Budget 2026 : Consolider la dynamique des recettes

À mi-parcours de l’exercice budgétaire 2026, les finances publiques affichent une embellie encourageante. Malgré un contexte économique exigeant, l’État a réussi à mobiliser plus de 1814 milliards de Fcfa de recettes au 30 juin, dépassant la moitié de ses objectifs annuels. Une performance portée par les régies financières, qui confirme les efforts engagés pour renforcer la souveraineté budgétaire

Publié lundi 24 août 2026 à 08:09
Budget 2026 : Consolider la dynamique des recettes
À mi-parcours de l’exercice budgétaire 2026, les finances publiques affichent une embellie encourageante. Malgré un contexte économique exigeant, l’État a réuss

Alousséni Sanou, ministre de l’économie et des Finances

 

Les chiffres donnent le ton. Au 30 juin 2026, les recettes du budget général de l’État se sont établies à 1814,240 milliards de Fcfa, soit un taux de réalisation de 61,82 % des prévisions annuelles fixées à 2934,832 milliards de Fcfa. En comparaison, à la même période en 2025, les recettes n’avaient atteint que 1096,568 milliards de Fcfa. La progression est donc spectaculaire : 717,672 milliards de Fcfa supplémentaires mobilisés en une année.

Cette embellie traduit d’abord la montée en puissance des administrations chargées du recouvrement. Les services d’assiette et de recouvrement ont généré 1710,683 milliards de Fcfa, représentant l’essentiel des ressources mobilisées.

La Direction générale des Impôts (DGI) reste le principal contributeur avec 844,017 milliards de Fcfa recouvrés, suivie par la Direction générale des Douanes (DGD) qui affiche 533,634 milliards de Fcfa. La Direction générale des Domaines et du Cadastre (DGDC) se distingue également avec un dépassement de ses objectifs : 334,740 milliards de Fcfa collectés, soit un taux de réalisation de 123,98 %.

Au-delà des recettes fiscales classiques, l’apport du Fonds de soutien constitue un autre facteur important dans l’équilibre budgétaire. Sur une prévision de 100 milliards de Fcfa, ce mécanisme a permis de mobiliser 88,928 milliards de Fcfa, soit près de 89 % de réalisation à mi-parcours.

 Cette amélioration des recettes intervient dans un contexte où les dépenses publiques demeurent importantes. Au 30 juin 2026, les dépenses exécutées se chiffrent à 1507,502 milliards de Fcfa, contre 1330,317 milliards de Fcfa à la même période en 2025.

 

UNE CAPACITE DE FINANCEMENT RENFORCEE-Les charges ordinaires absorbent une part importante des ressources publiques. Elles concernent notamment les dépenses de personnel (1133,503 milliards de Fcfa), la charge financière de la dette (245,852 milliards de Fcfa), les biens et services ainsi que les transferts et subventions.

L’investissement public reste également au cœur des priorités de l’État. Les dépenses en capital affichent des crédits en cours de 950,594 milliards de Fcfa, traduisant la volonté de maintenir les grands projets de développement malgré les contraintes financières.

Un équilibre budgétaire retrouvé ? La principale information du rapport réside dans l’évolution du solde budgétaire. Alors que la Loi de finances initiale prévoyait un déficit de 520,425 milliards de Fcfa, la situation au 30 juin fait apparaître un solde positif de 306,738 milliards de Fcfa, Fonds de soutien inclus.

Même sans prendre en compte ce Fonds, le budget général affiche un excédent de 256,315 milliards de Fcfa. Cette évolution traduit une amélioration significative de la gestion budgétaire. Elle témoigne des efforts de mobilisation des ressources internes et d’une meilleure efficacité dans le recouvrement des recettes publiques.

Pour autant, cette embellie ne doit pas masquer les défis à venir. La deuxième moitié de l’année sera déterminante pour confirmer cette tendance, notamment face aux besoins croissants en matière d’infrastructures, de services sociaux et de soutien à l’économie.

Au-delà des chiffres, l’enjeu est désormais de transformer cette performance financière en résultats concrets pour les populations. Car une meilleure mobilisation des recettes n’a de véritable impact que si elle se traduit par davantage d’investissements productifs, d’emplois et d’amélioration des conditions de vie.

Le budget 2026 semble donc avoir retrouvé des marges de manœuvre. Reste à consolider cette dynamique pour faire de la performance des recettes un véritable levier de souveraineté économique.

Mariam A. TRAORÉ

Lire aussi : Bamako : Le Président de la Transition renforce l’autonomie énergétique de trois centres de santé communautaire

Cette opération d’installation concerne une cinquantaine de positions solaires composées de panneaux, de batteries, d’onduleurs et accessoires. Elle vient compléter la série d’installations déjà effectuée dans les grands centres hospitaliers de Bamako et des capitales régionales.

Lire aussi : Poisson : Le Goût ne se discute pas

Avec une production de 122.671 tonnes de poissons enregistrée au titre de la campagne 2025 et près de 900.000 hectares de sites aménageables pour la pisciculture, le Mali dispose d’atouts importants pour renforcer sa production de poissons d’eau douce.

Lire aussi : Hydrocarbures : La dynamique d’approvisionnement se renforce

Entre les 58,589 millions de litres acheminés en une semaine et l’arrivée de 1107 camions-citernes à Bamako, le Mali consolide progressivement son approvisionnement en carburant, grâce à la mobilisation des acteurs nationaux.

Lire aussi : Bamako: Un convoi record de 1107 camions-citernes arrive pour renforcer les stocks de carburant

Un convoi de 1 107 camions-citernes est arrivé ce lundi 26 octobre 2026, vers 8 heures dans les parcs de stationnement de Bamako après avoir traversé la nuit sous l'escorte des Forces Armées Maliennes (FAMa)..

Lire aussi : Assainissement du secteur minier : Le gouvernement serre la vis

Annulation de permis inactifs, renforcement des contrôles et lutte contre l’orpaillage clandestin : le gouvernement entend imposer le respect des règles et faire profiter davantage les Maliens de leurs ressources minières.

Lire aussi : Modification de la loi de finances 2026 : Le CNT donne son quitus

Les membres du Conseil national de Transition (CNT) ont approuvé, ce jeudi 22 octobre 2026 au Centre international de conférences de Bamako, le projet de loi relatif à la modification de la loi de finances pour l’exercice 2026. Les travaux de la plénière étaient présidés par le président .

Les articles de l'auteur

Accidents de la circulation à Bamako : Moins de morts, mais toujours autant de dangers

Accidents de la circulation à Bamako : Moins de morts, mais toujours autant de dangers

À Bamako, traverser un carrefour, circuler à moto ou simplement rejoindre son lieu de travail reste un exercice à risque. En 2025, la capitale a enregistré 2 863 accidents corporels de la circulation, selon le bilan établi par la Mairie du District. Si ces accidents ont légèrement augmenté par rapport à 2024, le nombre de décès a reculé de 148 à 118, soit un recul de 20,27 %..

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié lundi 02 novembre 2026 à 08:55

Poisson : Le Goût ne se discute pas

Poisson : Le Goût ne se discute pas

Avec une production de 122.671 tonnes de poissons enregistrée au titre de la campagne 2025 et près de 900.000 hectares de sites aménageables pour la pisciculture, le Mali dispose d’atouts importants pour renforcer sa production de poissons d’eau douce.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié jeudi 29 octobre 2026 à 08:56

Hydrocarbures : La dynamique d’approvisionnement se renforce

Hydrocarbures : La dynamique d’approvisionnement se renforce

Entre les 58,589 millions de litres acheminés en une semaine et l’arrivée de 1107 camions-citernes à Bamako, le Mali consolide progressivement son approvisionnement en carburant, grâce à la mobilisation des acteurs nationaux.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié mercredi 28 octobre 2026 à 11:42

Assainissement du secteur minier : Le gouvernement serre la vis

Assainissement du secteur minier : Le gouvernement serre la vis

Annulation de permis inactifs, renforcement des contrôles et lutte contre l’orpaillage clandestin : le gouvernement entend imposer le respect des règles et faire profiter davantage les Maliens de leurs ressources minières.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié vendredi 23 octobre 2026 à 09:22

Financement de l’économie : Les ressorts d’une nouvelle dynamique

Financement de l’économie : Les ressorts d’une nouvelle dynamique

Du crédit bancaire au marché financier régional, la BCEAO diversifie les mécanismes de mobilisation des ressources. Pour le Mali, l’enjeu est de transformer ces possibilités en investissements productifs, en entreprises plus solides et en emplois durables.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié mercredi 21 octobre 2026 à 08:48

Baisse des prix de la viande : Un ouf de soulagement pour les ménages

Baisse des prix de la viande : Un ouf de soulagement pour les ménages

Selon le nouveau barème communiqué par l’Association des bouchers du Mali, le kilogramme de viande de mouton passe de 5.000 à 4.500 Fcfa, soit une diminution de 500 Fcfa. Celui du bœuf sans os est vendu à 3.750 Fcfa contre 4.000 Fcfa auparavant. La viande de bœuf avec os passe de 3.500 à 3.250 Fcfa le kilogramme.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié mercredi 21 octobre 2026 à 08:29

Journée du géologue et du minier : Focus  sur la souveraineté minérale du Mali

Journée du géologue et du minier : Focus sur la souveraineté minérale du Mali

La 7ᵉ édition de la Journée du Géologue et du Minier, célébrée le 17 octobre 2026 au Mémorial Modibo-Keïta, a mis en lumière le rôle des compétences nationales dans la maîtrise des ressources minérales et le développement économique du Mali.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié lundi 19 octobre 2026 à 12:27

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner