Panier de la ménagère : Les prix des légumes baissent

Le panier de tomate est aujourd’hui cédé à 15.000 Fcfa au lieu de 30.000 Fcfa

Publié mercredi 02 février 2022 à 07:32
Panier de la ménagère : Les prix des légumes baissent

C’est la période d’abondance de ces produits de consommation. Le niveau élevé de l’offre sur les marchés a pour conséquence une tendance baissière. De quoi réjouir les ménagères, car elles peuvent proposer des mets succulents en déboursant peu d’argent

 

La hausse injustifiée des prix des produits de première nécessité et autres produits de grande consommation : sucre, riz, huile, ciment, gaz… cristallise toutes les attentions depuis quelques semaines. Amenant des consommateurs à s’indigner via les réseaux sociaux qu’ils ont inondés de messages hostiles à l’endroit des commerçants importateurs et exportateurs et la direction générale du commerce, de la concurrence et de la consommation, dont les brigades de surveillance sont chargées de faire respecter de manière stricte les prix en vigueur. Un courroux légitime qui passe, malheureusement, sous silence le fléchissement continu des prix des légumes sur certains marchés de Bamako.

Les producteurs et les commerçants expliquent cette baisse par l’abondance des légumes sur le marché en cette période de fraîcheur. Certains estiment que les prix baisseront davantage dans les jours à venir. Un tour dans certains marchés comme «Wonida», Sabalibougou et Kati suffit pour constater la joie et la quiétude sur les visages des ménagères.

Lundi 31 janvier au niveau de «Wonida», un des marchés principaux d’approvisionnement en légumes frais. Le soleil tend vers le coucher. L’endroit grouille encore de monde. Une dizaine de Sotrama, minibus de transport en commun, déchargent des légumes fraîchement arrivés des zones de production. Ils sont stationnés au bord de la chaussée et entravent la circulation.

Des revendeuses, venues des marchés périphériques, accourent en direction des véhicules pour s’approvisionner afin de pouvoir revendre les produits dans les marchés périurbains. Pour la plupart des commerçantes, cette période de fraîcheur est propice pour la production des légumes. Mariam Fomba, une d’elle, est de celles qui soutiennent cet argument. Selon celle qui vend plusieurs types de légumes au marché «Wonida», les prix de certains légumes comme le chou, la tomate, la pomme de terre, l’oignon connaissent une baisse notable. À titre d’exemple, le panier de tomates qui était cédé à 30.000 Fcfa, se vend aujourd’hui entre 15.000 et 20.000 Fcfa.

La tomate, très prisée par les ménagères qui l’utilisent dans la préparation de sauces n’a pas, selon Rokiatou Diakité, un prix fixe. De l’avis de cette commerçante, les tarifs varient selon les vendeurs et la zone de provenance. À l’en croire, elle achète le panier de tomate à 15.000 Fcfa qu’elle revend au détail avec un gain journalier de 3.000 Fcfa.

Quant au sac de choux, qui se vendait entre 15.000 et 20.000 Fcfa, il est marchandé à 10.000 Fcfa. «Aujourd’hui, tout est abordable», se réjouit Nanténin Kanté. Les grossistes nous cèdent les légumes à un prix très abordable, «nous les revendons moins cher également», explique la revendeuse qui rappelle que tous ces légumes se faisaient rares sur le marché il n’y pas longtemps.

À Kati, localité située à 15 km de Bamako, la pomme de terre et le haricot vert dominent le marché. Ces tubercules qui sont cultivés dans cette zone, inondent les marchés et les points de ventes de Kati. Ainsi, les grossistes cèdent le sac de 25 kg de pomme de terre à 7.500 Fcfa. Le kilogramme est rétrocédé entre 350 et 400 Fcfa.

à Kati aussi, les oignons font petit à petit leur apparition avec une énorme réduction des prix. À notre passage mardi (hier) matin, Koné Anna Koné cédait le kilogramme à 350 Fcfa contre 600 Fcfa précédemment. Elle précise que le sac de 25 kg est monnayé à 10.000 Fcfa. Dans quelques jours, voire une semaine, le prix de l’oignon va encore baisser et le kilogramme pourrait être vendu à moins de 200 Fcfa, espère-t-elle.

Le marché de Sabalibougou, en Commune V du District de Bamako, est réputé être un carrefour d’approvisionnement en légumes frais. Là-bas, la tendance baissière est aussi remarquable. Rencontrée dans ce marché, Fatim Coulibaly affirme que le sac de haricot vert coûtait 4.500 Fcfa contre 10.000 Fcfa il y a juste deux mois. En tant que grossiste, elle se ravitaille au marché «Sougouni coura» et revend le kilogramme à 200 Fcfa.

Pour certaines ménagères, c’est l’occasion de s’approvisionner en grande quantité. «Pendant que les prix baisses, j’en profite pour sécher les oignons, les choux…», dit Fatoumata Diarra, ménagère à Kati.

Cette baisse progressive des prix des légumes et des tubercules est un ouf de soulagement pour les ménagères et les chefs de ménage. Toutes les femmes rencontrées s’en réjouissent. «Les temps sont durs financièrement pour tous. Et si les prix de certains produits baissent, je ne peux que m’en réjouir», confie Sokona Kouyaté.

Ainsi, sur le chemin des marchés, les sachets plastiques de couleur noire qu’elles utilisaient pour camoufler leurs condiments se font rares. Les femmes sont de plus en plus munies de gros paniers en caoutchouc remplis de condiments qu’elles tiennent fièrement en marchant à leur rythme. Sourire aux lèvres et les visages radieux.

Anne Marie KEITA

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