La production céréalière prévisionnelle de la campagne agricole 2025-2026
est d’environ 1.700.000 tonnes
À Sikasso, la campagne agricole a démarré en fin mai et s’étendra jusqu’en fin septembre. Les récoltes sont prévues pour octobre et novembre. Les producteurs sont au four et au moulin. La plupart d’entre eux ont semé. Certains sont à l’étape de l’entretien des champs; notamment le désherbage. D’autres sont en train de procéder à la fertilisation ordinaire. L’encadrement technique ne ménage aucun effort pour la réussite de la campagne.
« Pour cette campagne, j’ai cultivé 3 ha de coton, 3 ha de maïs et 3 ha de riz. Mes défis demeurent l’insuffisance de la quantité d’engrais subventionnés pour le coton et la maladie qui endommage mes plants de coton », témoigne le producteur du village de Pengafolasso, Diakalia Bengaly. Il invite l’État à tout faire, afin d’augmenter la quantité d’engrais subventionnés et d’insecticides pour le coton. « Ce geste nous aidera énormément dans nos tâches », explique-t-il.
Quant au producteur Adama Coulibaly de Missirikoro, il a cultivé 2 ha de coton, 9 ha de maïs, 1 ha de mil, 1 ha et demi de gombo, 2 ha de patate douce et 3 ha de riz. Parmi toutes ces cultures, c’est seulement une petite partie (2 ha de maïs) qui a pu bénéficier de la fertilisation minérale. Pour le reste de ses champs, faute de moyens financiers suffisants, ils sont laissés à leur propre sort. Notre interlocuteur se plaint de la cherté de l’engrais au marché de Sikasso.
Hamidou Ballo est également producteur au village de Bamadougou, pour cette campagne, il est confronté au manque d’eau dû à l’irrégularité des pluies (aléas climatiques). « Mes trois hectares de maïs ont été presque endommagés dans l’ensemble à cause de l’insuffisance d’eau », confie-t-il. Il déplorera également la hausse du coût du sac de 50 kg de l’engrais. « De 24.000 Fcfa l’année passée, le sac de 50 kg se vend aujourd’hui à 25.750 Fcfa. Il ne dispose que de quatre sacs pour son champ de maïs qui s’étend sur 4 ha. Ses champs de riz et d’arachide sont aussi laissés sans fertilisants minéraux », confie-t-il. Comme si ces difficultés de fertilisation minérale ne suffisaient pas, le producteur de Bamadougou est en outre confronté à la transhumance des animaux qui détruisent ses plants à longueur de la journée.
FERTILISER À BONNE DATEMême son de cloche chez Adama Coulibaly de Missirikoro. Il pointe aussi du doigt l’irrégularité des pluies. « Sinon, j’ai presque terminé avec les semis de 2 ha de coton, 9 ha de maïs, 1 ha de mil, 1 ha et demi de gombo, 2 ha de patate douce, 3 ha de riz », explique-t-il. De son côté, c’est seulement 2 ha de maïs qui ont pu bénéficier d’engrais minéraux. « Pour le reste, je suis toujours à la recherche. Le coût de l’engrais au marché est élevé, mais que faire ? On est obligé de s’en approvisionner ». Malgré ces contraintes, le producteur reste confiant. Il assure que si tout se passe bien (bonnes conditions pluviométriques et baisse du prix de l’engrais) je ferai une excellente récolte cette année.
Selon le président de la Chambre régionale d’agriculture de Sikasso Abdoulaye Bamba, les producteurs sont en pleine campagne. C’est la fin de la période de semis de plusieurs cultures. Il reste maintenant l'entretien des plants. Qui dit entretien, fait allusion à la lutte contre les mauvaises herbes, à la fertilisation des champs pour que les plants puissent avoir une très bonne croissance et exprimer au maximum tout leur potentiel de production. S’agissant de la particularité de la campagne, Abdoulaye Bamba mettra un accent particulier sur l'aspect physiologique des champs ainsi que les effets du changement climatique. « Nos producteurs ne sont pas habitués à la rareté des pluies.
À cet effet, ils doivent changer de comportement. À chaque fois qu’il pleut, ils doivent faire le maximum en labour, en semis et accompagner avec les fertilisants à bonne date. « Pour avoir un bon résultat notamment une bonne production, les producteurs doivent bien entretenir les champs… », conseille-t-il. Sur le registre des difficultés, Abdoulaye Bamba n’a pas manqué de souligner la mauvaise répartition des pluies due au changement climatique ainsi que les tensions autour de l’engrais minéral. Il coûte réellement cher, et il est très difficile pour un paysan moyen de s’approvisionner en quantités suffisantes.
« La production céréalière prévisionnelle de la campagne agricole 2025-2026 est d’environ 1.700.000 tonnes », précise le chargé des statistiques, suivi-évaluation et communication de la direction régionale de l’agriculture (DRA), Ousmane Dembélé. À l’en croire, le personnel d’encadrement, est à pied d’œuvre pour offrir l’appui-conseil aux producteurs. Les chefs des sous-secteurs assurent le secrétariat au niveau des commissions de réception et de distribution des intrants agricoles subventionnés par l’état.
LE RESPECT DES CONSEILS PRODIGUéS- Toutefois, Dembélé reconnaît bien que les pluies sont mal réparties dans le temps et dans l’espace. Le cumul pluviométrique à Sikasso central est de 528,7 mm en 41 jours contre 573 mm en 35 jours en 2025 à la même période. La moyenne inter annuelle est de 475,10 mm. Les hauteurs enregistrées à la date du 31 juillet 2026 sont supérieures à celles de 2025 à Kadiolo, Nièna et Loulouni. Cette mauvaise répartition des pluies, renchérit-il, a occasionné des re-semis par endroits. Les producteurs doivent accélérer l’entretien des parcelles. Il s’agit surtout d’assurer une fertilisation adéquate et un bon désherbage et/ou traitements phytosanitaires si nécessaires. « Le respect des conseils prodigués par l’encadrement améliorera le savoir-faire des producteurs dans le cadre d’une campagne agricole réussie en dépit des contraintes que nous vivons en matière de pluviométrie », indique-t-il.
Par ailleurs, Ousmane Dembélé fera savoir que dans la Région de Sikasso, la campagne agricole 2026 a démarré dans des conditions socio-économiques dominées, entre autres, par une situation alimentaire assez favorable marquée par la disponibilité des denrées alimentaires et à des prix abordables sur les marchés, la situation sécuritaire de plus en plus apaisée, le maintien du prix du coton de 1er choix à 300 Fcfa le kg aux producteurs. La poursuite de la subvention des intrants agricoles (engrais, biofertilisants et semences de maïs hybride) avec un prix de 15.000 Fcfa le sac de 50 Kg d’engrais minéral et 3.000 Fcfa pour l’engrais organique, 1.500 Fcfa le kilo de semences de maïs hydride et 17.500 Fcfa le kilo de l’Ovalis. S’y ajoute la dotation des producteurs en intrants (engrais organiques, semences de maïs, de riz et d’oignon) à travers le Projet de résilience pour la sécurité alimentaire (PRSA) à titre gratuit dans 29 communes bénéficiaires.
De façon globale dans la Région de Sikasso, cette année, plusieurs producteurs se plaignent de la hausse du prix de l’engrais minéral sur le marché et des aléas climatiques qui affectent la régularité de la pluie. Les producteurs plaident en majorité pour un accès rapide aux engrais subventionnés et en quantités suffisantes. La réussite de la campagne agricole est à ce prix nonobstant les autres aléas comme la pluviométrie ou la pression parasitaire. Ces gestes permettront d’alléger le labeur de nos soldats de la sécurité alimentaire.
Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso
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