La mobilisation a pour but d’interpeller tous les acteurs concernés
Organisée par
la Coordination des luttes féministes du Comité pour l’abolition des dettes
illégitimes (CADTM-Afrique), cette activité de deux jours s’inscrit dans le
cadre du projet « Renforcer les synergies écoféministes pour abolir la dette
illégitime et construire un monde basé sur la justice sociale et le respect de
la nature ». Elle regroupe 60 participants venus des Régions de Bougouni et de
Dioïla.
L’objectif est
de créer un cadre de dialogue, de partage d’expériences et de plaidoyer avec
les décideurs politiques, les institutions financières, les autorités locales
et les entreprises extractives. Les échanges portent notamment sur les critères
d’octroi des crédits, l’accès sécurisé des femmes à la terre, leur
participation aux décisions foncières et minières, ainsi que la répartition
équitable des compensations. Il s’agit également de renforcer leur capacité de
mobilisation et de plaidoyer en faveur de la justice économique, sociale,
environnementale et de genre.
Le secrétaire
permanent du CADTM, Bourlaye Bagayoko, a souligné la nécessité de placer les
préoccupations des femmes au cœur des discussions. « Quand on parle de
microcrédit, les femmes sont les principales clientes des institutions de
microcrédit », a-t-il rappelé. Selon lui, les conditions d’accès aux
financements doivent être assouplies et adaptées aux capacités financières des
bénéficiaires. Il a également plaidé pour une réduction des taux d’intérêt
pratiqués par les institutions de microfinance, tout en attirant l’attention
sur les conséquences de l’exploitation minière pour les communautés riveraines.
La
mobilisation entend ainsi dépasser le seul cadre des organisations féminines
pour interpeller l’ensemble des acteurs concernés. La présence des maires, des
sous-préfets, des représentants des services techniques de l’État et des
directions nationales témoigne de cette volonté de construire un dialogue avec
les autorités. Bourlaye Bagayoko a invité les participantes à maintenir leur
engagement pour faire avancer la défense de leurs droits.
De son côté,
le président de la Coalition des alternatives africaines dette et développement
(CAD-Mali), Djembéré Alamir, a mis en lumière les obstacles auxquels les femmes
se heurtent dans l’accès aux services de microfinance. Il a notamment évoqué la
durée souvent trop courte des prêts, les faibles montants accordés, les délais
de remboursement contraignants et les taux d’intérêt élevés. Autant de
difficultés qui limitent la rentabilité de leurs activités et compromettent
leurs possibilités d’autonomisation.
Représentant
la Direction nationale de la Géologie et des Mines, Afouchatou Togora a, pour
sa part, réaffirmé le soutien de sa structure à cette initiative. Elle a
souhaité qu’un document inclusif, prenant en compte les différentes
préoccupations exprimées, soit élaboré au terme des travaux.
La rencontre
privilégie une démarche participative et ascendante, fondée sur les témoignages
des femmes, l’analyse collective et le dialogue avec les décideurs. Elle
rassemble notamment des femmes confrontées aux difficultés d’accès au
microcrédit, des responsables d’associations rurales et d’agricultrices, ainsi
que des activistes issues des zones affectées par les activités extractives et
des organisations de défense des droits humains.
Au-delà des échanges, les participantes attendent des réponses concrètes à leurs préoccupations. Car l’accès au crédit, la sécurisation des terres et la prise en compte des communautés dans les décisions liées à l’exploitation des ressources naturelles ne peuvent rester de simples engagements. Pour les femmes rurales, il y va de leur autonomie économique, de leurs moyens de subsistance et de leur place dans le développement de leurs territoires.
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