix.

Il estime que la communication gouvernementale doit être claire, disciplinée et cohérente. «Notre première ligne de défense est la parole de l’État, une parole claire, crédible et unifiée», a-t-il martelé. Et d’exhorter les participants à harmoniser leurs messages et à renforcer la coordination entre les différentes structures de communication publique. Alhamdou Ag Ilyène a, par ailleurs, encouragé les communicants à adopter une approche plus stratégique, fondée sur la vérité et la souveraineté nationale. Il a indiqué que la communication d’État doit désormais être plus réactive, plus professionnelle et plus souveraine, afin de contrer le «narratif hostile» et de promouvoir «le récit du Mali», un récit fondé sur la dignité et la souveraineté.

Prenant la parole à la suite du ministre, le coordonnateur de la cellule de communication de la Présidence a salué cette initiative du Cigma. «La bonne coordination doit être le levier de la communication de crise», a affirmé le Colonel Baba Cissé, estimant que cette rencontre témoigne de la volonté du ministre chargé de la Communication de prendre à bras-le-corps les défis du moment. Il a exhorté les chargés de communication à ne pas se limiter à l’exécution des instructions, mais à être une force de proposition. Il a par ailleurs souligné que la guerre de l’information est désormais aussi redoutable que la guerre militaire. «L’information est devenue une arme qui fait parfois plus de dégâts que les armes à feu, car elle est dirigée contre les esprits», a-t-il prévenu, appelant à plus de vigilance, de rigueur et de prudence dans la diffusion de l’information.

Pour sa part, le directeur du Cigma a rappelé que les communicants publics sont en mission pour relever un défi communicationnel dans un contexte assez particulier. «Nous sommes un pays en guerre, agressé de toutes parts. Chacun de nous doit se demander : quelle est ma mission face à cette situation ?», a lancé Ibrahima Traoré, avant d’inviter les participants à travailler en équipe, à innover et à renforcer la qualité professionnelle de leurs productions. «Tant qu’on évolue en solo, nous ne serons jamais efficaces. Valorisons nos sources d’information et coordonnons davantage nos actions», a-t-il insisté.

De son côté, le directeur général de l’Amap a mis l’accent sur la nécessité de fournir une information saine et factuelle. Alassane Souleymane a rappelé que sa structure est disposée à accompagner tous les départements ministériels dans la valorisation de leurs actions, tout en déplorant que certains ministères oublient encore de collaborer avec l’Agence.

Le directeur général de l’ORTM, Hassane Baba Diombélé a insisté sur l’unité du message gouvernemental et la nécessité de changer de paradigme dans la communication institutionnelle. «Chacun veut mettre en lumière son département, mais il ne faut pas oublier l’ensemble. Quand on s’occupe de l’ensemble, les détails viennent d’eux-mêmes», a-t-il affirmé. Il a proposé la création d’une charte des chargés de communication et d’une structure dédiée à la guerre informationnelle.

La réunion a permis aux participants de formuler plusieurs recommandations, notamment la mise en place d’un mécanisme de communication continue, le renforcement des capacités des agents, ainsi que l’élaboration d’un plan de communication de crise. Les chargés de communication ont également plaidé pour une meilleure coordination de la communication et une plus grande transparence dans la diffusion des informations officielles. 

Amadou GUEGUERE

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