Représentant le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, le ministre a porté la voix du Mali à cette rencontre internationale convoquée par le Secrétaire général des Nations Unies en application de la résolution 79/325 de l’Assemblée générale des Nations Unies.
À cette occasion, le représentant du Chef de l’État a participé aux échanges aux côtés de chefs d’État et de gouvernement, de ministres, de responsables des Nations Unies, de représentants d’organisations internationales, d’experts, d’universitaires et d’acteurs du secteur privé.
Dans son intervention au nom du Président de la Transition, Alhamdou Ag Ilyène a exprimé la reconnaissance du Mali aux Nations Unies pour cette invitation, qu’il a qualifiée de marque de considération envers notre pays. Il a également salué le caractère historique de ce premier dialogue mondial consacré à la gouvernance de l’intelligence artificielle.
Le ministre a souligné que l’intelligence artificielle constitue aujourd’hui l’une des plus grandes révolutions technologiques de l’histoire contemporaine. Pour le Mali, cette technologie représente à la fois une opportunité de développement et un enjeu majeur de souveraineté.
Il a mis en avant les possibilités offertes par l’intelligence artificielle dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, la santé, l’éducation, la gouvernance publique et la résilience climatique. Alhamdou Ag Ilyène a toutefois relevé les risques liés à la dépendance technologique, à la concentration des données et à la faible représentation des réalités africaines dans les grands modèles d’intelligence artificielle.
Le représentant du Président de la Transition a rappelé les atouts du Mali pour réussir sa transition numérique, notamment une population jeune, une stratégie nationale de développement orientée vers l’innovation et une volonté politique affirmée de faire du numérique un moteur de croissance. Il a également évoqué les défis liés aux infrastructures numériques, aux capacités de calcul, à la formation des compétences, au financement et à la connectivité.
Au cours de son intervention, Alhamdou Ag Ilyène a plaidé pour une gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle inclusive, équitable et respectueuse de la souveraineté des États. Il a notamment insisté sur le droit des pays du Sud à disposer de leurs données nationales, sur un meilleur partage des bénéfices de l’IA et sur une participation renforcée des voix africaines dans l’élaboration des normes internationales.
Le Mali a formulé plusieurs propositions, notamment l’élaboration d’un cadre international juridiquement contraignant pour la gouvernance de l’IA, la création d’un Fonds mondial destiné à soutenir le développement des capacités en intelligence artificielle dans les pays les moins avancés, la promotion des langues africaines dans les grands modèles de langage, la protection de la souveraineté numérique des États et la mise en place d’un mécanisme indépendant de contrôle des biais algorithmiques.
Le ministre a par ailleurs réaffirmé l’engagement du gouvernement du Mali à accélérer la transformation numérique nationale. Il a annoncé que le pays se dotera, avant la fin de l’année, d’une Politique nationale de l’intelligence artificielle, en cohérence avec la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable (SNEDD) et le Document de Politique nationale de Développement de l’Économie numérique (PNDEN).
Il a également mis en avant les investissements engagés pour renforcer la connectivité, le rôle du Centre d’Intelligence Artificielle et Robotique du Mali (CIAR) ainsi que les initiatives visant à développer des applications d’intelligence artificielle au service des populations.
À l’issue de son intervention, le ministre Alhamdou Ag Ilyène a appelé à une intelligence artificielle humaniste, inclusive, souveraine et équitable, tout en réaffirmant la volonté du Mali d’être un acteur à part entière de la construction de la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle.
Makan SISSOKO
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Produire sans électricité stable, acheminer les marchandises sur des axes à risques et sécuriser des approvisionnements fragilisés par les aléas climatiques. Pour les entreprises maliennes, la résilience n’est plus un choix. C’est une bataille quotidienne pour rester debout.
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