L’exploitation artisanale et à petite échelle de l’or constitue aujourd’hui une activité économique essentielle pour des milliers de familles maliennes. Dans de nombreuses localités aurifères, elle représente l’une des principales sources de revenus et contribue fortement à la dynamique économique locale. Toutefois, ce secteur demeure largement informel et continue de dépendre fortement de l’utilisation du mercure, un produit hautement toxique dont les effets sur la santé humaine et les écosystèmes sont particulièrement préoccupants.
C’est dans ce contexte qu’a été lancé le projet Planet Gold Mali (GEF Gold+ Mali). Financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et mis en œuvre par l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), en partenariat avec le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable à travers l’Agence de l’environnement et du développement durable (AEDD), ce programme vise à réduire durablement l’utilisation du mercure dans l’exploitation artisanale de l’or.
Selon les données présentées lors de la cérémonie de lancement, près de 33 tonnes de mercure sont utilisées illégalement chaque année dans les activités d’orpaillage au Mali. Une situation qui expose les travailleurs, les communautés riveraines et l’environnement à des risques considérables. Pour y remédier, Planet Gold Mali adopte une approche intégrée reposant sur la formalisation du secteur, l’amélioration de l’accès au financement, l’introduction de technologies propres et le développement de chaînes d’approvisionnement en or plus transparentes, traçables et responsables.
Prenant la parole à cette occasion, la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Doumbia Mariam Tangara, a rappelé l’engagement du Mali dans la mise en œuvre de la Convention de Minamata sur le mercure. Elle a également souligné les importantes réformes engagées par les autorités dans le secteur minier, afin que les ressources nationales profitent davantage à l’État, aux collectivités territoriales et aux populations.
Pour la ministre, Planet Gold Mali s’inscrit pleinement dans cette dynamique de transformation. Le projet contribuera notamment à renforcer la formalisation de l’orpaillage artisanal, à faciliter l’accès des exploitants aux financements, à promouvoir des technologies d’extraction sans mercure et à développer les compétences des acteurs du secteur. Une attention particulière sera également accordée à la dimension genre, avec des actions visant à favoriser l’autonomisation économique des femmes présentes dans les zones d’exploitation aurifère.
Intervenant par visioconférence, la représentante de l’ONUDI au Burkina Faso, Ourératou Ouédraogo, a souligné que cette initiative reflète le mandat de son organisation en faveur d’un développement industriel inclusif et durable. Elle a insisté sur l’importance de l’innovation, des technologies propres et des partenariats solides pour accompagner la transition vers une exploitation aurifère plus respectueuse de l’environnement. Elle a par ailleurs réaffirmé l’engagement de l’ONUDI à soutenir pleinement la mise en œuvre du projet afin de garantir des résultats concrets sur le terrain.
Pour le directeur général de l’AEDD, Zantigui Boua Koné, le projet répond à un double impératif : soutenir le développement du secteur minier tout en préservant l’environnement. S’il a reconnu que l’exploitation artisanale de l’or constitue un levier économique majeur pour de nombreuses communautés, il a également alerté sur les conséquences de l’utilisation massive du mercure, notamment la dégradation des sols, la pollution des ressources naturelles et les risques sanitaires parfois mortels pour les populations.
Selon lui, Planet Gold Mali permettra d’organiser et de formaliser davantage le secteur, afin de le rendre plus transparent et plus responsable. Le programme favorisera l’adoption de technologies alternatives, protégera la santé des mineurs et des communautés, facilitera l’accès aux financements et soutiendra des activités génératrices de revenus durables. À travers ce projet, le Mali affiche ainsi sa volonté de concilier l’exploitation des ressources aurifères,de protéger l’environnement et d’améliorer les conditions de vie des populations. Un défi majeur pour un pays où l’or demeure l’un des principaux moteurs de l’économie nationale.
Anne Marie KEITA
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