#Mali : Marché à la veille de Tabaski : Les clients se font désirer

Les échoppes et étals des vendeurs sont bien achalandés avec des nouveautés. Mais c’est le nerf de la guerre (l’argent) qui manque le plus

Publié lundi 10 juin 2024 à 18:23 , mis à jour vendredi 21 juin 2024 à 07:21
#Mali : Marché à la veille de Tabaski :  Les clients se font désirer

Les marchés grouillent de monde en cette veille de fête

 

Aujourd’hui, tout le monde est soumis ou presque à la dure loi de la conjoncture économique dans notre pays. Cette situation impacte également le marché qui est pour l’instant timide en cette veille de Tabaski comparativement à la même période d’il y a quelques années. Il suffit d’y faire un tour pour constater que même si le marché grouille de monde, les acheteurs se comptent sur les doigts d’une main. Une situation de mévente qui préoccupe les vendeurs. Leurs échoppes et leurs étals sont pourtant bien achalandés avec des nouveautés. Les commerçants rivalisent également d’ingéniosité pour attirer la clientèle. Mais c’est le nerf de la guerre (l’argent) qui semble manqué le plus.

En tout cas, c’est le constat presque général à moins d’une dizaine de jours de la fête de Tabaski ou fête du mouton, qui sera célébrée dans notre pays le 17 juin prochain. Actuellement, la situation n’est guère reluisante pour les commerçants, préoccupés par la mévente. Ils proposent de nouveaux produits à la clientèle qui passe plus de temps à marchander sans acheter des articles. Les vrais acheteurs sont rares parmi ceux qui font le marché aujourd’hui. Parcourons le Grand marché de Bamako pour s’en convaincre.

L’ambiance y est festive. C’est l’effervescence. Dans les allées, des vendeurs utilisent des tam-tams pour attirer la clientèle. Des animateurs, déguisés en femmes, esquissent des pas de danse. Ils sont accoutrés avec des vêtements de femme, portent des mèches, des talons et des sacs à main. Le spectacle attire l’attention des passants. Certains d’entre eux n’hésitent pas aussi à réaliser quelques pas de danse.  Boubacar Ballo, jeune vendeur de foulards pour les femmes, marchande un sac et des chaussures avec une cliente. Il reconnaît que les affaires commencent à s’améliorer pour lui. Pourtant de nombreux commerçants s’accordent à dire que le marché est timide.

C’est le cas de Mamadou Coulibaly qui vend des habits brodés depuis 10 ans. Il explique être confronté pour la première fois à une telle situation de mévente. Il en appelle à l’accompagnement du secteur informel par les autorités de la Transition. Ramatou Traoré, une vendeuse de parures (demba tourou, chapeau et bracelets en perles) ronge son frein. Elle devise par moment avec des collègues et nous explique pratiquer ce métier depuis 23 ans, sans avoir jamais été confrontée à une telle situation de mévente. Pour elle, il est clair que la conjoncture est passée par là.

Mamadou Samassa se promène dans les rues du Grand marché de Bamako à la recherche des clients à qui vendre des basins et des brodés. Les trois mètres de son brodé coûtent 15.000 Fcfa. Il explique lui aussi faire ce travail depuis quatre ans. Ce vendeur ambulant explique que le commerce repose en partie sur la chance. Pendant que certains se plaignent de ne pas voir les clients se bousculer à leurs portillons, d’autres se frottent les mains. Il invite ses collègues commerçants à asseoir définitivement la conviction que les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas. Mamadou Samassa espère vendre plus que pendant la fête de Ramadan passée.

Mamoutou Samaké, lui, a intégré le commerce, il y a trois ans. Selon lui, beaucoup de clientes viennent au marché mais n’achètent pas. Elles viennent uniquement se faire une idée des prix des articles.

Ce n’est pas le cas de Madame Koné qui était venue acheter des prêts-à-porter pour enfants. Elle cherche à emballer son paquet qui doit être expédié à Koulikoro chez ses parents et explique être mue par l’instinct d’anticipation. C’est-à-dire qu’au cas où les habits des enfants ne seront pas cousus par les tailleurs du fait des coupures d’électricité, les enfants seront tout de même habillés.

Derrière l’Assemblée nationale, la friperie occupe un grand espace. Batoma Kallé, une cliente, a choisi de trier des habits de fête pour ses enfants. Elle justifie ce choix par le peu de ressources financières qu’elle dispose. Mais estime aussi que les vêtements de la friperie ne sont pas mal non plus. Bintou Ballo, une demoiselle, affirme qu’elle est venue acheter des habits pour la fête avec ses amis. Pour elle, tout est cher maintenant. Il reste à découvrir comment se comportera le marché à un ou deux jours de la fête.

En attendant l’effervescence du marché profite véritablement aux pickpockets qui écument les lieux. Au passage de notre équipe de reportage au Grand marché de Bamako, la semaine dernière, une vendeuse expliquait qu’une dizaine de personnes avaient été dépouillées de leurs téléphones portables par des pickpockets. Nous avons aussi croisé au niveau de l’Artisanat, une autre victime de vol de téléphone portable. La jeune fille ruminait sa colère contre les voleurs.

Assitan KIMBIRY

Rédaction Lessor

Lire aussi : #Mali : Jeux Olympiques 2024 : Quel héritage laisseront les jeux ?

Le 19 juillet prochain, le Paris Media Centre ouvrira ses portes. Durant 24 jours, 24 thématiques vous dévoileront une ville en mouvement, tournée vers le vivant et portant haut les valeurs de solidarité et de tolérance. Paris se racontera ainsi au travers de conférences, ateliers, press tours.

Lire aussi : #Mali : Tabaski : Le port des uniformes agrémente la fête

Les uniformes ne sont pas qu’une affaire de mariage. L’initiative s’est invitée dans la célébration de fêtes religieuses en l’occurrence la Tabaski depuis plusieurs décennies. De plus en plus, la pratique arrive à conquérir un grand nombre de familles. Le port de ces tenues est fait p.

Lire aussi : #Mali : Kalaban-Coro : Les voleurs ont joué de malchance

Ils étaient en passe de réussir leur opération lorsque dans la précipitation, ils sont allés percuter un automobiliste. Ce choc mit leur coup à l’eau….

Lire aussi : #Mali : Échanges commerciaux : La pièce de 500 FCFA est devenue un casus belli

Samedi 13 avril dernier, aux environs de 16 heures, dans une boutique à Bolibana en Commune III du District de Bamako, une dispute éclate entre une dame et un boutiquier du quartier. Au centre de la controverse : une pièce de 500 Fcfa que la dame a remise au boutiquier..

Lire aussi : #Mali : Lutte contre la désertification : Contrer la dégradation des terres agricoles du Mali dans un contexte de changement climatique

Le 17 juin 2024, le Mali célèbre en même temps la fête Aid el kebir et la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sècheresse. Cette journée marque la fin de la 25ème édition de la Quinzaine de l’environnement, instaurée par notre Gouvernement pour élever le niveau de .

Lire aussi : #Mali : Euro 2024 : L’Allemagne pour confirmer

La deuxième journée de la phase de groupes de l’Euro 2024 débute ce mercredi. Auteur d’une première prestation très cohérente face à l’Écosse lors du match d’ouverture, l’Allemagne tentera de confirmer face à la Hongrie..

Les articles de l'auteur

#Mali : Jeux Olympiques 2024 : Quel héritage laisseront les jeux ?

Le 19 juillet prochain, le Paris Media Centre ouvrira ses portes. Durant 24 jours, 24 thématiques vous dévoileront une ville en mouvement, tournée vers le vivant et portant haut les valeurs de solidarité et de tolérance. Paris se racontera ainsi au travers de conférences, ateliers, press tours, expériences VIP et une plateforme digitale, source d’information et d’inspiration pour tous vos sujets..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 20 juin 2024 à 17:55

#Mali : Tabaski : Le port des uniformes agrémente la fête

Les uniformes ne sont pas qu’une affaire de mariage. L’initiative s’est invitée dans la célébration de fêtes religieuses en l’occurrence la Tabaski depuis plusieurs décennies. De plus en plus, la pratique arrive à conquérir un grand nombre de familles. Le port de ces tenues est fait pendant la matinée où les femmes se rassemblent autour de la cuisine et la grillade de viande..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 20 juin 2024 à 17:41

#Mali : Kalaban-Coro : Les voleurs ont joué de malchance

Ils étaient en passe de réussir leur opération lorsque dans la précipitation, ils sont allés percuter un automobiliste. Ce choc mit leur coup à l’eau….

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 19 juin 2024 à 16:33

#Mali : Échanges commerciaux : La pièce de 500 FCFA est devenue un casus belli

Samedi 13 avril dernier, aux environs de 16 heures, dans une boutique à Bolibana en Commune III du District de Bamako, une dispute éclate entre une dame et un boutiquier du quartier. Au centre de la controverse : une pièce de 500 Fcfa que la dame a remise au boutiquier..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 19 juin 2024 à 16:10

#Mali : Lutte contre la désertification : Contrer la dégradation des terres agricoles du Mali dans un contexte de changement climatique

Le 17 juin 2024, le Mali célèbre en même temps la fête Aid el kebir et la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sècheresse. Cette journée marque la fin de la 25ème édition de la Quinzaine de l’environnement, instaurée par notre Gouvernement pour élever le niveau de conscience du citoyen et de la citoyenne sur la nécessité à mieux gérer les ressources environnementales du pays..

Par Rédaction Lessor


Publié mardi 18 juin 2024 à 15:38

#Mali : Euro 2024 : L’Allemagne pour confirmer

La deuxième journée de la phase de groupes de l’Euro 2024 débute ce mercredi. Auteur d’une première prestation très cohérente face à l’Écosse lors du match d’ouverture, l’Allemagne tentera de confirmer face à la Hongrie..

Par Rédaction Lessor


Publié mardi 18 juin 2024 à 15:23

#Mali : Lutte contre la désertification : Contrer la dégradation des terres agricoles du Mali dans un contexte de changement climatique

Aujourd’hui 17 juin 2024, le Mali célèbre en même temps la fête Aid el kebir et la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sècheresse. Cette journée marque la fin de la 25ème édition de la Quinzaine de l’environnement, instaurée par notre Gouvernement pour élever le niveau de conscience du citoyen et de la citoyenne sur la nécessité à mieux gérer les ressources environnementales du pays. Le thème retenu cette année est : Notre patrimoine, notre avenir»..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 17 juin 2024 à 11:54

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner