Dès les abords du CICB, le ton est donné. Un dispositif sécuritaire impressionnant, composé des Forces spéciales, de la Police et de la Protection civile, ceinture l’édifice. Rien n'est laissé au hasard : fouilles minutieuses, détecteurs de métaux et vigilance accrue. « Zéro incident enregistré », confie avec satisfaction un haut gradé de la police, soulignant que la sécurité est à la hauteur des enjeux de ce sommet historique. Des ambulances des hôpitaux et de la Protection civile restent en alerte, prêtes à intervenir.
À l’intérieur, la cour du CICB offre un spectacle haut en couleur. Les drapeaux du Burkina Faso, du Mali, du Niger et de la Confédération AES flottent de concert, portés par un vent qui semble souffler un air de renouveau sur la capitale malienne. Les portraits géants des trois Présidents, affichant une harmonie parfaite, accueillent les délégations. Sous les arbres, l’effervescence est palpable : chauffeurs, militaires et accompagnateurs partagent ce moment d'attente dans une atmosphère calme et sereine.
À mesure que l’heure approche, l’affluence s’intensifie. Les bus ''déversent'' un flot continu de participants. Dans les couloirs, l’inquiétude de ne pas trouver de place grandit : la salle de conférence est déjà comble. Les escaliers sont pris d'assaut par une foule hétéroclite (civils, militaires, jeunes et femmes) tous venus pour être témoignes de l'histoire. Parmi eux, Omar Belem et Tapsoba Adama, membres de l’Unité pour l’avenir (UPA) issus de la communauté burkinabè, ne cachent pas leur émotion : « On se sent libérés. Nous sommes fiers des décisions prises pour que l’Africain retrouve sa dignité et son autosuffisance alimentaire ». Munis d'une mascotte à l'effigie du Président Ibrahim Traoré, ils rappellent l'engagement de leur association pour le soutien aux veuves et orphelins des soldats tombés au front. L’ambiance monte d'un cran avec l’entrée de l’Ensemble instrumental national. Vêtus de somptueux bazins blancs, les musiciens font résonner des sonorités africaines ancestrales et des chants patriotiques, rappelant le chemin parcouru depuis les indépendances. À 11h45, l’apothéose : l’entrée des trois Chefs d’État déclenche une explosion de joie. « On est fiers de vous ! », lance un jeune dans la foule, tandis que le slogan « AES, puissance magnifique ! » électrise la salle.
Avant les discours officiels, une projection de film a retracé les avancées majeures de la Confédération : la création de la Force Unifiée (FU-AES), la Banque confédérale pour l’Investissement (BCI-AES), le lancement du passeport biométrique et de la carte d’identité communs, ainsi que les projets de médias AES (radio, télé, agence de presse).
Ce sommet de Bamako n'a pas seulement été une réunion de travail sur les trois piliers (Défense, Développement, Diplomatie), il a été la preuve par l'image que l'intégration sahélienne est désormais une réalité vécue et portée par les peuples.
Souleymane SIDIBE
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