Il est fortement attendu de ces autorités providentielles des actions
fortes en matière de souveraineté monétaire, afin de couper définitivement le joug de cette
dépendance absolue que constitue la persistance de la zone franc en Afrique.
De
l’étalon et du numéraire dans la zone franc
Nous avons
compris que par souci de précision, il faut substituer à l’appellation
empirique de monnaie, les concepts d’étalon et de numéraire plus précis et
adaptés pour parler des deux fonctions spécifiques attachées à la monnaie. Pour
chaque fonction, la monnaie a un rôle précis et cela évite des discussions
inutiles sur l’utilité de la monnaie ou son inutilité et cela quel que soit le
support qui est pris en compte.
L’étalon
aujourd’hui en vigueur dans la zone franc est l’euro, la référence de la valeur
qui est mesurée dans l’économie des pays utilisateurs du FCFA. Cet étalon
correspond, à titre de comparaison avec le système métrique, au mètre.
L’unité
usuelle, pratiquée au cours des opérations de mesure est le FCFA qui représente
un sous-multiple de l’euro en étant sa 656 ème partie vaut 1 / 656 Euro = 0,00152 euro = FCFA, ce qui représente
environ la millième partie de l’étalon qu’est l’euro. C’est comme si dans le
système métrique, on choisissait d’utiliser le millimètre pour mesurer la
longueur étant donné que l’étalon est le mètre.
Les pays
de l’AES ont besoin d’un étalon monétaire, indépendant de l’euro, qui est aujourd’hui
en vigueur après avoir été substitué au FF en 1999 et à toutes les anciennes
monnaies européennes des pays aujourd’hui membre de l’Union Européenne.
De la nécessité de fixer les concepts d’étalon
et de numéraire
Il faut un
étalon pour l’économie de l’AES, indépendant de tout étalon d’un pays qui finit
par lui imposer des conditions inutiles et couteuses durant toute la vie.
Nous
dénommons cet étalon : Sahel.
Nous
allons décider que le Sahel vaut un milligramme d’or soit 0,001 gr d’or.
A date du
30/7/2026, le lien entre le Sahel et les étalons étrangers comme l’euro
apparaît clairement. Ainsi :
1 Sahel =
0,001 gr d’or = 0,114416 euro = 0,114416*656 FCFA =75 FCFA
Le
numéraire de l’AES doit être choisi de façon à permettre de reconstruire totalement
et entièrement toute quantité de FCFA sans aucun besoin d’arrondi quelconque
qui va introduire des hausses de prix.
Donc il
serait préférable de fixer la valeur du numéraire exactement comme celle du
FCFA. Ainsi, le Liptako est ce numéraire aura une valeur fixée comme
suit :
1 Sahel =
0,114416 euro = 75 FCFA = 75 Liptako.
Donc le
Liptako est une quantité de l’étalon Sahel et vaut :
1 Liptako
= Sahel / 75 = 0,01333 Sahel.
Propriétés
du Sahel
et du
Liptako
Le Sahel,
qui est une simple définition conventionnelle, ne sera pas matérialisé.
Cependant, le Liptako le sera, en tant que monnaie circulante à l’intérieur des
pays de l’AES, exactement comme le défunt FCFA qu’il remplace, quand l’euro
n’est pas également visible dans l’économie des pays du FCFA. Cette monnaie
Liptako est utilisée uniquement à l’intérieur des pays utilisateurs et sa
détention à l’extérieur n’engage pas les autorités monétaires de l’AES.
En effet,
cela évitera la débauche d’énergie inutile qu’a connue la BCEAO qui avait eu
toutes les difficultés du monde à rapatrier ses billets qui fuyaient la zone
franc, pour se trouver en errance à travers le monde et en entendant d’être
transféré au Trésor français pour remboursement conformément aux accords
monétaires de la zone franc.
Si cette
monnaie circulante du Liptako est victime de sabotage, ce sabotage sera vite
circonscrit et ses effets seront secondaires par la vigilance accrue de la part
des autorités et de leurs populations qui en sont utilisatrices.
Le Sahel,
monnaie immatérielle ne pourra pas être l’objet de sabotage ou d’attaque
criminelle, pendant que le Liptako, matérialisé, qui ne circulera que dans les
pays utilisateurs, sera facilement contrôlable contre les pratiques ennemies
habituellement connues.
Les
opérations financières avec l’extérieur sont entretenues sur la base des
échanges réels de biens et services et des devises nécessaires au cours de ces
transactions internationales où il ne sera d’aucune utilité de vouloir défendre
le cours du Sahel.
Ainsi,
toutes les ressources des pays de l’AES seront utilisées à des activités utiles
pour créer en toute liberté la richesse. Par ailleurs, un prix de 10 FCFA sera
affiché pour 10 Liptako et un prix de 1000 FCFA sera affiché 1000 Liptako.
Aucune manipulation à caractère inflationniste ne sera observée et la
population sera protégée contre ces hausses de prix déclenchées par le
mécanisme des arrondis lors des achats.
La
transition du FCFA
au Liptako
Si la
masse monétaire est de 3 000 milliards de FCFA, cela correspond tout simplement
à 3 000 milliards de Liptako, soit : 3 000 milliards de Liptako = (3000
milliards/ 75) Sahel = 40 milliards de Sahel = 40 millions de gr d’or = soit 40
Tonnes d’or et correspondant aux devises que le Trésor français a encaissées en
échange des billets du FCFA dont l’AES, l’héritier des FCFA, n’a plus besoin.
La comptabilité de la Banque centrale de l’AES devra montrer dans les actifs la
disponibilité d’une valeur de 40 tonnes d’or dans son bilan en échange de la
masse monétaire de 3 000 milliards de FCFA restitués au Trésor français.
Les autres
opérations de régularisation avec la France devront suivre selon les mêmes
mécanismes de transparence.
Les
erreurs à éviter
Lorsqu’on
écrit : 1 Sahel = 1200 FCFA = 1,82 euro = 2,17 $ US = 1,59 £, avec à l’idée
d’avoir une monnaie Sahel forte, plus forte que le FCFA, ou l’euro ou le $US,
il s’agira d’expressions guidées par la passion et non par une raison
quelconque.
La monnaie
n’a aucun besoin d’être forte ou faible. Cependant, si l’autorité monétaire ne
respecte pas ses engagements institutionnels, la monnaie perd de son attrait
auprès des populations, ce qui se manifeste par des fuites devant la monnaie et
un affaiblissement continu de celle-ci sur tous les marchés.
Dès le
départ, il faut comprendre que le Sahel, comme étalon des pays de l’AES, ne
peut être comparé qu’à des étalons étrangers comme l’euro ou le $US.
Il ne doit
pas être comparé au FCFA, le numéraire d’un autre pays. La mise en œuvre d’une
telle directive ouvrira la porte à un échec rapide et immédiat dès les
premières heures de l’annonce des mesures monétaires. En effet, sur le marché,
les prix des nombreuses denrées compris par exemple entre 5 FCFA et 1200 FCFA
ne trouveront pas de correspondants identiques dans la nouvelle monnaie.
Tous les
nouveaux prix de ces nombreux articles vont connaître des hausses
significatives en entrainant le reste de la consommation dans une hausse
inflationniste incontrôlable. Il en sera de même pour tous les prix compris
entre les multiples successifs de 1200 FCFA.
Il est donc particulièrement important de comprendre que le Liptako est
un élément essentiel du dispositif monétaire de l’AES, qu’il ne faudra jamais
omettre dans toute comparaison de prix avec les anciens prix en FCFA. En effet,
le Liptako permet de saisir exactement la mesure minimale des valeurs dans
l’économie. Ainsi, le Liptako, correspondant au FCFA, permet de saisir tous les
prix au niveau approprié sans aucun choc de changement de monnaie.
La banque
centrale
de l’AES
La Banque
centrale AES est le gestionnaire du système monétaire de l’AES. Elle est le
gardien des instruments monétaires des pays de l’AES. Elle devra éviter les
erreurs des autres institutions d’émission. En effet, connaissant les règles de
fonctionnement efficaces de la monnaie, elle évitera des émissions de monnaie
sans contrepartie et pour quelque raison que ce soit, et qui sont comparables à
de la fraude contre elle-même.
En effet,
nous avons vu que le poids de la monnaie est traduit à travers le dépôt
consenti à son émission. Donc émettre de la monnaie sans contrepartie c’est
diminuer ce dépôt, c’est modifier la taille de l’instrument monétaire ce qui
correspond à une substitution frauduleuse d’un petit instrument au grand
instrument initialement détenu par la population, c’est donc appauvrir la
population à la manière dite de dévaluation du FCFA qui n’en était pas une, car
correspondant à la diminution des mesures et du poids, une pratique
d’appauvrissement de la population, créant une hausse visuelle des prix, mais
cachant une baisse réelle des prix, si on savait mesurer. Il s’en découle une
véritable perturbation de l’économie aux nombreuses conséquences néfastes. La
Banque centrale doit donc être consciente de ses responsabilités dans
l’épanouissement de la population de l’AES. Etant au service de l’Etat, les
agents de cette institution devront émarger au budget public.
La banque
d’investissement de l’AES
La banque
AES (BCID-AES) dont la création a été officiellement lancée le 23 décembre 2025
répond à ce besoin d’investissement dans les pays de l’AES. Il s’agit d’un
acteur important qui semble manquer au dispositif actuel de financement de
l’économie, et principalement le financement et la coordination des
investissements à long et très long termes. En effet pour des raisons
d’efficacité, cette Banque va examiner la création des infrastructures
structurant les économies des trois pays.
En effet,
par l’analyse des risques, les secteurs de production seront priorisés dans les
politiques publiques, en matière d’énergie, d’agriculture et de mines, afin de
fonder la transformation industrielle de nos productions locales et engranger
ainsi le maximum de valeur ajoutée attachée à ces secteurs qui ne devront plus
constituer des pourvoyeurs pour l’étranger en matières premières.
Conclusion
Il s’agit
ici de la proposition citoyenne de l’AES avant l’heure. En effet, en 1994, pour
avoir dénoncé l’escroquerie de la mesure dite de dévaluation du FCFA et toutes
les conséquences qui en découlent, l’auteur du présent article a été l’objet de
tracasseries administratives en France. En réponse à cette absence de liberté
d’expression, il en a fait son sujet de thèse de doctorat soutenue en 1997 et
produisant par la suite plus d’une quinzaine de livres dont plus de la moitié a
été traduite dans six langues européennes.
La
présente contribution entre dans le cadre de cette recherche inédite sur la
monnaie et l’économie fondée sur l’analyse de l’expérience des pays
utilisateurs du FCFA, la monnaie étant comprise comme étant l’instrument de
mesure de la discipline économique, sujet encore inconnu des meilleurs
spécialistes de cette discipline qu’il faudrait renouveler entièrement.
Dr Lamine KEITA
Rédaction Lessor
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Le livre intitulé : « Thomas Sankara et le Mali : De Modibo Keïta à Thomas Sankara, quelles similitudes ? » a été présenté au public, samedi dernier au Mémorial Modibo Keïta de Bamako. L’ouvrage signé par le journaliste Daouda Nama Tékété et le Pr Lansina Sidibé, pose un regard s.