À la date du vendredi dernier, notre pays a enregistré 631 titres d’exploitation minière. C’est en substance ce que l’on retient de la présentation du nouveau Cadastre minier par le ministre des Mines, Pr. Amadou Keïta, au Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta.
C’était à la faveur d’une cérémonie, tenue le même jour au palais de Koulouba, en présence du Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga et d’autres membres du gouvernement. Au terme de la rencontre, le ministre des Mines a d’abord rappelé qu’en 2022, le gouvernement avait décidé la suspension de la délivrance des titres miniers et leur renouvellement.
Amadou Keïta a également évoqué le renouveau du système minier malien. D’après lui, au vu des dysfonctionnements du secteur minier et des recommandations de la population, le Chef de l’État a décidé de mettre en place un plan de réforme du secteur minier. Il dira que cela avait commencé par les audits des sociétés minières et des négociations avec celles-ci. «Dans le même temps, on s’était rendu compte des insuffisances au niveau des textes du Code minier et des dysfonctionnements au niveau de nos structures, notamment la direction nationale de la géologie et des mines (DNGM)», a déclaré le ministre des Mines. Selon lui, le système cadastral qui était vieux, avait été conçu par des «étrangers».
D’après Amadou Keïta, pour toute modification de ce système, il fallait s’adresser à cette société étrangère qui avait une sorte de mainmise sur le système cadastral de notre pays.
Aussi, a-t-il ajouté, ce système cadastral présentait beaucoup d’insuffisances en termes de traitement des dossiers pour lequel, il n’y avait pas beaucoup de possibilités de célérité. Mais aussi en termes de superposition des titres miniers. «Parce que souvent, on donnait des titres miniers sur d’autres», a dit le ministre Keïta sans ambages. D’autres insuffisances de l’ancien système cadastral avaient trait à l’absence de connexion avec les systèmes forestiers, a-t-il ajouté.
«Donc, c’est tout ça qui a amené le Chef de l’État à nous instruire de mettre en place un nouveau système cadastral dont l’objectif est de permettre un traitement sûr et accéléré des procédures et de disposer d’un système entièrement numérique», a expliqué Amadou Keïta. Pour le ministre Keïta, le secteur minier malien entre de plain-pied dans la numérisation totale des procédures. Il a ensuite rappelé qu’un cadastre minier est un système comprenant l’ensemble des dossiers et des cartes relatives aux titres miniers.
Il s’agit concrètement de savoir qui est le détenteur des titres miniers, quelle est la superficie, quelle est la durée, etc. D’après le ministre des Mines, le nouveau système cadastral est inspiré de cette vision du Président Goïta de faire en sorte que notre secteur minier puisse être réapproprié par l’État. «Il s’agit également de pouvoir exploiter, nous-mêmes, les ressources avec les investisseurs dans l’intérêt premier du peuple malien», a déclaré Amadou Keïta. Et de préciser que c’est cette vision qui a prévalu.
Il a affirmé que ce nouveau système cadastral a été pensé et conçu par des Maliens à cent pour cent et à zéro franc. Avant d’ajouter qu’il est entièrement digitalisé. «Cela veut dire que toute la demande peut se faire en ligne. De même que toute la procédure de traitement de ces demandes», a fait savoir le ministre Keïta. Et de poursuivre : «c’est un système interconnecté avec celui financier du ministère des Mines, c’est-à-dire avec Trésor Pay et les impôts».
Parlant de la sécurité de cet instrument, notamment exposé au cyberattaque, le ministre Amadou Keïta a assuré que le gouvernement se préparera en conséquence pour renforcer cet aspect. Cette présentation intervient après le partage de 18,43 milliards de Fcfa, issus du Fonds minier de développement local, entre les communes de notre pays, il y a quelques semaines.
Bembablin DOUMBIA
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