La
rencontre était présidée par le ministre Mamou Daffé (c)
Notre
pays franchit une nouvelle étape dans la reconquête de son patrimoine culturel.
En témoigne la présentation de la stratégie nationale de restitution de ses
biens culturels, qui s’est tenue jeudi dernier au Centre international de
conférences de Bamako (CICB), lors d’une conférence de presse, animée par le
ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du
Tourisme, Mamou Daffé, en présence de membres de la Commission de restitution
et de plusieurs acteurs culturels.
Cette stratégie s’inscrit dans la dynamique
de revitalisation du Musée national du Mali et dans la vision des autorités
visant à renforcer la souveraineté culturelle du pays. Elle repose sur cinq
axes : la création d’une commission chargée de la restitution présidée par le
ministre en charge de la culture, la communication et le plaidoyer, la
recherche et l’inventaire des œuvres, les négociations institutionnelles,
scientifiques et juridiques, ainsi que le transport des biens et la
construction d’espaces d’exposition répondant aux normes de conservation.
« La restitution dépasse le simple
transfert d’objets d’un territoire à un autre. Elle concerne la mémoire
collective, l’histoire, l’identité et le droit des générations futures à
connaître leur patrimoine », a expliqué Mamou Daffé. Poursuit-il, ces biens constituent des
témoins essentiels des civilisations qui ont façonné le Mali et contribuent
valablement à la cohésion nationale, à l’unité et au rayonnement international
du pays. « Cette démarche s’inscrit dans la vision du président de la
Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, ainsi que dans les orientations de
Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 », a dit Mr Daffé. Précisant que cette politique ne
vise pas à rompre les relations avec les autres pays, mais à développer la
coopération culturelle avec les grands musées, les collectionneurs et les
détenteurs des objets maliennes à travers le monde. Et les échanges avec les
interlocuteurs concernés doivent se poursuivre à partir de novembre afin de
faciliter les démarches de restitution.
L’annonce majeure de la rencontre concerne
la volonté d’un duc allemand de faire un
don de 223 de ses objets culturels à notre pays. Les premières démarches ont été engagées et
les contacts doivent se poursuivre afin d’organiser leur retour. Le directeur du Musée national du Mali, Dr
Daouda Keïta, a salué cette initiative, qu’il considère comme un premier pas
encourageant avant de noter que les
biens concernés sont notamment liés à des ensembles archéologiques en
provenance de Bandiagara et Djenné.
Il
a également rappelé que de nombreux objets maliens se trouvent à l’étranger
après avoir quitté le territoire national dans des circonstances diverses :
sans autorisation, à la suite de vols ou sous la contrainte. Il a notamment
évoqué que plusieurs collections sont conservées dans les Musées
Européens. Il a noté que plus de 1.600
objets maliens sont conservés dans le seul
musée du Quai Branly, à Paris.
Pour
constituer des dossiers solides, Dr Keïta a insisté sur la nécessité de mener
des recherches approfondies sur la provenance des biens, leurs conditions de
collecte et les circonstances de leur départ. Ces investigations doivent
permettre de répondre aux exigences juridiques propres à chaque pays.
La
mise en œuvre de cette stratégie nécessite une collaboration entre plusieurs
départements, notamment ceux chargés de la Culture, des Affaires étrangères, de
la Recherche scientifique, de la Justice, de la Sécurité ainsi que de
l’Économie et des Finances. La coordination des compétences scientifiques,
diplomatiques et juridiques est essentielle pour conduire les négociations.
Au-delà
du retour des œuvres, les autorités entendent garantir leur conservation et
leur transmission aux générations futures.
À
cet effet, souligné la patron du Musée,
la nécessité de mettre l’institution aux
normes afin d’accueillir les biens dans de meilleures conditions et de les
rendre accessibles au public.
À travers cette initiative, notre pays entend réintégrer son patrimoine dispersé, renforcer la fierté nationale et faire davantage connaître la richesse de ses civilisations. A noter que cette restitution constitue un enjeu majeur pour la préservation de la mémoire collective et la transmission de notre histoire d’où la revitalisation du Musée national du Mali.
Gaoussou TANGARA
Les autorités de laTransition sont déterminées à redonner à nos institutions culturelles leurs lettres de noblesse. C’est dans cette vision que l’initiative portée par le département en charge de la Culture intitulée :« Les samedis live du Musée», a été officiellement lancée wee.
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