Les producteurs exhortent l’état à accélérer l’acheminement des engrais
« Comparativement à l’année dernière, la saison 2026 ne rassure pas pour l’instant », confie Abdoulaye Diaby, paysan à Bafoulabé. Aujourd’hui, 60 % des exploitants s’inquiètent de la rareté des pluies. « J’ai cultivé 3 hectares d’arachide et un demi-hectare de mil dès les premières pluies en fin juin. C’est le mil qui m’inquiète le plus : la pluie s’est arrêtée en pleine levée des plants. J’ai dû ressemer, et malheureusement j’ai été confronté à une autre séquence sèche. »
Face à ce déficit qu’il attribue au changement climatique, Diaby demande l’implication des autorités pour encourager le reboisement et lutter contre la coupe abusive du bois. Malgré l’utilisation d’engrais organiques, il exhorte également l’État à accélérer l’acheminement des engrais subventionnés.
Adama Touré qui a semé du mil cette année garde confiance en l’avenir, mais reste prudent face aux risques possibles. « J’étais producteur de maïs. Suite au retard dans l’acheminement des engrais, je ne parvenais pas à faire un bon rendement. Cette année, j’ai essayé le mil, compte tenu de la situation actuelle pour pouvoir stocker quelque chose dans le grenier, afin de nourrir la famille ». Malgré ses inquiétudes, le producteur garde espoir en Dieu et implore la clémence du ciel.
Sanga Sissoko, producteur de riz à Kamankolé, assure que cette campagne ne le rassure point. Selon lui, pour parler d’une bonne campagne en riz, il faut être sûr des quantités d’eau puis procéder à la fertilisation en engrais minéraux. Cette année, nous ne connaissons pas la situation de l’engrais subventionné à fortiori espérer l’avoir. En plus, nos champs de riz sont asséchés. C’est pourquoi, certains ont préféré adopter d’autres spéculations telles que le niébé pour pouvoir faire une bonne récolte.
« Cette année, la pluviométrie a favorisé la prolifération des herbes au détriment de l’humidité du sol, entraînant des retards de labour », déplore Mamadou Sissoko, président de la Chambre d’agriculture du Cercle de Bafoulabé. Privés de matériels adéquats (charrues, tracteurs), de nombreux paysans ont dû patienter. Cette situation s’ajoute à un déficit pluviométrique qui a compromis les semailles et les jeunes plants, tandis que les engrais subventionnés pour le maïs et le riz se font toujours attendre. Pour espérer faire de bonnes récoltes, Sissoko plaide pour la professionnalisation du secteur et la formation des producteurs à l’engrais organique, estimant qu’il est possible de s’affranchir des produits chimiques.
La campagne agricole 2026-2027 est relativement calme dans l’ensemble des sous-secteurs de l’agriculture du Cercle de Bafoulabé », a déclaré Abdoulaye Diarra, chef secteur de l’agriculture. Les cultures se trouvent aux stades de la levée, de la montaison, de la ramification et du tallage.
La sécurité alimentaire fait face à plusieurs menaces : la mauvaise répartition temporelle et spatiale des pluies, le retard des semis et la perturbation du calendrier agricole due à l’irrégularité pluviométrique. Le cumul des pluies s’établit à 452,8 mm en 39 jours, contre 583,6 mm en 49 jours l’année précédente. Face à ces aléas, le chef de secteur recommande l’usage de semences améliorées et le respect d’un calendrier adapté au changement climatique.
Espérant sur une bonne campagne, les producteurs du Cercle de Bafoulabé appellent les autorités à prendre les dispositions nécessaires pour l’acheminement rapide des engrais subventionnés et de s’investir pour la professionnalisation du secteur.
Boubacar MACALOU Amap-Bafoulabé
Rédaction Lessor
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