Mine d’or de Syama : Resolute Mining consolide sa présence au Mali

Le président directeur général de Resolute Mining, Christopher Eger, dont la société exploite la mine d’or de Syama, s’exprime dans ces lignes sur l’ambition de son entreprise de poursuivre l’exploitation minière en phase avec le nouveau Code minier et son contenu local. Il réaffirme la disponibilité de sa société à renforcer davantage sa collaboration avec les autorités et à s’investir dans l’exploitation des ressources minières dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant

Publié vendredi 28 août 2026 à 09:49
Mine d’or de Syama : Resolute Mining consolide sa présence au Mali
Le président directeur général de Resolute Mining, Christopher Eger, dont la société exploite la mine d’or de Syama, s’exprime dans ces lignes sur l’ambition de

Le PDG de Resolute Mining Christopher Eger

 

L’Essor : Resolute exploite Syama depuis de nombreuses années, et le site demeure le cœur de votre présence au Mali. Comment décririez-vous l’engagement de l’entreprise envers le Mali aujourd’hui, et quelle place Syama occupe-t-elle dans l’avenir du groupe ?

Christopher Eger : Le Mali occupe une place particulière dans l’histoire et dans l’avenir de Resolute. Nous exploitons Syama depuis de nombreuses années, et ce site reste le cœur de notre présence dans le pays. Notre engagement envers le Mali est entier et de long terme. Syama n’est pas un actif parmi d’autres, c’est l’une des pierres angulaires du groupe, et elle tient une place centrale dans la trajectoire que nous construisons pour les années à venir.

L’Essor : Syama a traversé une période exigeante, marquée notamment par un important arrêt de l’usine et de réelles contraintes d’approvisionnement et de logistique. Qu’est-ce que les équipes en ont retiré, et que révèle ce parcours sur l’exploitation et sur ses femmes et ses hommes ?

Christopher Eger : Nous avons traversé une période exigeante, avec un arrêt majeur de l’usine et de réelles contraintes d’approvisionnement et de logistique. Nos équipes ont su faire face, s’adapter et maintenir le cap, tout en gardant la sécurité comme priorité absolue. Ce que je retiens, c’est la solidité et l’engagement des femmes et des hommes de Syama. Traverser une telle période sans transiger sur la sécurité en dit long sur la maturité de l’exploitation et sur la qualité de ses équipes.

L’Essor : Vous avez évoqué l’optimisation de Syama et le rétablissement de sa fiabilité pour le second semestre. En quoi consiste ce travail sur le terrain, et vers quoi se dirige la production de Syama ?

Christopher Eger : Notre priorité à Syama est de remettre la production sur les bons rails pour le second semestre, et ce travail est bien engagé. Le circuit de broyage est de nouveau opérationnel, avec l’accompagnement de notre partenaire technique pour exploiter les installations selon les spécifications d’origine. Côté minier, nous préparons le minerai pour nos objectifs du second semestre et nous adaptons nos infrastructures pour gagner en efficacité. C’est un travail méthodique et rigoureux, mené en toute sécurité, pour bâtir la fiabilité dont nous avons besoin.

L’Essor : Même dans un environnement difficile, Resolute continue d’investir à Syama. Qu’est-ce qui est en cours ou prévu, et quel horizon voyez-vous pour la vie de la mine au Mali ?

Christopher Eger : Même dans un environnement exigeant, nous continuons d’investir à Syama, parce que nous croyons en son avenir. Ces investissements portent sur la fiabilité de l’usine, sur l’efficacité de nos opérations minières et sur la préparation des phases à venir. Notre horizon au Mali n’est pas de court terme. Nous travaillons à prolonger et à valoriser la vie de la mine, pour que Syama continue de produire et de contribuer au pays dans la durée.

L’Essor :  Au-delà de l’or lui-même, comment percevez-vous la contribution de Resolute à l’économie malienne, à travers ce que l’entreprise verse à l’État, ses achats locaux et l’ensemble du tissu d’entreprises qui gravite autour de la mine ?

Christopher Eger : Au-delà de l’or, notre contribution à l’économie malienne prend plusieurs formes. Il y a ce que nous versons à l’État, à travers les taxes et les redevances prévues par le cadre en vigueur. Il y a nos achats auprès de fournisseurs locaux, et tout le tissu d’entreprises et d’emplois indirects qui vit autour de la mine. Une exploitation comme Syama fait travailler bien au-delà de ses propres effectifs, et c’est cette contribution large que nous cherchons à renforcer.

L’Essor : Vous avez parlé de bâtir une entreprise de plus en plus dirigée par des Maliens. Où en est Syama aujourd’hui en matière d’emploi et d’encadrement locaux, et quelle est votre ambition sur ce plan ?

Christopher Eger : Notre ambition est claire, faire de Syama une entreprise de plus en plus dirigée et portée par des Maliens. La grande majorité de nos effectifs est déjà malienne, et nous investissons pour que les compétences et l’encadrement le soient toujours davantage. Nous voulons que les Maliens occupent des postes de responsabilité à tous les niveaux de l’exploitation. C’est ainsi que se construit une présence durable et véritablement enracinée dans le pays.

L’Essor : Le développement des compétences maliennes en fait partie. Comment l’entreprise investit-elle dans la formation et l’évolution de carrière de sa main-d’œuvre malienne, et pouvez-vous en donner des exemples ?

Christopher Eger : Le développement des compétences maliennes est au centre de cette ambition. Nous investissons dans la formation, l’accompagnement et l’évolution de carrière de nos équipes, et nous encourageons l’initiative venue du terrain. Récemment, l’un de nos collaborateurs a conçu et développé en interne une application numérique de gestion des accès au site, une solution utile, économique et entièrement maîtrisée par nos équipes. C’est exactement le type de talent et d’ingéniosité que nous voulons faire grandir.

L’Essor : Resolute mène plusieurs programmes communautaires autour de Syama. Lesquels vous tiennent le plus à cœur, et comment décidez-vous des priorités ?

Christopher Eger : Nous menons plusieurs programmes au bénéfice de nos communautés d’accueil, dans des domaines concrets comme la formation, l’agriculture, l’accès à l’eau et l’autonomisation économique. Nos formations au maraîchage et au compostage, par exemple, ont bénéficié à plusieurs centaines de femmes dans plusieurs villages autour de Syama. Ce sont des actions discrètes mais durables, qui renforcent les moyens de subsistance et les compétences dans le temps. Nous fixons nos priorités en écoutant les communautés et en cherchant ce qui a un effet réel et durable.

L’Essor : Une exploitation minière responsable et durable est aujourd’hui attendue du secteur. Comment Resolute assume-t-elle ses responsabilités environnementales à Syama, de la gestion de l’eau et des résidus à la réhabilitation des sites ?

Christopher Eger : Une exploitation minière responsable est aujourd’hui une exigence, et nous la prenons au sérieux. Nous accordons une attention constante à la gestion de l’eau, à la gestion des résidus et à la réhabilitation des sites. Nous nous efforçons de réduire notre empreinte et de respecter nos engagements environnementaux, parce que la crédibilité d’une mine se mesure aussi à la manière dont elle traite son environnement et les communautés qui l’entourent.

L’Essor : Le Mali a réformé son cadre minier ces dernières années. Comment Resolute envisage-t-elle son partenariat avec l’État malien sous le nouveau Code minier, et comment les deux parties travaillent-elles ensemble ?

Christopher Eger : Le Mali a fait évoluer son cadre minier ces dernières années, et nous travaillons au sein de ce nouveau cadre dans un esprit de partenariat. Notre relation avec l’État repose sur le dialogue et sur la recherche d’un équilibre durable entre les intérêts du pays et ceux des investisseurs. Nous considérons l’État malien comme un partenaire, et nous restons engagés à bâtir avec lui une relation de confiance, dans la durée.

L’Essor : Resolute s’est fixé l’ambition d’atteindre 500.000 onces par an d’ici 2028 à l’échelle de ses opérations. Quelle place Syama occupe-t-elle dans cette vision, et quel rôle le Mali joue-t-il dans l’avenir du groupe ?

Christopher Eger : Nous nous sommes fixé l’ambition d’atteindre 500.000 onces par an d’ici 2028 à l’échelle du groupe, sous la bannière One Resolute. Syama occupe une place essentielle dans cette vision. Sa production, sa fiabilité et son optimisation sont au cœur de cette trajectoire, et le Mali demeure un pilier de l’avenir du groupe. Nous grandissons sur plusieurs pays, mais le Mali reste central dans ce que nous construisons.

L’Essor : En regardant vers l’avenir, quel est votre message aux Maliens, à vos équipes et aux autorités du pays sur l’avenir de Resolute au Mali ?

Christopher Eger : Mon message est simple. Resolute croit au Mali, à ses équipes et à son avenir. Nous avons traversé des moments difficiles, et nous sommes toujours là, engagés, en train d’investir et de bâtir. À nos équipes, je veux dire ma fierté et ma reconnaissance. Aux Maliens et aux autorités du pays, je veux réaffirmer notre volonté de construire un partenariat durable, qui crée de la valeur partagée et qui inscrit Syama et Resolute dans l’avenir du Mali.

Moriba COULIBALY

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