Médecin Colonel-major Assan Badiallo
Médecin Colonel-major Assan Badiallo Touré, ministre de la Santé et du Développement social, est présente aux travaux de la 81è session ordinaire de l'Assemblée générale des Nations unies. Elle a pris part aux travaux de la réunion de haut niveau sur la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies. Prenant la parole à cette rencontre, la ministre a adressé les chaleureuses salutations du Général d'armée Assimi Goïta, Président de la Transition. La délégation malienne salue les efforts du Rwanda et de l'Azerbaïdjan et s'associe à la déclaration prononcée par le Burundi au nom du groupe africain. Les pandémies et les urgences de santé publique, a expliqué le Médecin Colonel-major Touré, n'ont ni frontières, ni âge. Toutefois, elles exigent une réponse coordonnée de toutes les parties prenantes. Les pandémies doivent être abordées, selon une approche globale intégrant la santé humaine, la santé animale et l'environnement. C'est dans cet esprit que le Mali a renforcé la mise en œuvre de l'approche "Une Seule Santé", considérée comme un levier essentiel pour prévenir les zoonoses, lutter contre la résistance aux antimicrobiens, améliorer la sécurité sanitaire des aliments et attenuer les effets du changement climatique sur la santé.
Parallèlement, le Mali poursuit le renforcement des capacités de surveillance épidémiologique, de laboratoire, de gestion des urgences de santé publique et des ressources humaines. Notre pays a également multiplié les actions, afin de renforcer la coopération internationale et régionale avec un accent sur la coopération transfrontalière. Garantir l'équité, notamment dans l'accès aux vaccins, médicaments et diagnostics.
Institutionnaliser la responsabilité intergénérationnelle. Former des équipes d'intervention rapide et des équipes médicales d'urgence. Valoriser les enseignements tirés des précédentes épidémies telles que Ebola, Covid-19, rougeoles et méningites. Du haut de la tribune de cette réunion de haut niveau, Mme la ministre de la Santé a tenu à faire passer le message suivant; à savoir que la sécurité sanitaire mondiale ne peut être durable que si elle repose sur la solidarité internationale, en particulier à travers des financements soutenus. Elle nous commande d'investir dans les systèmes de santé, dans notre jeunesse, dans la production locale de produits de santé et dans la coopération transfrontalière. Le Mali réaffirme son attachement au multilatéralisme dans le respect de l'équité.
Auparavant, la ministre Touré avait rencontré dans la même matinée le sous secrétaire adjoint du Bureau de coordination des actions humanitaires des Nations unies (OCHA) au siège de l'Onu, Mohamed Yahya. Elle a remercié l'OCHA, qui est un partenaire de son département. "Nous avons parlé de l'action humanitaire fournie aux déplacés et aux réfugiés. On a fait le point de tout ce que nous faisons déjà et nous en avons profité pour annoncer la visite prochaine du coordinateur du Bureau qui sera au Mali et dans le Sahel pour parler de tout ce que nous sommes en train de faire", a détaillé la ministre. "Ils nous ont félicités pour les efforts déployé pour les déplacés, les réfugiés et on a parlé aussi de nos préoccupations. La partie malienne a informé le Bureau onusien de l'effectivité d'un programme d'aide humanitaire qui est déployé chaque année et qui est exécuté et parfois aussi avec OCHA sur le terrain. Donc, c'est toujours un plus de se retrouver, de faire l'état des lieux, et de voir ce que nous allons faire et de définir nos priorités", s'est réjouie la ministre à l'issue de la séance de travail qu'elle a eu avec le personnel d'OCHA.
Elle a rappelé qu'OCHA intervient beaucoup au Mali. En 2024 par exemple, le Mali a connu des inondations importantes qui ont causé beaucoup de dégâts matériels. La représentation d'OCHA nous a assisté avec de l'aide humanitaire. "Et chaque fois que nous allons sur le terrain, on pose les actions avec les humanitaires. Nous avons mis en place quelques villages d'espoir, non seulement au niveau de Tombouctou, de Gao, mais on projette d'en créer d'autres au niveau de Mopti et de Bamako. Tout ça pour aider les réfugiés à s'autonomiser, parce qu'on veut quitter du statut d'assistanat pour passer au projet de développement. Pour ça, nous sommes en train de recenser nos réfugiés avec la digitalisation. Et là aussi, les agents humanitaires sont là avec nous, ils nous aident, a précisé la cheffe du département.
Il est utile de préciser que la ministre a aussi un agenda bien chargé à New York où elle a pris part au European corporate council on Africa and Middle East (ECAM), et a tenu une rencontre avec les responsables de la Fondation Bill et Melinda Gates sur l'état d'avancement du projet Reach.
Au Mali, l’initiative REACH a permis de mettre en œuvre une intervention en faveur de la survie de l’enfant, de bâtir une plateforme solide de distribution communautaire et de constituer une base robuste de données sur la réduction de la morbidité et de la mortalité. Elle a également permis de mettre en place un système de surveillance sanitaire au niveau opérationnel qui dépasse aujourd’hui largement son mandat initial.
À ce jour, REACH a distribué plus de 11,7 millions de doses d’azithromycine à travers le pays, particulièrement dans les zones difficiles d’accès au Sud et surtout au Nord du pays.
Ces efforts ont été possible grâce a une implication forte du gouvernement du Mali en mettant à disposition l’ensemble du personnel du ministère de la Santé et du Développement social, tous les services sécuritaires et financiers et en participant financièrement à l’organisation du lancement du programme REACH à plus de 100.000 dollars US, soit 56,8 millions de Fcfa. Le gouvernement a également mis à disposition des moyens logistiques et la couverture sécuritaire sur le terrain. Lors de la crise de carburant, le Centre de développement des vaccins (CVD-Mali (activités de REACH) était sur la liste prioritaire du MSDS des centres à servir. Cela démontre l’importance que le gouvernement du Mali accorde au programme REACH dans sa globalité.
La plateforme a progressivement évolué, passant d’un programme principalement axé sur la distribution d’azithromycine à un dispositif plus polyvalent. REACH soutient désormais la surveillance des maladies et bien d’autres activités de soins de santé primaires au niveau communautaire.
Aujourd’hui, il s’agit plus d’une véritable intégration des activités de distribution de l’azithromycine avec les autres activités de soins de santé primaires pour la survie de l’enfant et de la mère telles que la recherche et la vaccination des enfants Zéro doses pour améliorer la couverture vaccinale particulièrement dans les zones d’accès difficile pour des raisons sécuritaires ou géographiques.
Le modèle de financement axé sur une maladie ou une intervention unique ne reflète plus la réalité du programme REACH sur le terrain.
Le dispositif central de surveillance, couvrant la morbidité, la mortalité et la résistance aux antimicrobiens (RAM), génère déjà de la valeur dans plusieurs domaines. Il convient donc de saisir l’opportunité de regrouper les interventions en matière de santé maternelle, néonatale et infantile (SMNI), de vaccination, de lutte contre le paludisme et la malnutrition, afin de renforcer et d’améliorer les dispositifs existants.
Garantir la continuité du programme au-delà de 2027 est un impératif vital et éthique pour maintenir l’accès au paquet minimum intégré des soins de santé primaires pour les populations qui en ont le plus besoin.
La vision du Mali dans le cadre de REACH pour le futur est d’harmoniser les indicateurs de morbidité, de mortalité et la surveillance de la résistance aux antimicrobiens dans tous les pays soutenus par REACH et mettre en place un protocole commun aligné sur les systèmes nationaux existants de santé maternelle et infantile. La plateforme développée à partir de REACH est une opportunité importante à ne pas manquer pour sauver des vies en Afrique subsaharienne.
Moriba COULIBALY
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