Alousséni Sanou, ministre de l’économie et des Finances
Les chiffres donnent le ton. Au 30 juin 2026, les recettes du budget général de l’État se sont établies à 1814,240 milliards de Fcfa, soit un taux de réalisation de 61,82 % des prévisions annuelles fixées à 2934,832 milliards de Fcfa. En comparaison, à la même période en 2025, les recettes n’avaient atteint que 1096,568 milliards de Fcfa. La progression est donc spectaculaire : 717,672 milliards de Fcfa supplémentaires mobilisés en une année.
Cette embellie traduit d’abord la montée en puissance des administrations chargées du recouvrement. Les services d’assiette et de recouvrement ont généré 1710,683 milliards de Fcfa, représentant l’essentiel des ressources mobilisées.
La Direction générale des Impôts (DGI) reste le principal contributeur avec 844,017 milliards de Fcfa recouvrés, suivie par la Direction générale des Douanes (DGD) qui affiche 533,634 milliards de Fcfa. La Direction générale des Domaines et du Cadastre (DGDC) se distingue également avec un dépassement de ses objectifs : 334,740 milliards de Fcfa collectés, soit un taux de réalisation de 123,98 %.
Au-delà des recettes fiscales classiques, l’apport du Fonds de soutien constitue un autre facteur important dans l’équilibre budgétaire. Sur une prévision de 100 milliards de Fcfa, ce mécanisme a permis de mobiliser 88,928 milliards de Fcfa, soit près de 89 % de réalisation à mi-parcours.
Cette amélioration des recettes intervient dans un contexte où les dépenses publiques demeurent importantes. Au 30 juin 2026, les dépenses exécutées se chiffrent à 1507,502 milliards de Fcfa, contre 1330,317 milliards de Fcfa à la même période en 2025.
UNE CAPACITE DE FINANCEMENT RENFORCEE-Les charges ordinaires absorbent une part importante des ressources publiques. Elles concernent notamment les dépenses de personnel (1133,503 milliards de Fcfa), la charge financière de la dette (245,852 milliards de Fcfa), les biens et services ainsi que les transferts et subventions.
L’investissement public reste également au cœur des priorités de l’État. Les dépenses en capital affichent des crédits en cours de 950,594 milliards de Fcfa, traduisant la volonté de maintenir les grands projets de développement malgré les contraintes financières.
Un équilibre budgétaire retrouvé ? La principale information du rapport réside dans l’évolution du solde budgétaire. Alors que la Loi de finances initiale prévoyait un déficit de 520,425 milliards de Fcfa, la situation au 30 juin fait apparaître un solde positif de 306,738 milliards de Fcfa, Fonds de soutien inclus.
Même sans prendre en compte ce Fonds, le budget général affiche un excédent de 256,315 milliards de Fcfa. Cette évolution traduit une amélioration significative de la gestion budgétaire. Elle témoigne des efforts de mobilisation des ressources internes et d’une meilleure efficacité dans le recouvrement des recettes publiques.
Pour autant, cette embellie ne doit pas masquer les défis à venir. La deuxième moitié de l’année sera déterminante pour confirmer cette tendance, notamment face aux besoins croissants en matière d’infrastructures, de services sociaux et de soutien à l’économie.
Au-delà des chiffres, l’enjeu est désormais de transformer cette performance financière en résultats concrets pour les populations. Car une meilleure mobilisation des recettes n’a de véritable impact que si elle se traduit par davantage d’investissements productifs, d’emplois et d’amélioration des conditions de vie.
Le budget 2026 semble donc avoir retrouvé des marges de manœuvre. Reste à consolider cette dynamique pour faire de la performance des recettes un véritable levier de souveraineté économique.
Mariam A. TRAORÉ
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