Le ministre Abdoulaye Diop recevant la délégation de l’AES
Les travaux de la 81è session ordinaire de l'Assemblée générale des Nations unies, qui ont démarré le lundi dernier à New York aux états-Unis, se poursuivent jusqu'à mercredi prochain. Les Chefs d’État et de gouvernement et autres représentants officiels délivrent leurs messages selon un agenda millimétré et plusieurs conférences, panels, entretiens bilatéraux se tiennent en marge des travaux. Le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, a précisé que lui et sa collègue de la Santé et du Développement social, le médecin Colonel major Assan Badiallo Touré, sont présents à New York au nom du Président de la Transition, le Général d'armée Assimi Goïta, qui leur a fait l'honneur de les désigner pour conduire la délégation du Mali à cette session de l'Assemblée générale des Nations unies.
Dans ce contexte, l'agenda des rencontres du ministre Abdoulaye Diop n'a pas échappé à l'intensité des activités. Il est très chargé et pour cause. Il a eu un entretien particulier avec le président de l’Assemblée générale des Nations unies, le Bengladais, Khalilur Rahman à qui il a transmis les félicitations et les salutations cordiales du Président de la Transition pour son élection à la tête de l’instance mondiale. Les échos de la Confédération des États du Sahel continuent de résonner dans les arènes des instances internationales. Et apparemment, cet attrait semble faire des émules. Durant toute la durée de la tenue de la 81è session ordinaire de l'Assemblée générale des Nations unies, le chef de la diplomatie malienne a plusieurs audiences inscrites dans son agenda. Ainsi depuis son arrivée, il a reçu en audience d'abord ses homologues de l'Alliance des États du Sahel (AES), Karamoko Jean Marie Traoré du Burkina Faso et Bakary Yaou Sangaré du Niger, avec lesquels il a eu un entretien à huis clos pour coordonner leurs interventions en vue de parler d'une seule voix concernant les intérêts de la Confédération des États du Sahel dans le concert des nations.
De ce fait, le ministre burkinabé chargé des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, est porteur du discours du président en exercice de la Confédération des États du Sahel, le Président du Burkina Faso, le Capitane Ibrahim Traoré. « Nous nous sommes mis d'accord sur la stratégie pour conduire nos activités ici et atteindre les objectifs, et parler d'une seule voix », a ajouté le ministre Diop. Il faut souligner une activité majeure qui n'est pas passée inaperçue dans le tumulte des allers et venues du temple des Nations unies, à savoir que le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l'Union africaine (UA) a rencontré les trois chefs de la diplomatie des États de l'AES. Rien n’a filtré de leur entrevue.
CONVENTION SUR LES ENFANTS SOLDATS- Toutefois, précisant l’objet de sa présence à New York, le ministre Abdoulaye Diop a rappelé que « nous sommes ici, pour prendre part à beaucoup d'activités qui sont en cours. Il y a beaucoup de rencontres bilatérales. Nous avons eu des échanges avec beaucoup de nos homologues de la région, notamment ceux du Nigeria (Mme Bianca Odumegwu-Ojukwu) et du Ghana (Samuel Okudzeto Oblakwa), mais aussi d'autres parties du monde (Qatar), comme des pays européens ». L’agenda des rencontres s’est poursuivi par les échanges lundi dernier avec les ministres allemand, suisse et italien des Affaires étrangères. Et mercredi dernier les audiences ont continué avec d'autres responsables de l'Union européenne; notamment Mme Kirsty Mc Neill, Secrétaire d'État chargé du Développement international et de l'Afrique du Royaume-Uni, Mme Birgitte Markussen, représentante spéciale de l'UE pour le Sahel et enfin Carl Skau, directeur exécutif par intérim du Programme alimentaire mondial.
Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères du Congo, Constant Serge Bounda, celui du Royaume du Maroc Nasser Bourita faisaient partie de l'agenda très chargé du ministre Diop. À la Mission permanente du royaume chérifien à New York, le chef de la diplomatie malienne a apposé sa signature sur le document de la Convention africaine sur le Désarmement, la démobilisation et la réinsertion des enfants soldats en présence de ses homologues de l’Alliance du Sahel et d’autres pays africains. Avec cette Convention, le Maroc veut être le porteur du dossier au nom de tout le continent africain pour mettre fin au recrutement des enfants soldats dans les conflits armés qui se déroulent sur le continent. La ministre de la République démocratique du Congo a eu l’insigne honneur d’apposer la première sa signature suivie de près d’une dizaine de ministres des Affaires étrangères d’autres pays africains.
Avec le ministre des Affaires étrangères d'Azerbadjan, Jeyhun Bayramov, Abdoulaye Diop a apposé sa signature sur le Mémorandum d'entente entre nos deux pays avant d'avoir une audience avec son homologue. Le présent Mémorandum d’entente a pour objet d’établir un mécanisme de consultations entre les parties en vue d’un échange périodique et régulier de vues sur les relations bilatérales et les questions internationales d’intérêt commun. Les consultations sur les relations bilatérales porteront sur l’ensemble des domaines, notamment la coopération politique, économique, commerciale et culturelle.
L’AES AU CŒUR DE L’ATTENTION-Ici à New York, a souligné le ministre Abdoulaye Diop, qu’« un des points majeurs à retenir, est l'organisation ce vendredi 25 septembre, d'un événement parallèle organisé par l'AES, dédié à l'examen de la situation sécuritaire et des questions de développement au sein de la Confédération des États du Sahel, et nous espérons la participation de beaucoup de pays pour avoir un dialogue sur cette situation. Et encore une fois, l'objectif étant d'avoir notre propre narratif et de pouvoir expliquer la vision de nos autorités, nos préoccupations spécifiques, et aussi le développement en cours, et surtout les réponses que nos forces de défense et de sécurité, et aussi nos populations, apportent à cette évolution-là ».
Et l'autre événement majeur, a ajouté le ministre Diop, sera certainement les interventions des trois chefs de délégation de la Confédération des États du Sahel, avec la délégation du Niger, dirigée par son Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, la délégation du Burkina, dirigée par le ministre des Affaires étrangères, qui délivrera un discours au nom de la Confédération des États du Sahel. Nous-mêmes, nous allons intervenir dans les jours à venir pour aussi faire la déclaration au nom du Président de la Transition et au nom du Mali. L'objectif essentiel, c'est de pouvoir, avec les autres pays, partager la vision sur les préoccupations du monde actuel, les mutations qui sont en cours, comment les pays peuvent travailler pour renforcer la confiance, œuvrer pour promouvoir un multilatéralisme juste et équitable qui permet à chaque pays et à chaque nation de partager sa vision de la marche du monde et ce qui doit être fait pour notre région en particulier, pour mettre fin au terrorisme, mettre fin aussi au soutien de certains états aux groupes terroristes, et comment nous pouvons conforter les dynamiques qui sont en cours dans nos pays et les efforts qui sont en cours pour apporter la paix, la stabilité. Nous sommes là en tant que membres de la Confédération des états du Sahel, en tant que République du Mali aussi, pour contribuer à tous les efforts pour avoir un monde plus stable.
Envoyé spécial
Moriba COULIBALY
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