Abdoulaye
Traoré, secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances lors de
son intervention
Elle s’est déroulée en présence du président de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Mali (APSFD-Mali), des acteurs du secteur et des partenaires. Placée
sous le thème : «La microfinance, levier de l’inclusion financière au
service de toute la population malienne», cette édition 2026 se déroule sur
quatre jours. Au programme, figurent des panels sur la gouvernance, le respect
des normes prudentielles, le financement de l’économie réelle, la continuité
des activités en zone de crise et la transformation digitale grâce à
l’Intelligence artificielle. Des stands et un village d’exposants permettent
également aux participants de découvrir les services et les innovations du secteur.
Les
chiffres présentés par le président de l’APSFD-Mali, Tidiani Amadou Tall,
témoignent de la progression de l’activité. «Entre fin 2024 et fin 2025, les
dépôts du secteur ont progressé de 11,7%, pour atteindre 184,4 milliards de
Fcfa. L’encours des crédits s’est établi à 209,9 milliards de Fcfa, tandis que
les créances en souffrance ont reculé de 13,7%. Plus de 42.000 nouveaux membres
et clients nous ont rejoints», a-t-il indiqué.
Pour le
responsable, ces résultats traduisent notamment la confiance accordée par les
Maliens aux institutions de microfinance. Afin de consolider cette dynamique,
il a réaffirmé sa volonté de renforcer la gouvernance et la discipline
prudentielle, d’améliorer la transparence des conditions appliquées aux
clients, de mieux traiter les réclamations et de promouvoir l’éducation
financière. L’accélération de la transformation digitale figure également parmi
ses priorités.
Au-delà de
ces acquis, Tidiani Amadou Tall a plaidé pour la création d’un fonds de
refinancement dédié aux systèmes financiers décentralisés (SFD) et d’un
mécanisme national de garantie. Ces instruments permettraient de soutenir
davantage le financement agricole, les jeunes entrepreneurs et les femmes. Il a
aussi préconisé un cadre fiscal et juridique adapté à la vocation sociale des
SFD, ainsi que leur participation à la mise en œuvre des programmes sociaux de
l’État.
Les
difficultés rencontrées par les institutions opérant dans les zones à risque
constituent une autre préoccupation. Face à cette situation, le président de
l’APSFD-Mali a appelé à un accompagnement spécifique, fondé notamment sur des
mécanismes concertés de gestion de crise et des mesures destinées à sécuriser
les agents et les fonds.
Prenant la
parole au nom du gouvernement, le secrétaire général du ministère de l’Économie
et des Finances, Abdoulaye Traoré, a souligné que la tenue régulière de cette
semaine témoigne du dynamisme du secteur et de l’engagement de ses acteurs en
faveur du développement économique et social du pays.
Selon lui,
le thème retenu s’inscrit pleinement dans les orientations de la Vision « Mali
kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et de la Stratégie
nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033. « Le
gouvernement considère la microfinance comme un instrument essentiel de
souveraineté économique et financière du Mali », a-t-il affirmé.
En
favorisant la mobilisation de l’épargne nationale et son réinvestissement dans
les activités économiques, la microfinance contribue au développement de
l’entrepreneuriat local, à l’autonomie financière des populations et à la
création de richesses. Pour le représentant du ministre d’État, les résultats
enregistrés par le secteur sont encourageants, d’autant qu’ils ont été obtenus
dans un contexte national particulièrement difficile. Ils illustrent, selon
lui, la résilience des institutions et leur capacité à participer davantage au
financement de l’économie.
Abdoulaye
Traoré a assuré que le gouvernement, en collaboration avec la Banque centrale
des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), poursuivra les efforts
d’assainissement et de consolidation du secteur. Son département veillera
notamment au respect des normes prudentielles et des principes de bonne
gouvernance afin de préserver la stabilité des institutions et de protéger les
intérêts des épargnants. La transformation numérique constitue également un
levier important pour élargir l’accès aux services financiers. Le numérique et
l’intelligence artificielle peuvent contribuer à réduire les coûts des
opérations, à améliorer la qualité des services, à renforcer l’analyse des
risques et à assurer la continuité des activités. Toutefois, Abdoulaye Traoré a
invité les institutions à privilégier une approche inclusive, afin que ces
innovations profitent aussi aux populations éloignées des circuits financiers
traditionnels ou disposant d’un accès limité aux outils numériques.
Le
secrétaire général a enfin remercié les partenaires techniques et financiers
pour leur accompagnement, tout en les invitant à renforcer leur soutien au
secteur, notamment dans le financement des activités, la transformation
digitale et le développement de solutions de finance verte.
En dehors des chiffres et des engagements annoncés, l’enjeu est de faire de la microfinance un véritable levier d’autonomie économique pour les Maliens. Pour les agriculteurs en quête de crédits de campagne, les femmes désireuses de développer leurs activités et les jeunes porteurs de projets, l’accès à des services financiers adaptés peut ouvrir des perspectives concrètes. Encore faut-il que les financements soient accessibles, que leur coût reste supportable et que les institutions puissent accompagner durablement leurs clients. C’est à cette capacité à transformer l’épargne en activités productives, en revenus et en emplois que se mesurera, au-delà des rencontres et des promesses, la contribution réelle de la microfinance au développement du Mali.
Babba COULIBALY
D’une valeur de 2 milliards de Fcfa, ces équipements visent à améliorer la collecte des déchets et lutter contre les dépôts anarchiques dans la capitale.
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