Mèches perruques : A la pointe du fashion

Les femmes raffolent de perruques pour des raisons économiques et esthétiques. Les mèches brésiliennes qui ne sont pas forcement accessibles à la bourse de la Malienne moyenne sont les plus prisées

Publié mardi 28 juillet 2026 à 09:43
Mèches perruques : A la pointe du fashion

Les prix varient entre 7.500 et 300.000 Fcfa pour les mèches brésiliennes qui tiennent le haut du pavé

 

Les mèches perruques font partie de l’arsenal de séduction de la gent féminine tout comme les perles et autres atours féminins. Les rayons des boutiques et étals de vente de produits cosmétiques sont toujours achalandés avec ces parures. Les mèches perruques ont donc de beaux restes et continuent d’être utilisées par les femmes pour être plus coquettes.

Ces atours féminins semblent être appréciés par des inconditionnels de la mode. Par contre, les puritains ne tolèrent guère le port de ces mèches. Ceux-ci traitent la question sous l’angle de la religion musulmane.

Fatoumata Diallo utilise les mèches perruques. Elle estime que ces coiffures artificielles font partie de l’arsenal de beauté de la femme. Pour cette jeune dame, se faire belle n’est pas la seule motivation, il y a aussi un aspect économique. «Une perruque dure longtemps.  C’est surtout réutilisable, ce qui n’est pas le cas avec les tresses traditionnelles», argumente-t-elle. Oumou Coulibaly qui entend aussi coller à l’air du temps raffole des perruques parce qu’elles sont démontables au moment de faire des ablutions  pour les prières quotidiennes. On s’en débarrasse aussi facilement quand elles deviennent gênantes pendant la journée. Comme toutes celles qui sont portées sur la mode, Djénébou Traoré exprime sa préférence, surtout pour la variété des styles des perruques, longues, courtes, lisses, bouclées, colorées, entre autres. Et qui s’adaptent parfaitement aux différentes cérémonies sociales.

 L’engouement pour ces parures féminines dope le marché. Salimata Diakité est vendeuse de mèches perruques au Grand marché de Bamako. Elle témoigne que le commerce de ces articles est rentable. Selon la vendeuse, toutes les catégories de femmes ou presque achètent les perruques. L’un des avantages, dit-elle, c’est que les perruques protègent les femmes contre l’alopécie (la chute des cheveux), un phénomène qui touche bien de femmes. Alima Diarra est aussi vendeuse de perruques au marché Raida. Elle explique que les femmes raffolent de ces perruques, parce qu’elles leur permettent d’économiser du temps et de vaquer à leurs occupations contrairement au temps fou qu’elles mettent à faire une tresse traditionnelle. Au-delà des vendeuses, les salons de coiffure portent le même regard sur les perruques. 

Awa Fofana, promotrice d’un salon de coiffure au Grand marché de Bamako, révèle que les vendeurs de perruques se frottent les mains. Ce qui de son point de vue semble être une très bonne chose, parce que toutes les femmes y trouvent leur compte. Et de dire que les prix varient entre 7.500 et 300.000 Fcfa pour les mèches brésiliennes qui tiennent le haut du pavé en la matière. Par ailleurs, Awa Fofana pense que l’essentiel pour les passionnées de cette coiffure, c’est de paraître plus belles quel que soit le coût.

ACNÉ SUR LE FRONT, LA NUQUE ET LES TEMPES- Si les femmes sont férues de perruques leur port excessif n’est pas sans conséquences préviennent les professionnels de santé. Cependant, les professionnels de la santé mettent en garde contre les conséquences du port excessif des perruques.

Dr Kalidou Koné, est médecin généraliste exerçant à la Polyclinique Amitié de Kalaban Coura ACI. Ce disciple d’Hippocrate prévient que le port des perruques a des conséquences sur les cheveux naturels et sur la peau. À le croire, le port prolongé et serré des mèches ou perruques tire sur les cheveux naturels et causent leur chute progressive. Et le médecin généraliste d’expliquer clairement que les cheveux sous la mèche, privés d’air et de lumière, deviennent fragiles. Dr Kalidou avertit que le manque d’aération ralentit la croissance et étouffe les cheveux.

S’agissant de la peau, le toubib explique que la perruque peut provoquer l’acné sur le front, la nuque et les temples. Il y a aussi l’éruption cutanée qui renvoie à la réaction de la chaleur ou aux matières synthétiques. Y compris l’allergie au bonnet en synthétique provoquant des réactions. Le médecin informera aussi que le port de la perruque en période de chaleur peut provoquer une transpiration excessive, des démangeaisons et irritations, des mycoses, des infections fongiques, et folliculite.

Le médecin généraliste conseille de toujours hydrater ses cheveux naturels avant la pose de la perruque, d’appliquer une huile légère sur le cuir chevelu, mais surtout ne pas poser la perruque sur des cheveux mouillés. Il recommande ceci : «il faut préférer les perruques naturelles ou en fibres respiratoires plutôt qu’en synthétique, un bonnet en coton ou en bambou, qui absorbe la transpiration, choisir des mèches légères durant la saison sèche, éviter également les poses trop volumineuses». Dr Kalidou Koné conseille d’éviter de dormir avec sa perruque ou sa mèche, de consulter un dermatologue en cas de démangeaisons persistantes, de chute anormale ou de plaie, d’alterner les périodes avec et sans perruque. En pleine saison chaude, il faut privilégier des styles naturels.

Pour Dr Koné, la beauté ne doit pas se faire au détriment de la santé et un cuir chevelu sain est la base de beaux cheveux sur le long terme.

Amsatou Oumou TRAORE

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